mardi 23 août 2016

Ma Mad Culture : Cat Woman

I'm a cat woman hear me roar
 
 
Je parle ici de Catwoman telle qu'elle apparait dans Batman Returns, incarnée par Michelle Pfeiffer.
Tout l'univers de Gotham m'a toujours plu (et aujourd'hui, alors que je découvre plus avant les univers DC et Marvel, toute la thématique du/de la super héro-ïne.)
Parce que dark, qui correspond bien à ce que je ressentais jeune ado, quand les premiers films Batman sont sortis. C'est aux alentours de mes quinze ans que les personnages de Batman (dont j'avais acheté des figurines que je plaçais autour de mon lit la nuit pour me protéger) et Catwoman (dont j'ai mieux saisi la profondeur) ont commencé à prendre un profond sens pour moi.
J'avais peur des hommes - je n'en ai plus peur. Trouble particulier ? Non, le fait d'avoir été suivie dans la rue et touchée au pubis à 12 ans, abordée, pelotée dans des bars des boites de nuit à partir de 15 (pas par des jeunes hommes, par des trentenaires, des quadras en goguette), avoir eu plusieurs fois la trouille en faisant du stop, j'avais peur des hommes parce que beaucoup d'hommes menacent l'intégrité physique et psychique des jeunes femmes. Je me sentais vulnérable. Et Catwoman cassait la gueule (les couilles plutôt) des violeurs.
Mais c'est son côté trouble qui me plaisait le plus, son côté deux personnalités. Pas que les schizophrénies occasionnent cela, mais parce que je buvais déjà sérieusement et que cela changeait mes idées et mon comportement. Parce que le changement, le gros des angoisses, les clashes et les TS arrivaient au soir couchant et au profond de la nuit et que ma mère m'avait demandé "comment peut-on être si intelligent la journée et devenir si con la nuit ?"
Quelque chose de pulsionnel, d'animal m'advenait, comme une bête qui se libère et où, le matin revenu, je ne me reconnaissais pas. Et SElina ne reconnaissait pas Catwoman.
La scène m'a beaucoup marquée du retour de Ms Kyle pré transformation "chéri je suis rentrée.. ah oui je vis seule" et cette scène se répétant après la tranformation (après que les hommes malveillants et la mort l'aient rendue mi chatte, brisée mais forte) hachurée, brisée, comme un automatisme se révélant. J'adorais son côté très sexuel explosant la brutalité sexuelle viriliste, le sage materiel de couture formant un noir et luisant et couturé vêtement de justicière. J'aimais comme en valsant avec Batman elle était là et ailleurs, elle était l'une et l'autre. 

Catwoman était ma réalité et mon moi fantasmé, capable la nuit de sortir se venger et venger les femmes. Solitaire ô combien. Noire.

Catwoman comme Batman, comme les loups-garous, comme certains zombies, ont toujours représenté pour moi la cohabitation difficile entre deux facettes de personnalité, et la douleur apaisante de la nuit.

lundi 22 août 2016

L'expérience de la folie en toustes







Une conversation avec une amie, Ch., "NT" et sourde (ceci a son importance dans l’expérience subjective de perceptions différentes de la norme édictée). Je m'étonne qu'elle me dise faire la même expérience de la jalousie que moi. Elle s'étonne de me lire pathologiser cette expérience de la jalousie. S'ensuit une discussion autours des termes NA/NT et de l'expérience de la folie, d'une ou de folies, que chacun-e peut être amené-e à vivre.

J'ai précédemment parlé du terme NA, en tentant une ontologie un peu bancal (beaucoup bancale) Le terme en soi ne me satisfait pas, et je pense le laisser, car il convient aux neurodivergent-es surtout, qui l'ont initié et qui leur est propre. Si j'ai besoin d'un terme pour nous nommer, nous fous, folles, comme je l'ai écrit dans ce précédent billet, c'est dans une optique militante de lutte contre la psychophobie (lutte dont je n’exclus absolument pas les NA, évidemment), je me (nous) définis donc en "contre" la "normalité" et le rejet. Le terme que je compte adopter est "pathologisé-es", à qui l'On attribue une pathologie (dans le comportement, le discours, etc.) ce qui colle mieux de plus avec ma vision foucaldienne de la folie et de son traitement par l'Etat, le systeme (donc "les gen-tes", cellules du systeme biopolitique - moi comprise hein)

