mercredi 3 juin 2026

3615 JEXISTE

 (J'emprunte le petit phrasé 80's à Claire Brétecher, mais pour la gouverne de qui que ce soit, ce modeste billet n'a rien à voir avec elle ou son travail.)

J'existe et je m'adresse aux valides, aux valides psy notamment, aux normau-ales quoi.

Je continuerai d'exister jusqu'à ce que la mort me sépare de la vie.


Je vois bien que ça vous fait chier. Ce n'est pas de mon fait, j'ai parfois fait des trucs fortement discutables nivau éthique mais rien qui impacte plus d'une ou deux personnes sur un temps donné.

Votre violence à mon égard et envers toustes mes pairs en folie est systémique, elle tue par privation de soins, de moyens, de nourriture, de logement, de contact humain.


Vous brûlez d'envie de nous sucrer les aides sociales, ça vous fait chier qu'on obtienne une AAH, je sais pas, "gneugneugneu c'est trop facile". Ca vous enlève absolument rien, mais qu'est-ce que vous nous faites chier, pourquoi vous tolérez même pas qu'on bouffe des pâtes deux fois par jour ?

Après vous glorifiez Stérin et Bolloré mais birdel au secours.


Vous voulez qu'on "produise, travaille" ben vous refusez d'adapter les postes et refusez les candidatures à moins d'avoir blinde de sanctions qui vous coûteraient encore plus cher que les corps et cerveaux qui different de votre confort vous trauma.
Vous avez baucoup de mal avec le concept de pair aidance, je sais pas nikez vous à la fin, laisez nous bosser ou laissez nous être handicapé-e-s ET vivant-e-s. Mais ouate, on va pas bouffer votre air. Calmez vous.

Vous êtes écoeuré-e-s de nos amours et sexualités, heteronormatives ou pas. Complètement scotchés si on vit avec un-e partenaire normaule et insérée mais alors pardon, si l'autre personne est cinglée aussi "bah aussi vous restez avec les gens comme vous" ouej le fameux communautarisme fol ? Mais t'es pas net Baptiste ?


On coûte cher à la Sécu soit disant m'enfin la sécurité sociale a été créée le 4 Octobre 1954 à l'issue de luttes sociales et elle sert à ça. Le principe de société sert à ça aussi : permettre à ses membres les plus fragiles et vulnerables de vivre. Mais vous vous en battez comme de l'An Mil. La Sécurité Sociale aide à garantir une sécurité social, scandale.

Les soins deviennent comme le paletot, idéal (une idée éthérée)

J'ai pas choisi un corps subversif, médiqué, mal foutu avec un ventrou replet, des tas de cicatrices, probablement intersexe (ça vous deboite ce qu'il y a dans les dessous des autres gens vous avez un serieux probleme avec ça) et maintnant stérile car ménopausé. Avec des tas de maladies liées à l'âge, une vilaine goule bonus strabisme et pa de dents. Mon corps milite un peu tout seul.

J'ai pas choisi d'être dingue selon vos critères (et attention la tempêtes du siecle qui arrive, vu le nombre de gens qui décompensent, vous vous attendez à tout mais vous êtes quand même pas prêts), j'ai pas choisi de "parler toute seule" par moment, d'avoir une demarche weirdo, de plus supporter l'idée de la bz, de trauma dumper par moment, de trop dire de façon abrupte ce que je pense et que ça vous gêne.

Donc voilà, j'étais déjà bancale du côté cérébral jeune femme, à 50 ans chuis un prorotype de folle du bus et je choisis pas non plus de manger vos regards, remarques comme si je n'étais pas là ou ne comprenais pas QUI FAIT CA ? Les normaux. Le stigmate

Maintenant je voudrais juste vivre le dernier quart (chuis optimiste, je m'accroche voyez vous) un peu tranquille, je sais pas vivre seule dans les bois, j'ai zero skill pour ça donc je vis en ville et même quand je sors cinq minutes pour chercher le pain vous faits chier serieux on dirait des charos qui voient passer Laetitia en jupe et on dirait qu'ils ont jamais vu de femme de leur vie. Respectez vous quoi lachez nous, essayez AU MOINS de pas nous nuire activement vu que vous etes incap d'aimer les humain-e-s.

De quoi meurt un-e schizophrène ?

cé engajant hin

 

Ouej, une petite recherche Google (la mort ! La mort !) et voilà les trois questions les plus fréquemment posées quand on entre la requête "schiz" avant d'avoir pris le temps de compléter par le nom du blog.

Very sad ! Anyway...

Voilà que les soignant-e-s des urgences de Saint-Anne se mettent en grève pour protester contre le manque abominable (true) de moyens. Soutien total. A la statistique de mon doigt mouillé, effectivement, ça craint, mais vraiment.


