jeudi 13 août 2020

Cycle circadien en HP

 



Alors y'a un truc qui me stupéfie toujours en HP, et cela que j'ai été soignant comme soigné, c'est que le Cadre Thérapeutique veuille qu'on dorme LA NUIT.
Pas quand on en a besoin, pas selon notre rythme, pas selon notre thymie ni notre niveau d'angoisse, ou le flux de nos pensée. Non. A 23h. Jusque 7h, là il faut se lever.

Alors durant mes premieres hospits j'étais un oiseau de nuit, je gribouillais dans le couloir dès minuit.
Ben oui pour pas réveiller ma voisine ni faire chier personne, j'allais dans le sas entre notre chambre et le couloir et j'ecrivais des lettres. Y'avait pas de smartphone à l'époque.


Non seulement c'est absurde mais en plus c'est maltratitant vu que coercitif : dès 23h, plus le droit de fumer. Il faut être au lit et dormir.
Les insomniaques peuvent se brosser. Les dépressifs qui se sentent revivre vers 20h aussi.

Les hypersomniaques et les gens assomés par leur traitement aussi : souvent j'ai été confrontée à des chambres fermées deux heures le matin et deux heures l'après midi.

Et cela pourquoi ?

Pour qu'on ne dorme pas le jour et donc qu'on dorme LA NUIT.

Sauf que quand on est un oiseau de nuit la nuit ben on dort pas mieux on s'épuise juste. Et si on est hypersomniaque ou hypermédiqué c'est juste de la torture.

Parce que les chambres fermées de 13h à 15h je m'en souviens, ben quand tu viens de manger un repas et un tercian 100 t'as besoin d'une sieste.

Et ceci pour no fucking reason à part foutre la paix aux infirmiers de nuit. Je crois. Qui dorment, eux.

On a tous un cycle nyctameral. Certain-e-s dorment le jour, d'autres la nuit. Deal with it et arrêtez de torturer les gen-te-s

vendredi 3 avril 2020

Confiné-e-s, NAPA et NT



Mars 2020, une pandémie nous confine toustes à demeure.
Seules quelques rares sorties sont autorisé-e-s.


Cela à plusieurs impacts sur les personnes NAPA : difficulté d'accès aux soins, interdiction de l'accès des usager-e-s aux CMP, HP en minimum vital, ici service d'addicto réquisitionné en unité Malades psy covid+...
Les consultations se font par télémédecine, au téléphone. Les ordonnances se font renouveler périmées, ou faxer/mailées par les praticien-ne-s.

Certain-e-s voient avec angoisse leurs habitudes changer (personnes avec TSA). D'autres supportent mal la claustration (TADH, hypomanie, manie, etc), les toxicodépendant-e-s se galèrent.


MAIS les NT aussi sont impacté-e-s.
Leur discours change : plus question de nous enjoindre à sortir prendre l'air, à voir des ami-e-s et s'amuser.
Le discours "bright side of the life" leur parait subitement chelou (c'est con comme message hein ?)

Iels sont toustes tendax : iels se rendent compte de ce que ça fait de voir l'extérieur comme dangereux, les autres personnes comme menaçantes.
Iels se rendent compte de ce que c'est de se sentir vulnérables. De ne pas avoir accès aux soins. Qu'on ne trouve ni vaccin ni remède pour leur pathologie. Qu'on ne les diagnostique pas. Que leurs maladies "un peu moins grave" les médecins balek.

La radio, la télé, les spécialistes, les bonnes âmes sur les RS : tout le monde leur intime de faire du sport, du yoga, de méditer, de colorier des mandalas, de s'introspecter, d'être utiles à la société en cousant 200 masques/semaine, de manger sain, de ne pas picoler, de respirer profondément : et iels se rendent compte QUE C EST CHIANT ET QU IELS Y ARRIVENT PAS.

Les plus taquin-e-s d'entre nous en profitent pour les bombarder de leurs propres recettes de tisane au thym perlimpimpim et appli de gainage et de taiji. C'est pénible hein ? On n'a pas envie hein ?