Ch. me dit que toustes pouvns faire expérience de la folie. Effectivement je me sentais en porte-à-faux par rapport à la pathologisation de personnes meurtrières, car il ne s'agit pas de personnes psychotiques, mais qui ont cependant pour certain-e-s commis des crimes je dirais étonnants, flamboyants, atypiques. Je pense à monsieur Dupont, Madame Durand, qui subitement volent un robinet chez Casto, ou partent de chez eux sans attache d'un coup. J'utilisais le terme, je l'utilisais sans jugement de "tourner la carte". "Il/elle/iel a tourné la carte et est partie de chez ellui/ a abattu un policier".

Freud je crois disait que la psyché peut etre comme un diamant, des plus solides, mais avec une paille, et eclater lors d'une chute, sur un angle très particulier qui sera la fragilité de ce diamant là. Une situation, un évéenement, une série d'événement peut faire aboutir à un état de folie avec ou sans passage à l'acte.

Certaines personnes font une expérience de la folie intense, ce que l'on appelle une Bouffée Délirante Aiguë, se rétablir rapidement et ne plus connaitre aucun trouble.


Mais dans la vie plus "classique", l'expérience d'un état d'étrangeté, d'intensité différente, peut croiser le chemin de tout-e un-e chacun-e. L'état amoureux passionnel en est un exemple rebattu. On peut le pathologiser, hypomanie, monomanie, fébrilité. L’expérience mystique aussi, qui est si forte (le Christ ou Mahomet ne sont pas moins bizarres que Freyja)


Croiser dans une déchirure au cours d'une lecture une sorte d'éblouissement est un état, passager, pas toujours maîtrisé, de folie, une autre oeuvre d'art également, qui arrache de soi, met dans cet état hors de soi qui ne se connait pas que sous la colère ou la terreur. Il y a une trentaine d'année est apparu le "cas" étrange d'une jeune femme retrouvée morte, car elle lisait Saint-John Perse nue, assise dans la neige.


Enfin,je me détourne vers Albert Camus et sa description de l'absurdité de l'existence (le Mythe de Sisyphe) si impensablme parfois qu'on peut être amené à "faire le saut" (devenir croyant pour donner un foutu sens à tout cela) ou se suicider (mais il faut imaginer Sisyphe heureux)

Les réalités et le politique






J'avoue très humblement n'avoir fait aucune recherche avant d'écrire ce billet, pas même taper "réalité" ou "réel" dans un moteur de recherche (qu'est-ce que le Réel ? Demande à Google)

On m'a souvent dit (et assez comme un reproche) "tu n'es pas dans la réalité", avec un gloubi-boulga mélangeant "tu es délirante" et "tu n'es pas réaliste". Mais ça doit être de venir d'une famille de soignante, et entourage itou.
Des soignant-es m'ont dit régulièrement, en moments de crises, que je n'étais pas dans la réalité. Ce que je comprenais et concevais, mais pas tout-à-fait. Car, eh oui, il n'y a pas de ligne franche, de frontière, avec d'un côté la réalité et de l'autre le n'importe quoi psychotique. L'Interzone dont je parlais dans un précédent billet est englobé dans la réalité. On peut être à moitié dans la réalité, ou pas dans la réalité que pour un truc (délire en secteur, ma jalousie passée), bref, ce n'est pas si clair que "y être ou pas" (en avoir ou pas, des hallus)

Ainsi j'ai pu "être dans la réalité" pour faire une démarche administrative de manière posée, conduire ma panda avec une émotion qui me vient, et dans la voiture, en restant aware de la route, demander tout haut à  Freyja "et il m'aimera si je le dis trois fois" et l'entendre me répondre comme si elle était assise à la place du mort "Si tu le dis trois fois, il t'aimera". Et avoir parfaitement conscience qu'il s'agit d'une hallucination produite par mon cerveau-ma psyché.
C'est très important de savoir, pour les non concerné-e-s, que savoir qu'une hallu est une hallu ne la fait pas disparaitre ni ne la rend moins réaliste. C'est même complètement flippant, ce sentiment que sa raison s'échappe et qu'il se produit des trucs limite aléatoire sur lesquels on a peu de prise.