Ca pouvait craindrouiller "avant" mais en 2026, en France, on meurt vite de schizophrénie, et de diverses pychoatypie et/ou neuroatypies. Nous schizo avons en moyenne une espérance de vie amoindrie de 9 ans, c'est formidable enfin, à la base notre corps fonctionne environ bien mais paf, on crève, parce que la vie est aini madame faut pas le prendre pour vous.

Ces deux dernières années j'ai été très en colère, sachant qu'au départ mes émotions sont à la mesure de mes troubles schizoaff, assez intenses.


J'allais super mal aussi, pour l'intensité se référer à la phrase ci dessus. bref, j'ai béénficié d'une longue hospitalisation séqsuentielle dans le privé, car mon comportement (notez que je n'ai pas dit "mon état" hein, mon comportement) le permettait.


C'est-à dire que je n'attentais pas à mon intégrité physique, à celle d'autrui je crois pas que ça ai été le cas un jour, et à l'intégrité corporelle du matériel non plus. Pour le corps du matériel, je plaisante, au cas où une personne férue de psychanalyse de l'avant dernier siecle passe par là et pense que les schizo sont incapables de second degré.


Comportement adapté : polie avec le personnel et les autrs patient-e-s (ça prouve bien que c'est nous qui devons nous adapter alors qu'on est vlà dans le mal, passons), comportement clinique friendly : délire et autres symptomes productifs pas trop flamboyants, ne pas être trop remuant-e en somme.
Comportement saveur HP direct : self-harm trop fréquent, vélléités suicidaires avec "code rouge", menaces ou acting out hetero agressif, consommation de produits stupefiants (l'alcool est compris dedans, la clope est excusée pour cette fois seulement)

En deça il y a debrouille toi a domicile connasse, au delà allo police, préfet juge, passion UMD


Je suis redevenue complètement fréquentable et le problèm actuel, c'est que la situation st si tendue du slob que le CMP de ce que j'ai compris a du mal à dégager du temps de personnel pour ma potit pomme.

En plus j'ai acquis une aura de patiente casse burnes.Ce qui me fait bien chier même si, pourquoi pas, c'est mérité (j'ai jamais retourné le bureau sur la gueule de ma psychiatre et croyez moi j'ai pris sur moi, mais je sais ls consquences) mais j'ai été parfois malaimable et j'ai ragequit un entretien infirmier. Bwaaaah, j'ai fait comm Haenel, jme suis levée et cassée.

Ca me fait chier car la sentence est de un durable de deux sévère.

Bon, j'ai eu un "psyqare", un psychiatre en visio, c'était un chouette médecin psychiatre. Efficace, humain, dispo, tout. Mais ça a dégringolé, ma santé mentale, rin à voir avec le suivi, assez à voir avec un choix de partenaire de vie peu judicieux, bref. Quand ça a commncé à merder sévère il m'a rcommandée à l'HP le plus proche, mais il n'y avait pas de place et je n'y ai plus "mes entrées" (j'y suis allée une seule fois, suite à un coma hydrique,une sacrée histoire, bref) Bon, ça s'est accéléré mon potit voyage dans l'Interzone et le gars me voyait souffrir et le pronostic vital s'engager, il a rédigé une lettre d'adressage de feu, vraiment.


J'ai fait une IMV avec une dose letale d'un medoc (je les connais). Long story made un peu moins longue, j'ai été récupérée par les pompiers j'ai été sortante une petite semaine plus tard, sous réserve du feu vert de l'infirmière psy des urgences de garde ce jour là.

Donc je suis allée la voir, tout ça, elle m'a dit, vous voulz un hospit' j'ai dit ben, oui, je pense que c'est nécessaire, elle a appelé et elle a dit "ben ils n'ont pas de place" j'ai dit qu c'était dommage, bon.
Elle m'a ausi dit d'aller au CMP, sauf que j'étais sortie des suivis car la pychiatre me trouvait suffisamment autonome, l'infirmière m'a dit de consulter mon psychiatre en ligne et j'ai dit qu'il pouvait plus me suivre sans un resau présntil local


Alors l'IDE a dit "ben, allez voir un privé"


J'ai dit que je trouvais pas dans la petite ville elle fait une requête google ou quoi et m'a dit "dr Machin, ici" elle a noté le nom sur un post it et posé le post it devant moi.

Donc bon, je suis rentrée chez moi en bus retrouver mes chats et mes amis IVL.

Suite à cet événement la medecin addicto du CSAPA a envoyé des demandes urgentes à 3 cliniques, ça devait etre les plus chaudes de la region, j'ai pu etre hospitalisée rapidement.