Confronté-e-s à la solitude iels craquent à J4. NT comme valides physiques expérimentent l'isolement, la restriction de mouvements. Iels doivent PRÉVOIR. Ça leur semblait si simple lorsqu'iels nous disaient de le faire. Les blagues sur "je deviens fol je parle aux meubles" ne font déjà plus rire à J10 : iels deviennent vraiment fols.

Ici je dois avouer que le conjoint Nt et valide se porte bien : son rêve de geek est de ne jamais sortir, et il télétravail.

Celleux en chômage technique en peuvent plus de rien foutre. Iels s'ennuient. Iels nous gavaient avec le manque de temps pour s'épanouir et "se retrouver", les week-ends et les vacances et là 15j de repos forcé sans pouvoir aller à Londres ou Hawaï et iels nous fondent un boulon d'ennui, et constatent que la nature humaine va plus vers Netflix chips que vers l'integrale de la Recherche et revisionnage de Godard.

ET nous bah... Moi je dois être une des seules personnes du pays à moins consommer d'alcool que d'habitude, alors que je suis alcoolo dependante, je continue à faire mon sport et je supporte de glander sans culpabiliser. Mes ami-e-s NAPA supportent chacun-e selon sa condition. Mais ont a toustes blanchi sous le harnois, la galère ça nous connait.

Donc ami-e-s et allié-e-s NT : rappelez vous que vos conseils habituels, à pratiquer, c'est mort.

bisous (avec un mètre de distance)


jeudi 6 février 2020

Mérite, souffrance, normopathie

Je mets une photo de Clotilde seksy parce que ça fait toujours du bien
 
 
Ces derniers temps j'accomplis beaucoup de chose de normauxles, je fais du sport, j'arrête de fumer, j'étudie pour devenir écrivain public, etc.
Ca a viré à l'obsession mode no limit (4h de sport par jour toussa) et j'ai écouté mon corps (épuisé) et l'être aimé "ça devient flippant ton truc"

ET puis... et puis dernièrement je me suis mise à faire des rêves où je devais aller au taff, mais n'y allait pas, où je volais des bijoux et me faisais serrer, où je devais aller en cours, mais je trainais... avec trois quatre reveils par nuit sur ces reves désagréables où je me rassurais avec pas mal de comfort food. Et des journées sous le sceaux d'un sentiment de culpbilité diffus, d'avoir à faire quelque chose que pourtant je ne faisais pas mais quoi ? de me sentir coupable de glander alors que je ne glandais pas, d'usurper les accomplissemnts d'un-e autre, que je ne méritais pas.

Tout cela j'ai mis plusieurs semaines à le mentaliser, j'ai surtout vécu dans un malaise diffus et assez gloubi boulga.

Ce matin j'ai vu O., ma psychologue du CMP. Je lui ai exprimé ce sentiment et imédiatement elle m'a dit que cette histoire de mérite était un sujet très politique.
Des indices m'avaient déjà donné à voir qu'O. est politisée et pas mal deconstruite. S'en est ensuivie une consultation très bénéfique pour moi tant au niveau du grain à moudre qu'au soulagement immense.

On m'a biberonné des devoirs, on m'a biberonné une dette, celle de la Vie. Il a fallu que j'attende la quarantaine pour entendre (de la bouche du conjoint) que la vie est un don qui ne demande en aucun cas un remboursement.
On m'a biberonné la folie, la toxicité, l'estime de moi sous la barre du zéro, le devoir d'être malade, d'être un déchet, d'échouer. On m'a biberonné le paradoxe "fais cette grande reussite que de toujours échoué".

Mais oui, le mérite c'est une histoire politique. "On n'a que ce qu'on mérite" "le négatif attire le négatif" "tu te complais dans ton malheur" "tu refuses de te faire aider" "tu vois tout en noir" "il faut avoir la gagne pour réussir" "si tu veux vraiment tu auras".

Tmtc ami-e fol. De. La. Merde. En. Barre.