Bref, c'est comme si j'étais dans la réalité, mais une partie de mon cerveau non. Sans que je puisse controler. Voyez-vous, ce n'est ni simple ni clair ni évident, comme notion, comme concept, comme vécu.


Par ailleurs on peur prendre pour acquis que nous avons toustes, sensoriellement, intellectuellement, effectivement,... une interprétation différente du monde (de l'extérieur comme dit Freud) Nous avons toustes une réalité propre. J'enfonce même les portes ouvertes en disant cela. Et ce qui devient politique c'est que certain-es ont une réalité encore plus personnelle que d'autres (que la majorité) Je parle ici de mes frères et soeurs en psychose, et des personnes NA en général. Là où le concept réalité et l'usage qui en est fait est politique, c'est que du fait de cette perception atypique ("faussée", "déviante", "pathologique") de la réalité nous sommes rejeté-es et notre parole invalidée. Un outil que j'ai utilisé pour moi, dont je n'ai sans doute pas la primeur mais je l'ai "réinventée" si cela existe, puis pour mes usager-es est le concept de réalité commune. Nous avons toustes notre réalité, qui se recoupe sur une réalité commune dont nous avons besoin pour vivre pragmatiquement (manger des aliments comestibles, nous hydrater) et communiquer les un-es avec les autres. Au-delà de la langue et du langage. Un arbre est un arbre, un végétal qui produit de l'oxygene etc. Une personne est une entité vivante de la même espèce que nous. Seule moi entend Freyja. Les Avengers c'est Marvel. Une baguette de pain s'il-vous-plait. Je t'aime. Etc.

C’est important au niveau militant et au niveau soignant parce que ça parle aussi des symptômes, de leur préservation, de leur sens, de leur importance, du fait qu'ils soient invalidants, neutres, ou aidants. Des voix peuvent être malveillantes, d'autres neutres, d'autres bienveillantes. ET y'a pas de "mais c'est des hallus, caca"
Je discutais il y a une heure avec quelqu'une psychologue me parlant de l'ère des psychiatres humanistes (formés dans les années 70 au sein de courant antipsychiatriques, plus ouverts) et d'un retour de jeunes psychiatres plus froids, plus dans la prescription lourde, le renfermement et, hélas, le "je m'en lave lesmains". Le sécuritaire disais-je, et elle me répondait "sécuritaire pour elleux"
L'ère de l'abrasion des productions délirantes et hallucinatoires, de réalités différentes, qui ont pourtant une fonction et un sens.

Certaines choses pour moi ne sont pas réelles. Les grandes manœuvres boursières qu'effectuent les traders, sérieux, c'est du vent, c'est des bits. Qui ont d'énormes répercussions sur la vie quotidiennes de gen-tes souvent beaucoup moins fortuné-es. C'est politique aussi de questionner cette réalité là. Un partie de ma folie me protégeait de cela. Ce qui est réel, ce que l'on nous vend, la manière dont un système nous forme, et dans le cas de nombreux psychotiques, nous broie et nous exclu. Oui, moi je questionne la réalité qu'ielles m'imposes, les 1%. Bien plus toxique que les incantations d'amour de Freyja et pourtant pour lesquelles on n'a jamais enfermé personne. Alors que la psychophobie tue, chaque jour.

Ma folie est-elle un refuge ?

Billet sponsorisé par Freud et mon ami-e K
 
Fâchée à mort (me disais-je) avec la psychanalyse, pour diverses raisons, j'ai entrepris de relire S. Freud pour éclaircir mes idées à tout ce propos.
Eh bien Freud est sympa et tout et il me réconcilie partiellement avec cette discipline.
 