TLDR : de quoi meurt un schizophrene : de sa maladie car elle n'est plus que difficilement soignée.

samedi 25 novembre 2023

Infirmière, la psychophobie interiorisée

 



TW : violence médicale, violence psychiatrique, claustration, "soins" sans consentement, pychophobie, psychophobie intériorisée, transphobie, mobbying, racisme, s*cuide, décès)


Me voilà de retour après avoir laissé dormir ce blog quelques années.


Mon diag (officiel) a changé pour bipolarité type I et psychose, avec terrain addictif (alcool, tabac, benzo, potomanie) et troubles affectifs, je me suis autodiag une dyspraxie (à faire tester)


J'ai donc été Infirmière Diplomée d'Etat et ai travaillé en psychiatrie adulte durant une vingtaine d'année, de mes 20 à 38 ans. Le service temps complet accueillait des usager-e-s avec touts sortes de conditions psy, de l'urgence immédiate (usager-e-s amené-e-s par les services de secours (pompiers, SAMU) ou la police (dans le cadre de troubles sur la voie publique), aux usager-e-s dits "chroniques", BQI, psychose ayant débuté dans l'enfance,... de 16 ans (âge légal d"hospitalisation adulte) à l'âge avancé, nous avons également accuilli deux mineur-e-s de 14 ans avec dérogation de la DDASS (avant la transformation de ce service en ASE) venant de pedopsy car des lits fermaient, de usager-e-s venant d'UMD après stabilisation, ou séjournant quelques jours dans le service avant d'y être transféré-e-s.

[pavé César : dépose du fonctionnement du service et de l'hôpital]

La structure psy entiere dépendait de l'hôpital général et comprenait 4 services, deux psys adultes, un HDJ, un hôpital de nuit. Il existait égalment un servic de pedopsy de jour (le chef de service prtiquant la politique de garder l'enfant n miliu familial). Cette structure est aujourd'hui fermée "faut de moyen (ce que j'en sais étant que le directur de l'établissement ne voulait pas "des fous et des vieux")

Concernant l'extra hospitalier nous avions un CMP en ville, puis la psychiatrie au lit de l'usager-e en soin somatique est pparue (deux infirmières, horires de journées, basées aux urgences générales)


L'équipe était composée d'ISP quand j'ai démarré ma carrière (infirmier-e-s de sectur psy, quand la formation comprenait deux branches), notre medecin chef, l Dr G, refusait les aides soignant-e-s pour des raisons plutôt con à mon sens (leur présence supprimerait des postes infirmiers), des ASH, deux psychiatres chefs de service (un de chaque service temps plein), deux assistant-e-s et des internes venant de pays exterieurs (Algérie, Roumanie), une psychologue, deux assistantes sociales et un educ spé qui se chargeait de l'ergothérapie (atelier bois, menuisrie), deux surveillant-e-s (cadres de santé)


J'ai exercé de 1996 à 2004 environ, avec de nombreux arrêts maladie (hospit etc), de jour (avec deux trois nuits/mois)


Concernant la "politique de soins", disons qu'elle était "brouillon" mdr. Le Dr G se considérait comme libertaire, il se vantait que "notre" HP était le seul ouvert de France. Ce qui était le cas, les portes de la structure et des chambres n'étant pas verrouilées et les usager-e-s pouvaient sortir dans le "jardin" comme iels le souhaitaient, aller acheter des clopes ou se balader, même en hospit sous contrainte, iel leur suffisait d nous dire à quelel heure iels rentraient. Il s'gisait globalement de l'appréciation infirmière - les psychiatres nous déléguaient beaucoupde responsabilités médicales, à la fois par confiance et par flemme (difficile de déplacer un-e medecin de garde ou d'astreinte la nuit et le week end...), nous délivrions même des anxiolytiques et hypnotiques selon notre jugement, sans ordonnance, avec accord tacite de la hierarchie.


Nous dipsosions d'une "chambre forte" (classique chambre fermée "dépouillée), un support de lit, un matelas, un seau, un broc, et une "chambre d'isolement" (ressemblant beaucoup plus à une chambre classique, mais "sécurisée" et la plupart du temps verrouillée). Le Dr G refusait que les usager-e-s demeurent plus de 72h enfermé-e-s, et iels devaient êtr sédaté-e-s (le plus souvent Clopixol ASP et ouverture de la chambre qund l'épisode maniaqu, mixte, hypertonique était un peu retombé). Il refusait les sangles. Nous essayions de negocier une prise de traitement per os (elon l'infirmie-e n'est-ce pas on ne va pas se leurrer), sinon nous pratiquions l'injection intra msuculaire sans consentement (usager-e-s bloqué-e et déshabillé- de force, piqué-e dans une fesse)

Les chambres, hormis 4 chambres doubles, étaient idividuelles avec wc sdb pour chaque, deux sdb avec baignoirecommunes, ce qui était rare dans ls années 90, le bâtiment était neuf, avec un "atrium" (disposition un peu panoptique d'un étage en demi carré ouvert sur les escaliers et face au bureau infirmier)

La sismothérapi sous anesthésie générale était (rarement) pratiquée au bloc à l'hôpital génértal, pas un psychiatre et des medecins de bloc.