Dans la vie on n'a jamais ce qu'on mérite, que ce soit en bien ou en mal. Obtenir, souffrir, ce sont des conjonctures, des croisements d'efforts mais aussi de chance, de rencontres, de privilèges ou oppressions subies. Des cocktails polyfactoriels.

On n'a pas que ce qu'on veut on a surtout ce que l'on peut. Dans l'absolu tout le monde veut aller bien. Certain-e-s ont des obstacles à cela, mais plus comme des tabous insérés insidieusements dans les cerveaux que comme des manques de volonté.

La société fonctionne au mérite. La société dysfonctionne fuassement au mérite. Les plus blancs, minces, valides et beaux, et bourgeois, accèdent à ce qu'ils désirent fort (ou pas). Les autres restent sur la route.
Je n'en peux plus d'entendre ce terme de méritocratie qui n'a même aucune espèce de sens. Tout le monde mérite de vivre dignement, et à l'IFSI on m'a appris que la santé n'est pas simplement une absence de maladie. La dignité c'est pas seulement qu'on ne nous crache pas à la gueule. C'est avoir une sérénité interieure, la possibilité de se mouvoir (avec ou sans aide exterieure, en tout cas d'avoir accès à tout), à manger sur la table et la possibilité de manger, et de la qualité et du bon, un toit sur sa tête qui ne se casse pas la gueule, qui ne plombe pas le budget, des loisirs, des plaisirs, des amitiés, des amoures.
Absolument tout le monde mérite cela. Personne n'a de meilleure ou moins bonne place dans la société. Personne n'est plus ou moins utile. Ca nous est d'ailleurs présenté bizarrement, les emplois rémunérés étant les mieux payés et les plus gratifiants et valorisés socialement, et qui font dire que cette personne a beaucoup de mérite.

Mais moi aussi j'aurais aimé faire 15 ans d'étude même si c'est du travail de passer les diplomes. C'est un travail que j'aime. D'autres n'aimeraient pas ça, juste jouer a la box 14h/j, ou juste créer, ou juste faire du sport, ou juste donner du bien etre a leurs pairs. D'autres à taffer sur leur ordi 50h/semaine et gagner what mille K. Chacun-e ses priorités. Mais aucune ne prevaut.

O. m'a répété et répété ça, j'ai autant ma place avec autant de mérite dans la "société" que n'importe qui. On me présente le flash de l'alterité. Nous, fols sommes altérisés, par les médias, les politiques, les quidams, les policier-e-s, les soignant-e-s. Au même titre que d'autres minorités ou populations discriminées (et en cadeau on peut combiner)
La folie c'est l'autre le dangereux l'intuile le parasite.
La folie c'est aussi bien pratique pour se définir en tant que normal et se dire que sa place au soleil gagnée à piétiner la gueule des opprimés on ne se la doit qu'à nous.
Nous fols entendons chaque jour que nous ne "faisons aucun effort". Nous sommes si coupables de douiller, nous sommes si coupables d'en chier, nous sommes si coupables d'être bizarres, si seulement on le voulait un petit peu on pourrait s'intégrer. Tu vois moi je fais du yoga ben ça va bien. Tu vois moi des fois je suis triste eh bien je vais quand même au travail et je pense aux fleurs et à nouveau la vie me sourit. Tu vois moi je mérite, tu vois comme tu n'es qu'une merde. A quel point tu es une merde, à quel point tu es autre, me prouve combien je suis normal-e, combien je suis meritant-e de ne pas me "laisser entrainer" dans de mauvais penchants vicieux. (une dame temoin de jehovah m'a dit une fois que les fols etaient des enfants de satan irrecuperables et au fond elle ne difere pas trop des normies)

On nous fait miroiter le merite. Et en entretenant ça on nous garde la tête sous l'eau ce qui permet de toujours dysfonctionner, de fonctionner sur le dos des fols blanchis sous le harnois du rejet et de la stigmatisation, en plus du poids des souffrances.


Dernièrement j'ai pas mal posté sur le sport et j'ai entendu beaucoup de choses justement sur mon mérite, sur combien j'étais inspirante, impressionnante, forte, admirable.