Je n'ai que peu relu de ses opus, mais je me suis intéressée à Névrose et Psychose, étant psychotique. J'y ai (ré) appris que si la névrose signe un conflit refoulé entre le Moi et le Ca ("je veux niquer mon beau frèr... OMG maggle"), la psychose signe un conflit entre le Moi et l'extérieur. Que la psychose, ses manifestations, sont un refuge.
 
 
C'est une idée très reprise et très courante (je pense au pif à Henri Laborit Saint Homme qui a inventé les neuroleptiques premiers traitements chimiques des psychoses soit-il remercié là-haut merci Henri merci; et à la pensée populaire, dirai-je) C'est une pensée très reprise et qui m'a toujours hérissée. Merci la gueule du refuge, les angoisses, la dissociation, les délires pas joyeux... Mais force est de constater que je pensais ici à la version "populaire" de cette image, un peu, plutôt, comme dans [alerte spoiler] Brazil, le film de Terry Gilliam, où le fou, la folle, est dans un monde onirique très beau, libre, apaisant, coloré.
 
En ayant discuté avec mon ami-e K, iel me dit "c'est un refuge, comme la drogue, avec ses horreurs, mais un refuge"
On peut toujours chercher moins pire et on ne cherche pas consciemment, non plus. Peut-être que nous en saurons plus avec l'avancée de la science (des neuro science) mais il est vrai qu'être hors réalité, dans l'interzone, pendant près de vingt ans m'a protégée de bien des choses réelles comme fantasmées (je parle pour moi, avec le recul que j'ai sur mon parcours) et j'aimerais que tout le monde comprenne que fantasmé c'est égal à réel dans la tête, ça a la même force.
 
Je parle du monde tel qu'il est, finance, géopolitique, etc. J'en étais protégée (maintenant je flippe). Je parle surtout de "mon petit monde" avec mes convictions de mésamour,  d’abandon, de mort, de désir de meurtre contre moi (fondées très très tôt - j'étais déjà malade  enfant)
 
 
Pour ma part je garderai donc le terme d'Interzone, créé par William Burroughs dans Le Festin nu, la zone des fous, des drogué-es, des alcoolos et des paumé-es, un refuge bien dur, mais un refuge et un endroit à la fois en soi et en dehors soi.

jeudi 18 août 2016

Prendre un...

Prendre son courage à deux mains. Prendre un Seresta pour rester calme ne pas tomber dans la grand trou noir où le loup me mange, et puis prendre un dolirhume "contient de la pseudoéphédrine" pour ne pas dormir car il reste du taff à faire, il reste à rester en vie et vigile, à ne pas dormir, pas cotonner, pas s'encoconner.
Prendre l'inhalateur pour les bronches, l'antibiotique, prendre le Tercian de midi et la Paroxétine du matin, se sentir corps chimique, se sentir dans la complexe pharmaco pornographique, mais qu'est-ce que je produits moi, du travail sexuel du travail ménager et puis de la douleur, et enfin des câlins et de la régression.
Droite se regarder. Moche, non, je sais pas, étrange entité debout devant moi, debout toujours à genoux.
Déterminée avec la terreur qui colle à la nuque. Oui, je sais, oui, je vois maintenant, mais non je ne sais rien et ce Seresta il fera effet quand.
Tachycardie de Dolirhume, de litres de cafés de dizaines de grammes de tabac, tachycardie de douleur, battement de savoir, ne pas savoir, ne plus vouloir deviner, mort le petit lumignon, mortes les diodes et les antennes et morts les verres déformant.
Prendre du temps, buter contre le temps, ouvrir la bouche en carpe koï, rester béante dans le bassin froid et vert, ouvrir si grand la bouche pour que rien ne sorte, juste entre insectes et larves. Ca pense dans la tête, ça tape contre les côtés et enfin ça broie la cage thoracique, un pieu émoussé qui s'éreinte contre le coeur organe.
Cerveau-machine, technocorps, hormones et neuroleptiques, godes et pseudoéphédrine, sérotonine et mélatonine, progestérone et latex et surtout un jeans solide en toile de Nimes, bleue.
Dans mes rêves je perds mes dents, dans mes rêves je suis toujours à l'hôpital, et personne ne sait ce qu'est l'amour, l'ocytocyne, les contractions pré menstruelles, le Nexplanon, la cyprine, le coeur sec, les yeux secs, la bouche sèche (Bioxtran)
Prendre de la chimie s'enrouler dans les bactéries, les virus, sirop contre la toux qui ne came même pas, regret de THC ? Même pas, sucer ce Seresta et attendre que toute la funèbre fête foraine s’éteigne et rideau.