Quand je suis arrivée dans le service, l'équipe était composée de "vieux de la vieille", des infirmier--s quadra/quinqua, venant d'un peu partou en France et ayant traversé les HP immenses façon Sainte Anne à leur époque hardcore et le mouvement antipsychiatrique, éclosion de la psy de secteur. L'orientation de soin était pour certain-e-s "pragmatique" pour d'autres psyk.


Une ISP qui est rapidement devenue une amie m'a enseigné la psyk, et que j'appellais "Senseï"


[pavé César]


J'admets qu le préambule est long, je souhaite poser l "cadre de soins" existant alors, et j'admets renâcler à démarrer le vif du sujet, il n'est pas confortable de grattr sa propre psycjophobie, transphobie, racisme ("le syndrome méditerranéen ggneu gneu).


Je me dois de dire aussi qu je conserve une grande loyauté envers mes ex collegues, les soignant-e-s psy en général, les soins en psy, un corporatisme qu'il m'est compliqué de hacker tant il est ancré. De ce que jen sais, la culpabilité et le corporatisme, le complexe dulla sauvereuse et la loyauté façon Lassie à l'équipe étaient des moteurs.


Je rencontre donc de grosses difficultés à "trahir"mes ex collègues et à balancer les mille et un dossiers. Cependant il me faut le faire.


Me concernant, vous me connaissez un peu si vous avez parcouru ce blog, mon histoire psy c'est une sévère dépression infantile, parce que dans les années 80 classe moyenne, balek les enfants malheureuxses tant que ça va à l'école et phobie sociale, introversion, début des troubles flamboyants "étranges" à 17 ans après mon premier chagrin d'amour, j'arrivais cependant à plutot bien gérer études et vie sociale. Je "présentait" donc des troubles affectifs balaises, une hyper tonicité/depression colere majeures (premier état mixte ?), des troubles du comportementimportants, une alcoolodependance, un addiction au cannabis, une instabilité romantique, une jalousie pathologique, un TAG, 'en jetons plus ma cour est pleine. Egalement, des AM et automaltraitances diverses, dont une pseudo anorexie motivée par une privation alimentaire auto punitive. Une disscoiation quasi constante, des TOC (^hobie du noir et des "choses ouvertes" et très longs rituels de coucher)


J'étais suivie par une psychiatre psyk beaucoup trop à chier qui me traitait vite fait par AD et xanax, que je ne prenais pas. Elle fcontionnait par le pricnipie à la con de la frustration et ne tirait pas un mot des séances, elle m'avait diag "schizopheni paranoïde", tampon "à vie, rétablissement impossible" (pour les connaisseurs, ecole psychanlytiques des amis de Freud, donc il me semble anti lacaniens)


Mes motivations à exercer ce métier étaient évidemment cheloues, mais pk pas. Au départ j e destinais à des études de lettres, puis de psycho. Ma soeur ainé étant étudiantes en psycho, ma mère et moi avions décidé que ça ferait doublon et qu je ferais autre chose (wtf)

Le bac en poche (sans parcours sup mdr) (maths et lettres) j'ai... eu peur d'aller seule en fac de lettres, et la flmme aussi.

Mes ami-e-s du lycées étaient en Première, je ne me voyais pas seule à la fac dans une ville inconnue.


Ma mère m'a BEAUCOUP engagée à entrer à lInstitut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI)

Il s'agit d'une longue histoire transgenerationnelle, mere infirmiere scolaire, grand mere (naissance 1911, Suissesse) infirmière Croix Roug durant la WWII (j'ai hérité de son brasard, plaque de combattant, carte d'indityfication) et... soeur psychologue.

Je m suis dit "bon", ok", c'était "facile" et je restais chez elle, donc pas seule (un IFSI dans la même ville). Mes ami-e-s me soutenaient qu'il s'agissait d'un pire étier de erde et que j'y gâcherais mes talents. A vrai dire j'y ai développ des skills, éxercé mes talents et niqué ma santé mentale.