Mais non les gen-te-s. C'est simplement très facile de faire des choses quand on va bien. Ca me rappelle à chaque fucking fois combien vous deviez penser que j'étais une merde quand je me lavais une fois par mois et passais mes journées a regarder Gulli en buvant du pastis, aux prises avec une angoise massive malgré des neuroleptiques au gramme.
Pourtant i était là l'authentique exploit, à prendre cette douche mensuelle. Pourtant là vous auriez du 'madmirer et me glorifier de survivre.

Votre admiration actuelle je l'emmerde. Reflechissez un peu à tout cela, deconstruisez vos privileges et vos merites, vous qui n'arrivez pas à faire une heure de velo par semaine alors que tout va à peu près bien dans vos vie, plutot que de conseiller du yoga à des gens qui raclent un miroir des ongles pour arriver a 'extreme rebord de la survie.

Fuck le mérite, il est comme la cuillere (des fols) il n'existe pas.

mercredi 18 décembre 2019

NAPA et autodérision, où, quand, comment... pourquoi ?





L'autoderision est un vaste sujet.

Je passerai vite fait sur le fait que c'est l'argument moisi de la cohorte ds "On peut plus rien dire hoalala second degré autoderision" des gen-te-s qui rint jamais d'elleux-mêmes mais toujours aux depends des autres.

L'autoderision est donc une forme d'humour assez amère consistant à rire de soi.

Cela peut-être très sain à mon sens, se mettre en perspective, ne pas se prendre au sérieux (mais why en fait ne se prendrait-on pas au sérieux ?), ne pas choper un gros melon, dédramatiser ses défauts.

Quand on est NAPA je trouve que cela recouvre d'autres couleurs (comme dans le cas de toute personne subissant une/des oppressions sytémiques et riant de ce statut même comme une forme d'humour noir)

D’abord il convient de savoir avec qui on use de cet humour, car l'ayant beaucoup pratiqué je dirais qu'il s'agit chez moi dans 95% des cas de rire AVEC moi avec des non concerné-e-s afin de me donner l'illusion que celleux ci ne rient pas DE moi contre mon gré. De fait je me soumets à leur domination et à leurs moqueries en apportant de l'eau à leur moulin (par désir de me rendre actrice de cette maltraitance, d'essayer de la retourner, ou simplement ne pas en vivre encore plus en se faisant taxer de mauvaise joueuse)

Or que savent les non concerné-e-s de mes vécus, de mes émotions, de mes symptômes et de leurs impacts réels sur ma vie quotidienne et intra psychique ? Ce qu'ils en voient (et peut donc paraitre absurde ou comique) donc peanuts.

Rire de soi aka de sa condition psy ou neuro avec un-e non concerné-e c'est donc rire de la condition, des symptômes flagrants, de situations semblant cocasse quand on ne les vit pas (mais qui peuvent en fait être très anxiogènes ou douloureuses) dont on préfère "rire plutôt que d'en pleurer", souvent, consciemment ou non, pour ne pas embarrasser la personne non concernée avec des vécus lourds et répétitifs (oui la souffrance ça dure, des semaines, mois années, decades)

Or, ralcu de ne pas embarrasser les NT avec ma souffrance.

Politiquement c'est également problématique car on peut alors être tokernisé-e et devenir la caution de propos psychophobe "oui mais ma pote Julie elle rit de ses hallus alors en rire ce n'est aps problématique" (existe dans toute forme de discrimantion systemique, btw)

J'ai nité une deuxieme chose, notamment concernant ma maladresse. Cela braque le projecteur dessus "haha j'ai encore cassé un verre, c'est bien moi ça" "tiens tu as renversé ça, tu as fait ta Julie" etc, renforcent chez les autres l'idée que je suis toujours maladroite et que je suis LA SEULE à effectuer des mouvements maladroits. Cela apporte un biais à la perception de boulettes faites par moi et par les autres (je n'en fais pas tellement plus non plus)

Ca ancre l'idée de la pregnance du symptome, àa ancre une certaine idée de moi - plus globalement ça ancre des préjugés.