vendredi 12 août 2016

Ma jalousie, cet herpès

(Parce que c'est pas forcément sexuel mais ça peut, ça fait mal et ça revient toujours, et qu'aucun soin ne l'éradique)
Voilà la jalousie, ma vieille ennemie, qui revient taper à la porte. Peu importe le contexte, hein, elle n'est jamais "justifiée". Elle peut se baser au départ sur un fait (on va dire un coup de canif dans le contrat) ou sur rien, ma jalousie son truc c'est de générer et de se nourrir de surinterprétations de signes plus ou moins pertinents (plutôt moins on va pas se mentir)
Par exemple par le passé ça a pu être des volets plus ou moins entrouverts. Eh ouais.
Il y a donc toute une dynamique délirante dans cette jalousie pathologique, une idée fixe, presque un TOC psychique, qui s'impose, qui revient, qui résiste à tout apaisement rationnel (se poursuit en continu malgré la critique active), enfle et diminue en longues pulsations douloureuses et brûlantes. Cette morue entraine aussi des troubles du comportement, parce que, réellement, les idées, la colère et le désarroi (mais surtout la colère) sont si forts que je peux me retrouver littéralement hors de moi.
Actuellement, je gère. Sérieux je gère, surtout que c'est une histoire vraiment entre moi et moi, que j'ai fait beaucoup de progrès en vingt ans, que je tiens à ne pas faire de mal à mon amoureux que je chéris (et qui me le rend bien) ni à rendre notre histoire commune compliquée ou impossible (ça me foutrait en l'air)
Mais d'où vient cette jalousie ? J'ai entendu plusieurs hypothèse, je pressens, je semi formule l'idée que soit c'est plurifactoriel, soit toutes ces hypothèses sont des parti pris ancien de psy* et peut-être même bien de la merde.
On m'a parlé de peur de ne pas être aimée. D'angoisse d'abandon. Qui se fonderait dans la petite enfance. Pourquoi pas, mais je pense sincèrement ne plus avoir cette angoisse de cette façon. Pas du tout inconsciemment (même si bon, logiquement ce qui est inconscient joue en souterrain) en ce sens que j'en ai conscience, non d'une peur de l'abandon lancée dans l'air, née d'un problème dans la prime enfance (dans mon cas) mais de l'évaluation réelle de ma dependance psychique, sentimentale et financière à un mon aimé. Donc oui je me sens vulnérable et fragile, je pense même revoir un-e psychologue pour travailler l'acceptation de ma dépendance (parce que oui, mes troubles schizo affectifs ont des consequences réelles) mais c'est là quelque chose que je vois parfaitement, je vois pas pourquoi je serais jalouse par la bande. Quand j'ai le moindre souci, j'en parle calmement avec mon conjoint pour liquider ça et ça fonctionne.
On m'a parlé de possessivité (je pense aux libertin-e-s et polyamoureuxses en fait) Du fait de ne pas supporter "partager" (mais c'est pas une dose qu'on partage un coeur ou un corps, je suis ok, je le formule ainsi par flemme), de vouloir l'autre à soi. Or, même si l'événement ne s'est jamais présenté ici, je suis très au calme à l'idée que mon aimé ai des relations sexuelles avec une autre et je conçois très bien qu'il aime plusieurs personnes (même de manière "un peu amoureuse") Parce que je suis devenue philosophe, parce que la vie est ainsi, parce que moi-même quoi :) 
Et c'est très clair pour moi, c'est pas le "tu dis ça mais au fond tu vois que ça pose problème" qui est un va-tout opposé à nombre de personnes, surtout NA, pour court circuiter nos propres analyses d'un problème, pour nous faire entrer dans un cadre souvent psychanalytique.
Donc what ? Pourquoi l'idée revient comme une poussée d'herpès, brulante et excluante, me gonfle, me sous-torture (pour le moment c'est assez bien maitrisé) pourquoi les idées qui viennent, pourquoi "ça pense tout seul dans la tête". En gros, pourquoi je délire, sur ce thème. Et j'ai treize ans de psychothérapie analytique + 20 ans de traitements chimiques + 3 ans avec une psychologue clinicenne à raison d'une séance/semaine hein. C'est pas comme si j'avais jamais travaillé ça.
Au final, le mépris de ce syndrome (c'est plus un symptôme mais un réseau de) me semble la bonne option, comme mon inquiétude perpétuelle d'être ruinée financièrement (omg j'ai plus d'argent j'en aurai plus jamais... ah si) ou autre rumination morbide que je me pèle régulièrement me semble la meilleure démarche. Do not feed the troll. Jalouxse, tmtc.