Depuis mes 11 ans je m'intéressais à la psycho e la psyk (mdr on se demande pk), avec des bouquins plus ou mois heureux, Bttelheim, Dolto, Freud, André... et grosso modo quand j'ai eu l'diée de devenir soignante ct dans le cadr de ma "mission dans ma vie", réparer les gens, sauver les gens, aider les plus discriminés d'entre les discriminé-e-s, les plus souffrants. J'ai conclu que les fol-le-s etaientles plus discriminé-e-s et go. Je vivais également un paradoxe psy, entre réparer et être réparée (un grad classique), soigner et être malade. Donc ma carrière, ça a été ifirmièr et folle, legit.


je pase vite fait mes études (3 ans) durant lesquelles j'en ai chié des ronds de chapeau, les infirmières encadrantes etant super partisanes de bapteme du feu ("j'en ai bavé je vais t'en faire baver" "tu vas roter du sang ùma biche" "la souffrance est formatrice", citations non contractuelles)

J'(ai pris bcp de rab de "santé mentale" en psy, ms deux stages optionnels (psy adulte et psy ado) et mon stage de êdiatrie( pedopsy)

au niveau théorique grosse merdo on n'apprenait presque rien à l'ifsi (deux modules "sant mentale" en troi ans, deux stages)


Il est à noter que je suis franco suisse et aurais pu travailler à genève voisine ("Belle Idée", leur HP) pour un salaire net triple mais... peur et flemme de faire la route, soyons lucides, pas de protections pro en cas d'arrêt, fucking loyauté envers l'hosto qui m'a formée.


Bref, 20 ans, diplôme, go psy adulte.


[vif du sujet vous pouvez respirer]


J'ai donc longuement (latrouille la honte anticipées) dérit le service, moi j'arrivais comme un bébé, paraisant mineure et frêle et une sorte de conscience pro/peur de nuire en béton armé.

J'ai beaucoup observé mes collègues experimenté-e-s, iels ont apprécié cette démarche. J'ai tâché d'apprendre ce quon nomme "le savoir être". J'ai éouté et lu beaucoup sur les ^pathologie psy (DSM III je crois alors)

Il existait dans le manuel "l'hysterie" la psychiatrisation de l'homosexualité et de la transidentité, j'adhérais et mégenrais, comme mes collègues.

Une barrière psyk était posée entre "les névroses" (j'ai entendu souvent "être normalement névrotique" soit NT) et "les psychoses" (les fol-le-s qui font peur et sont à redresser ou exclure en cas "dechec thérapeutique" ou de "non alliance au soin")


J'ai été prise dans l'esprit de corps, les elleux contre nous, le elleux sont fol-le-s et nous non, le pouvois accordé pa la position soignant-e. Les diagnostics à l'arrache faits par l'équipe infirmière.Ne jamais contredire un-e collègue face à un-e usager-e (un-e "patient-e") menan à des aberrations et de la maltraitance verbale et physique monumentales. Un usager "agité" en chambre forte ouverte avec été une fois, lorsque nous n'étios que deux dans le service, "raccompagné" à sa chmabre par mon collgue cisdude volotniers pervers, puis était revenu, super angoissé et furieux, me dire que le dit collègue l'avait frappé. Je savais que c'était vrai. Le collèguele traitait de délirant. Je n'ai rien dit, ni à l'usager, ni au collègue, ni au rest de l'équipe (homris Senseï) Globalement, nous, je, savais qu'il était un salopard violetn, on la fermait toustes, moi comprise et pourquoi ? J e crois même pas pour ne pas faire de vague" mais pour ne pas poucaver la profession entière.

C'était une cheville du travail d'équipe, protéger ses collègues les plus craignos, affronter les usager-e-s ensemble, ne jaais, jamais, se contredire devant elleux, prétexte "pour ne pas cliver l'équipe", réalité, pour ne pase mettre lae collegu en diffciulté, pour infantilisation (on garde les même discours devant les enfants) Ces accords tacites ^pur violenter les usager-e-s, notamment hypertoniques que "nous n'arrivionspas à sédater" (car une manie resiste bien au Clipxol SAP) surle discours "iel tape à la porte, iel fait chier". On s'est fait recadrer UNE SEULE FOIS, par un medecin assistant qui nous a rétorqué "eh oui, il fait chier, il fait son boulot de patient, toi tu es infirmière, tu vas le voir chaque fois qu'il frappe à la porte" . Ce discours n'est pas étayé politiquement, pourtant il l'est. Il transmets un mix entre "elleux" (iels souffrent, iels ont des demandes plutôt légitime ou du moins audibles) et "nous" (fais ton taff de soignant-e, prends soin des uasger-e-s)


Nous usions d'une grande violence dans le discours par rapport aux soins medicamenteux et de "cadre" (ce cadre qui baigne à toutes les sauces, tssss), je n'adhérais pas àl'idée d'autodetermination (chacun-e est libre de sa psyché et de son corps, ne pas prendre de ttt ou haïr le corps psy est legitime, par exemple, se médiquer, adherer au soin l'est autant)


"L'errance médical", c'est mal. Choisir saon soignant-e est mal, l'usager-e n'étant pas vécu comme apte à décider de sa santé psy, les psy* et soignant-e imposé-e-s comme toustes bon-ne-s sans distinction (même si nous, je, savions ce qu'il en était).