A titre personnelle je ne souhaite donc plus user d'uaotderision au sjet de mes troubles schizo affectifs avec des NT, voire avec des personnes NAPA ne vivant pas de condition psychotique.


Rire de soi par devers soi (rire tou-te seul-e, tourner en dérision une voix, une réaction à une situation ect est à double tranchant cez moi. Cela a le côté de dédramatiser, sur le moment ou à distance, unmoment embarrassant ou douloureux, porteur de culpabilité et de honte le plus souvent (avoir ressenti de la honte en public, avec l'impression d'avoir fait une connerie). Dans le même temps cela donne du grain à moudre à ma culpabilité en, quelque part, al légitimant à mes propres yux. Or j'arrive dans un moment de mon cheminement où je tente de me dégager d'une enfance et d'une adolescence où mon education a atomisé toute parcelle de confiance en moi que j'aurais pu avoir ou acquerir et m'a chargé d'une dette morale imaginaire irremboursbale et infinie. Je ne souhaite plus me charger de ce fardeau et c'est une réelle lutte à bras le corps pour m'en dégager, je pense que cela passer apr un condition de certaines de mes attitudes envers moi-même, vers plus de bienveillance et de neutralité et moins de moqueries.

Mes hallus auditives sont chiantes dans le sens ennuyantes ? (oui entendre "les carottes sont trop salées" murmuré dans la pièce à côté c'est ps hyper fascinant c'est wtf) Eh bien au moins elles sont neutres et ne m'agressent pas, ne me font souffrir qu'a minima parce qu'elles me surprennent et me donnent le sentiment d'être étrange ou que je perds le contrôle sur mes sens et mon cerveau (je bugue quoi)

Je parle bien là de rire de ses troubles, pas d'autres caractéristiques moins discriminées socialement (comme pour moi reste douloureux de rire de sa grosseur, de ses troubles cognitifs, de sa présumée laideur, de sa timidité etc) En mettant un bémol sur le fait que je ne vais pas minorer en m'en moquant les rares trucs que je trouve bien chez moi parce que ce serait honteux d'être contente de moi.


Enfin, rire de soi, de sa condition psy ou neuro, des se symptômes ou côtés apparents avec d'autres concerné-e-s me semblent par contre soulageant et ici réellement aidant. On parle entre personnes qui savons ce que recouvre la partie emergée de l'iceberg et la part de souffrance derrière ce que l'ou nommons surégair, dramatiser, etre bizarre, avoir eu l'air tarte etc, entre personnes qui vivons/avons vécu les mêmes experiences sociales et intra psychiques, et comme souvent on est davantage bienveillant avec autrui cela permet de se décaler 'une position d'autoflagellation pour accéder à un réel second degré (sens sous le sens) ou une réelle ironie (exprimer le contraire de ce que l'on pense vs etre cynique et le penser à moitié et être caustique)


Je concluerais pas : l'autoderision, en user avec parcimonie et avec des ami-e-s concerné-e-s, pour moi en tout cas. J'ai cosncience d'être maintenant rétablie et pouvoir m'ofrir ce luxe, il s'agit d'un privilège dont tou-te-s personne NAPA ne peut pas user

vendredi 6 décembre 2019

Mon expérience de la lamotrigine

Votre lamotrigine du jour servie sur un plateau
 
Voilà environ six mois que je suis sous lamotrigine (princeps : Lamictal)
 
Il s'agit d'un régulateur de l'humeur (thymoregulateur) aux effets legerement stimulants, un peu comparable au lithium dans ses effets sans les inconvenients de la prise de sang regulière.
 
Elle doit être introduite très lentement, par paliers de 50mg en surveillant bien sa peau car elle peut causer de sérieux effets indésirables cutanés.
 