Edit : après avoir posé ce billet ma réflexion s'est développée et plus que la peur de n'être pas aimée je pense de manière discontinue (rarement) n'être simplement pas aimable. De n'être rien, un déchet, voire un boulet. Mon credo est un peu "mais tu vas l'avouer que tu me quittes oui ou merde ?!" (comme ça ça sera fait) Cela s'est beaucoup apaisé aussi avec des "retours" des discussions que j'ai eue avec d'anciens amoureux avec qui j'ai vécu/à qui j'ai fait vivre l'enfer. Les deux personnes concernées m'ont dit qu'elles m'aimaient et voyaient bien que je déraisonnais mais n'étaient plus capable de gérer mes débordements. N'en pouvaient plus. En fait ça m'a rappelé que nous sommes deux dans la relation et que la personne qui est avec moi l'a choisi. N'est pas myope et sait à qui elle à affaire (même si ok on ne le sait jamais totalement), que je ne peux pas être une "impostrice" (surtout que je ne le cherche pas), bref, en subjectivant les partenaires je suis moins inquiète de revirement brutal. 

lundi 8 août 2016

"Pudeur"






Les NT, je dirais globalement les braves gen-te-s, certain-e-s NA aussi sans doute, aiment les histoires de maladies déchirantes "narrées avec pudeur et dignité".

Que la douleur affleure et qu'on en prenne partie de la mesure par sous entendu, sous des voiles.

La personne qui vit et/ou raconte ses troubles, ses difficultés, souvent dégueulasse, verrait ainsi préservée sa dignité. J'ai parlé dans un billet précédent de "ne pas respecter les gen-te-s qui ne se respectent pas", absurde.

Quand on est fou, folle, on manque de limites dans les crises, ça déborde, c'est affreux, il faudrait en plus qu'on ne gueule pas, qu'on voile d'un paravent pudique le plus douloureux de nos troubles; alors un scoop : ça n'aide que la personne qui entend l'histoire, ça ne sert qu'à rendre moins malaisant le récit, la vue des corps et des psychés tourmentés, malmenés, ça n'aide pas le fou, la folle, ça ne lui apporte rien que le devoir, l'injonction encore et toujours de ne pas déborder, de ne pas déranger le bon fonctionnement de la société, ça ne sert qu'à étouffer de manière psychophobe un long hurlement légitime.

Parce que c'est digne de ne pas réussir à se laver, c'est digne l'esprit qui s'éclate en millions de morceaux, c'est digne la chair et la peau malmenées, c'est digne le sang, les crachats, la merde ? Et encore il faut rentrer tout cela, pour ne pas faire sale, et encore il faut se normativer, se normaliser, auto silencier ses troubles et sa souffrance.

Toute expression de la souffrance ne semble pas acceptable. Si tu as des hallus, des terreurs,des effrois, des yeux écarquillés, une peau balafrée, tu es invité-e à fermer ta gueule et à montrer patte blanche.

Alors cette pudeur là, au service de qui ne comprend pas, ne veut pas comprendre, ne veut surtout pas savoir (voire veut éliminer lae fauterse de trouble) je l'emmerde. Avec de la vraie merde qui pue et qui tache.