Un-e "bon-ne patient-e" (et j'en ai parlé dans un précédent billet) est cellui qui est "compliant-e", qui accepte aveuglémnt tout soin, qui ne remet pas en cause, par sa décision et son savoir, l'autorité médicale et soignante.

Lae "bon-ne patient-e" obéit et ferme sa gueule, iel n'est jamais en colère, ne répond jamais à la violence systémique, d'Etat, de soin, d'quipe, individuelle par sa propre colère (jugée invalide et signe de folie) et sa propre violence (poutant légitime à 99%). L"scalade symétrique" est fréquente et a des conseuqnces désastreuses : le "cadre" qui a zero sens (décidé unilateralement par l'équipe, voir un-e infirmier-e seul-e ou en binôme, construit uniquement pour le confort soignant) est forcement inepte et maltraitant, la réponse (logique) est une montée de colère et de violence verbale della/des usager-e-s y étant conronté-e-s, qui est souvent exprimée (des NAPA en état de folie aigue n'ayant pas accès à un masking bien prétique pour "l'équipe en face" cad les soignant-e-s), la réponse psy* est violence du cadre, du pseudo diag a l'arrache "paranoïde, processifve, délirant-e", du discours (menace d'enfermement, de traiteent nuroleptique lourdement sédatif, injonction à "se calmer").

S'ensuit souvent uneréaction physique minime de l'usager-e (tensionphysique,crispation des mâchoires, froncements de sourcils, regard noir, parfois un geste de frappe suspendu) et ça part en agression physique della usager-e, après avoir demandé "du renfort" (on disait "appeler les mecs", soit des dudes 67, pour "contenir" physiquement la personne, soit lui sauter dessus à 4 ou 5 et lae maitriser, avec pour certains collegues (je gere au masculin, pour le coup que des mecs cis), des coups placés en soum soum pendant qu'une petite meuf (assez souvent moi lors de ms jour travaillés, pratiquait l'injection contrainte en "expliquant" completment wtfement "essayez de vous detendre, ça fera moins mal", je dois dire quand je n'étais pas assie de tous mes 50 kg sur les jambes ou le dos de la personne pour la conserver immobile). Puis la clasutration en chambre forte.


J'étais pas bien... la première année, en faisant cela. Ensuite, comme dans la police je suppose (ou autre coprs d'Etat de pouvoir), c'était habituel, normal, pas le choix, c'est pour son bien. Et puis on est légitime, on a une prescritpion.


Mon déni de ma codition psy etait costaud. Je savais sans savoir. >Je le savais bien, au fond, que j'étais très souffrante et complètement barrée, mais je luttais contre cette évidence. Je me serai écroulée, je n'aurais plus pu tenir mon taff. J'aurais été "elleux". J l'étais, je ml'ignorais. Je ne voulais pas le savoir.


Paradoxalement, il m'était plus supportable de me penser "patiente de la psy de scteur". Comme je suis à la fois je dirais cogénitalement soumise à l'autorité et avide de feed backs maternants, rassurants, fiers, j'ai tout accepté des soins.Pendant 20 ans.


Mais oui je voulais me rétablir, être normie, avoir un mari, deux enfants et une maison avec un chiene t la gamelle avec le nom du chien. Ne plus souffri (c'est, n'en doutez pas, merde, NT et soignant-e-s, notre cas à toustes aller bie et accéder à la séréinité, et vous vous devez si vous être soignant-e nous le permettre en nous assurant encore et encore que notre souhait le plus cher, le repos dans la vie, nous est accessible et mérité, que nouspouvons nousrétablir, que nous pouvons vivre ac des symptomes fols, qu'un moins au sein de l'HP, l'asile au sens prorpe de fol-le-s, nous pouvons espérer être accepté-e-s et accueilli-e-s avec bienveillance et doucuer, que nous sommes aimables, que nous ne "méritons" pas toute cette souffrance, que nous nous "omplaisons" dans le malheur et que gneugneu on, on n'a pas besoin de s'aimer pour être aimé-e. Aimez nous, bordel)


Donc j'obéissais à tou sans questionner, je subissais tout, je supportais tou et je disais encore merci docteur.