Ma forme de schizophrénie (troubles schizo-affectifs) est bipolaire (on pense maintenant qu'il s'agit d'un même spectre, schizophrénie et bipolarité), génétiquement on est assez chargés bipo dans ma famille paternelle (cause de bipolarité génétique reconnue depuis longtemps) et ma forme est dépressive. J'ai connu les accès maniaques, les états mixtes, les periodes melancoliformes voire catatoniques.
 
Ces dernières années les symptomes typiquements psychotiques étaient en arrière plan (peu d'hallucinations, peu d'idées mystiques ou délirantes) grâce à l'hugiene de vie, au Risperdal action prolongée et aussi grâce à une solide et efficace psychothérapie par une psychologue clinicienne. Les mouvemens d'humeur étaient aussi moins francs et moins longs (phases de deux semaines à un mois, typiquement quinze jours hypomane avec conso d'alcool majorée, oniomanie (achats compulsifs frénétqiues) hyperactivité, suivies d'un mois d'papathie et de tristesse)
 
J'étais par ailleurs sous antidepresseur ce qui a fini en l'augmentant par déclencher un état maniaque assez pénible à vivre (pas trop d'éclatement car me contenant beaucoup mais une immense tension et un grand besoin de me défouler physiquement, de crier, et de me focus par moment)
 
Au final ma psychiatre a arrêté l'antidepresseur (paroxetine, pire sevrage ever) et a introduit la lamotrigine (j'étais devenue impossible à piquer même en artériel) à la faveur d'une cure de sevrage en HP.
 
Je suis maintenant à la dose efficace et je dois noter une nette amélioration : lissage des mouvements thymiques, plus d'oniomanie, plus de phase apathique, on va dire sortie des contraintes exterieures plus de variation intrapsychique et un bon dynamisme soutenu depuis quelques mois.
 
Je n'ai pas ressenti d'effet indésirable notable (pas de sensation de faim, pas de virage maniaque (attention car cela m'a été signalé chez certaines personnes), je n'ai eu aucun problème cutané et aucun symptome d mise en route)
 
Je fais donc un bilan positif de ce traitement chimique.
 
Je reprécise au cas où que je suis favorable à la chimie ME concernant et que tout choix éclairé est bon, que ce soit les medicaments, la thérpie par la parole, la phytotherapie ou autre, vivre ses mouvements d'humeur en les accompagnant et reconnaitre son nouvel état psychique, je ne dirai jamais assez combien je suis partisane de l'auto détermination. De plus j'ai la chance de bien réagir aux traitements médicamenteux, ce qui est une forme de privilège puisque c'est loin d'être le cas de toustes. Enfin j'ai conscience de l'extrême variation de réactions des traitements medicamenteux selon les personnes : on n'a pas toustes le même corps ni le même traitement.
 
Dernier petit mot qui n'a pas rapport mais courage à toustes pour les fêtes de fin d'année. Ce qui est source de stress mais aussi de réjouissances pour les NT ne l'est pas forcement pour les personnes NAPA : que ce soit icolement en voyant le reste de la planète kiffant en famille, famille compliquée ou toxique avec des repas à rallonge agrémentés de reflexions psychophobes et x phobe en tout genre, limitation et galère des cadeaux, entre la précarité financière que l'on vit souvent et la difficulté à faire les magasins surpeuplés, et bien sûr l'abondance de bouffe pour les personnes avec TCA.
Je nous souhiate à toustes de la sérénité en 2020 et de bien continuer la lutte. 

jeudi 28 novembre 2019

Coup de pied au cul, miracle ou maltraitance ?






Le "coup de pied au cul" psychique parmi les personnes NAPA y'a des pour et des contre. Je parle là de la ramonée faite par quelqu'un de bienveillant (ou se voulant tel) quand on se "laisse aller" pour nous pousser à nous bouger.