Je suis restée suivie par ma psyk à chier (objectivement) durant 13 ans, si je n'allais pas mieux ce n'était pas dû à son ineptie et son non interventionisme absolu (j'aurais nécessité parfois d'être pousée au cul pour une hospit, ou au moins un arret de traavil quand j me présentais au taff en état alrvaire pa lavée, ou bien foll et dechirée).

J'ai supporté une longue hospit très maltraitante, la clautration en iso, sans matela, sans douche, sans pyjama, sans mes lunettes et sans livres parce qu"o peut se faie du mùal avec" (comprendre pour vous punir connasse) pendant que le psychiatre écrivait sur mon dossier(que j'ai récupéré) "dort nue sur une couverture..." comme si c'était mon idée et ma folie, j'ai supporté des doses massives de Loxapac (le douBle de l'AMM), je le réclamais même, pour dormir tant la claustration m'angoissais, jusqu'à avoir le cul entièrement bleu avant que qui que ce soit ne se dise que si je le demandais en IM on pouvait aussi bien me le donner par la bouche, avec la chute de tension à 5/2 quand le personnel m'a lav les chvux de force parce qu'il "faut laver les cheveux" (????) en me trianant sous les aisselles car je ne tenais plus debout, j'aisupporté de aver, d'avoir des galactorrhées qui mouillaient mes hauts, d'être recousue sans xylo en serrant les dents, de me faire engueuler, j'ai supporté une hypokaliemie severe qui a failli m buter (source de mes infos, les resultats donnés oralement par le medecin et exploité par un pote interne aux urgences eu au téléphone), j'ai tout supporté en serrant les dents, j'ai supporté quand la psychiatre m'a dit que "le sens de la chambre forte" était pour elleux de "voir si vous y survivriez" (soumise, j'avais dit telle un perroquet "ça m'a contenue, j'en avais besoin") en ajoutant "nous [NOUS] n'en étions pas sûr-e-s", j'ai supporté et en pratnt j'ai offert des chocolats à l'équipe.


J'ai été sanctionnée et stigmatisée (diag du service : PN)


Collegues soignant-e-s, écoutez. Lisez. Ecoutez et essayez d'être bienveillant-e avec les usager-e-s dont votre mission est de les aider, envers le systme s'il faut, pas de les mater pour les faire entrer dans un cadre de gré ou de force.

Pour tout vous dire, à l'époque je me maltraitais durement, toute ma violence psy et physique etait dirigée contre moi, par sa violence ce service m'a permis d'être encore plus durement maltraitée et de finir de me convaincre que je le méritais, que j'étais une merde quine valait que d'être cotrainte, violentée, dont l'integrité physique et émotionnelle pouvait $être enfreinte à loisir, que je devais toujours plus me soumettre, qu'il fallait "me dresser, me faire filer droit", qu'il allait me "corriger".

Cette hospit a eu des sequelles dont je porte encore des traces. J'avais 22 ans, j'en ai 48. Ces maltraitances m'ont empêché de me rétablir pendant des décennies. M'a marquée au fer rouge. M'ont confortée dans mes patterns  dysfonctionnls et dangereux, dans ma haine de moi. Je suis encore très en colère et je ne sais plus contre qui, contre quoi.

Parce que telle était ma folie, parce que travailler en psychiatrie avait renforcé des défenses et des idées pourries préexistantes, parc que travailler en psy avait fini de me rendre psychophobe, et comme je ne pouvais dé"truire mon inaceptable folie, mon péché originel, j'ai beaucoup tenté de me détruire moi, avec la complicité d'équipes de soins qui n'en pensaient pas moins.


Ne tentez pa de forcer le déni ou de passer par delà à tout prix. Quand on a la responsabilité de la vie d'une personne humaine, "à tout prix" n'existe pas.

Documentez vous auprès de concerné-e-s, rejoignez vos pairs si vous êtes concerné-e-s (on a absolument besoin de soignant-e-sfol-le-s).


Ne perdez jamais de vu la survie des usager-e-s (car, avc le recul, oui, la contention peut sauver des vies, ainsi que l'injonction pour aider à "dépercher", on a trop de camarades mort-e-s AUSSI par refus de soins) Mieux vaut un-e usager-e-s qui vous haitd'un être humain suicidé, votre mission au taff n'est pas d'être rasuré-e sur votre empathie et vos capacités propar les uasger-e-s mais à minima de ne pas faire de la merde.

Laissez vous être supervisé-e-s (notre équipe le refusait, pa de nez exterieur dans nos affaires, on lave son linge sale en famille n'est-ce pas)

Normies, NT, prenez aussi soin de vos collègues qui semblent souffrant-e-s (alcool, autres produits, depression, burn out, psychose suspectés)Parlezde ce qui ne va pas dans le comportement. On m'a trop longtemps laissée arriver au travail cuitée de la veillesans rien me dire. On m'a trop vue confuse à cause de zolpidem sans rien me dire. On m'a trop laissée travailler dans des états d'hebtude sans rien me dire.