Je parlerai donc de ce coup de pied au cul chez moi.
Chez moi un coup de pied au cul c'est un coup de pied qui m'enfonce un peu plus la tête sous l'eau. C'est jamaisbienveillant. C'est toujours maltraitant. Ca sert jamais à rien parce que scoop, je m'en rends compte que je vais mal, que je bois et que je me lave plus, c'est pas ça le problème, le problème c'est la douleur et les spoons et c'est pas en tapant sur une personne fracturée que ça va la faire marcher.
Ce que je préfère c'est le coup de pied au cul de la vague copine sur l'alcool alors que son wall c'est la promo 365 de l'amicale des amis du vin.
Ca se veut bien veillant alors pro tip : si vous n'êtes pas bienveillant avec moi habituellement (famille, vagues mai-e-s, etc) c'est pas la peine : ça me fera que souffrir plus. Au moment où je vais mieux c'est pas la peine de vous monter la tpete en mode "c'est parce que je l'ai secouée, c'est grpace à moi". Non, c'est grpace à mes seuls efforts , malgré vos mots blessants inutilement.
Le coup de pied au cul c'est le degaingae utlime des NT qui savent pas se comporter face à une personne en souffrance et qui du coup aboient en pensant que ça fera réagir. Non.
Y'a des gen-te-s qui y réagissent bien et disent en avoir besoin, mais je suppose que c'est plus de la part de potes ou de famille bienveillante qui sont par ailleurs soutenants. Parce que dans le vide c'est juste wtf j'espère que vous vous en rendez compte maintenant.

Le recadrage c'est autre chose. J'ecoute toujours quand on me dit que je deborde trop d'agressivité (on me le dit souvent mais parfois oui c'est illegitime de ma part), quand on souligne un symptome qui a tendance à réapparaitre, quand on rationnalise mes idées paranoïdes ou hypochondraques, mes anticipations anxieuses.

Mais le gueuler dessus en me disant que je déconne et srx reprends toi meuf, ça me fait juste me faire sentir comme une merde et me replier un peu plus. En plus des coups de la vie et de mon cerveau qui me trolle c'est une agression absurde venue de l'exterieur qui n'est aucunement (aucunement) aidante, qui est jugeante, qui est mechante.

Car oui venant de personnes wtf ou qui n'essaient pas d'aider autrement c'est de la mechanceté, soyez lucides un peu, si vous savez pas aider sachez au moins fermer votre gueule.

Si ça sort ce soir c'est que je suis fatiguée, de ma journée, aussi de m'être remise debout à force d'efforts constants et répétés sur moi même tandis que les NT problematiques m'entourant vivent pépouzes sans jamais travailler sur eux et sont paternalistes et prompts aux réponses genre prend sur toi, secoue toi.

Ca fait genre 35 ans que j'ai une condition psy, que je travaille sur moi (seule, avec des pros, avec des cachets, avec des techniques alternatives, je fais de tout, même du yoga (blague de napa))(c'est authentique), que je fais des effort sonstants et quasiment ininterrompus depuis 35 putains d'années et que j'en suis arrivée à mes 44 ans et à un stade où j'ai juste plus de temps à perdre avec des personnes qui me repsectent pas.


Alors la prochaine fois où j'irai mal (et ça rrivera, ça revient toujours) cellui qui ose me mettre un coup de pied au cul se verra recevoir mon poing dans la gueule et si c'est pas possible se verra discretemtn mais definitivement blacklistée de ma vie comme de mon respect. Voire call outée.

vendredi 20 septembre 2019

Recevoir les plaintes

Tout d'abord je ne suis pas fan de taper perpétuellement sur les parents, particulièrement s'iels sont fols.

Mais quand même, il leur arrive d'être déconnant-e-s. Ou maltraitant-e-s (j'inclus la maltraitance par négligence et psychologique)

Dans ma (longue) carrière d'usegère de la psy j'ai le plus souvent entendu des explications aux comportements chelous de mes parents ("il etait depressif" "elle est pas rassurée donc pas rassurante" "elle était jalouse/angoissée")

Alors OK, ça part souvent d'une bonne intention : expliquer pour désamorcer le désarroi, comprendre un comportement défaillant (et on a toustes des failles, parent-e-s compris-e-s), améliorer la relation (otxique et douliureuse) faire la paix avec autrui donc soi même.

Mais.


Mais durant 20 ans de ce discours ça m'a servi à rien. Parce qu'à côté de ça mes plaintes n'étaient pas écoutées.

Bien sûr qu'à 25 ou 30 ans on comprend que sa maman était malade, que son papa était triste, que sa soeur était jalouse, que les humiliations, négligences, mots durs, coups éventuels peuvent s'expliquer.

Mais ça change quoi au fait qu'un jour on a eu trois ans, qu'on n'y comprenait rien et qu'on a vécu les choses comme traumatisantes, qu'à 8 ans on a aucun recul et que les choses vécues ont bel et bien été vécues et ont laissé des traces. Ca change quoi au fait que je me suis trainé un PTSD complexe que personne a jamais pris la peine de diagnostiquer.

Sans parler de la question du stigmate de la schizophrénie imbibée de psyk qui fait dire à moult soignant-e-s que les schizo se sentent persécuté-e-s par papa maman ?

Nan mais c'est pas parce que je suis parano que personne ne m'en veut.

Donc oui j'ai trainé ça comme un boulet, me sentant pas entendue dans ma douleur (légitime) me sentant chargée de culpabilité (avec en plus le discours sur les parent-e-s qui souffrent tellement que leur enfant-e soit malade et il faut bien les comprendre) et me sentant obligée de comprendre et pardonner avant même d'avoir pu évacuer les moments douloureux, les mots qui restent gravés à jamais, les soirées passées seule dans la petite enfance.

Il m'a fallu attendre mes 35 ans pour qu'une psychologue reçoive mes plaintes. Alors ça a été 1 an de plaintes. Et elle écoutait. Et elle me laissait retourner dans le passé. Et elle utilisait des outils de pedo psy avec moi parce que durant les séances j'étais enfant. Et elle a prononcé le mot "maltraitance". Et elle a été la première à me dire que ma mère avait peut-être pas été une si bonne mère que ça sans m'encombrer des pourquoi.


Chacun-e a ses pourquoi. J'ai jamais interrompu mes relations avec mes daron-ne-s même si ça a souvent été conflictuel et toxique. Cette psychologue a été la première à me dire que peut-être le problème venait pas exclusivement de moi et de ma maladie (qui trouvait plutôt de ses sources dans le passé)

Expliquer, c'est bien. Ca aide. Mais après. Après nous avoir laissé chialer pendant un an, deux ans, deux mois. Après nous avoir dit eh oui ça en fait de la souffrance, je l'accueille et je vous console.

Une fois que tout ça a bien été entendu on peut construire sur quelques bases, reconnaitre les failles, savoir que c'est simple pour personne et que nul-le n'est clivé-e en blanc et noir. Après vient l'apaisement.

Après.

Srx j'en ai marre de devoir comprendre tout le monde, tous les NT de la terre dans leurincomprehension de moi. J'ai laissé tomber personne me comprend. Mais les NT se comprennent pas non plus entre elleux. Je peux juste partager des experiences de vie et intrapsychique avec mes pairs qui ont vécu des choses proches.

Mais fuck quoi, entendre pendant 20 ans que ma maman est fragile et a fait deson mieux et que j'abuse t suis paranoïde quand j'en parle jpp.

Maintenant ça va. Mon père est mort et les ardoises avaient été réglées. Je me permets de ne pas pardonner certains mots, sans me sentir coupable. Il était comme ça, il m'a jamais laissée tomber non plus. Ainsi va la vie ainsi sont les gen-te-s.

Mais "expliquer" en premier lieu sert à rien. Comme ça servirait à rien d'expliquer en premier lieu à une victime de viol que le violeur est pris dans un fonctionnement sociétal qui le dépasse sûrement et que bon la société est misogyne et blibli la culture du vio. Quand on est trauma osef.

On veut juste être écouté-e-s. De toutes les oreilles. Et qu'on nous dise que ouej ça a été dur mais que tout ça était pas mérité et fait pas de nous de mauvaises personnes. Des mots simples qui coutent pas cher, et la mentalisation en second lieu.