Vous ne m'avez pas protégée, vous n'avez pas protégé l'équipe, vous n'avez pas protégé les uasger-e-s.

Par la loi du silence, on a toustes fait de la merde en barre.


Ne harcelez pas lae collegue bizarre, sous produit, avc defaut d'uaot soin, comme je l'ai été. Posez juste un stop. Faites remonter au moins aulla N+1, essayez de trouver des solutions avec lae collegue, protégez les usager-e-s bordel, ça n'aide personne de laiser un-e collégue taré-e et souffrant-e travailler.


Cett psychophobie/protection/omerta a eu des consequences encore plus tragiques pour un autre psychiatre chef, le Dr L Ce mec était en depression melancoliforme depuis genre toujours.


Il avait donné un cours sur la mélancolie à l'IFSIet il etait en mode exemple en même temps que description du cas, avec sa voix "monotone, monocrde, basse et lasse"


Bien sûr nous étions nombreuxses à le voir et le savoir, on ne disait rien, surtout pas àlui, surtout pas à sa femme. Ni Sensei, moi ou quelques autres infirmier-es, ni la psychologue survivante de TCA restrictives et surtout pas ses confreurs.


A un moment le discours du Dr L est devenu plus que critique. Son épouseétait à raison pniquée car il lui avait proposé le suicide à deuxpour ne pas la laisser seule. Il dévidait ses idées noires à ses confreurs, leur demandait la méthode de suicide la plus "efficace"... et quand les confreurs les plus proches lui ont vaguement suggré de l'aide, il refusait net. Il deniait être mélancoliforme, parc que ça fait partie de cet état psy sentiment d'incurabilitéetc) et parce que ça l'aurait classé "elleux".

Pour cette dernière partie ses confreurs n'en ensaient pas moins. Une HDT a été évoquée vite fait mais "il est quand même psychiatre, sa réputation, son statut". Srx.

Pendant qu'on se tirait tous la nouille à conserver le secrt de s folie, il peaufinait son scenario sucidaire, pour au fial mourir pendu, suicidé. Dans son bureau des consultations externes. Entre deux consultations.

Ensuite, tout le monde a été bien tiste, très vagument coupable ("c'est moi qui lui ai coseill la pendaison" mais wtf) et hop, suicide du Dr L, eminent psychiatr et fou, a été balayé sous le tapis, tandis que toustes les usager-e-s dont il avait la charge étaient profondément choqué-e-s, parfois traumatisé-e (notamment l'usager reçu juste avant le suicide) Circulez, y'a rien à voir. Un "incident" humain sur le RER B.


Trop de no camarades NAPA, trop d'entre nous, souffrent et meurent des consequences de la folie et de la psychophobie systemique occasion une aggravtion de la souffrance, un isolement des defauts de soins.

Tropde camardes npa et soignant-e-s se refusent l'accès au soin à cause de ce fucking fonctionnement interneet externe.


Celleux d'entre nous qui ne sommes pas en colère sommes abattu-e-s et déprimé-e-s, cassé-e-s par ce systeme.


Je suis passée super légèrement sur les autres oppressions. Etre une meuf cis est encore plus copliqué à l'HP. L shysteriques, c'est nous. Notre colère et notre violence sont encore moins bien acueillies. Nous subissons des VSS de la part d'usager-e-s cisdudes, sans olution proposée par l'équipe, et de la art de soignants (ouvrez les yeux merde et croyez nous) Comme dans toute la société.


Comme dans toute la société, prévalent racisme, LGBTQI+ phobies, islamophobie, antisemitisme,...

N'étant pas concernée, j'ai préféré fermer ma gueule plutôt que d'étaler des traitements inqulifibale alors que je n'ai pas une seconde afronté mes collègues les fois où je me sentais en oppostions. Mes camarades POC, queers, j'estime ne pas avoir à faire subir ce discours, s'il n'est pas demandé, à mes freurs enfolie opprimé-e-s de bien des façons. Je serais maladroite sans doute pour proposer une interprétation, je ne peux legitimement pas me mettre en olère "à la place" ou risquer de faire, ecrire de la merd en barre. Je suis cependant tout à fait open à en parler avec les concerné-e-s (en sachant me taire), à co ecrire un billet avec un-e/des camarades ocerné-e-s, et mieux, de laisser la place à un-e camarade oncerné-e pour publier son billet s'iel lesouhaite, ou de le linker.


Collegues, informez vous, éduquez vous, accpetez que la foli et le soins ne sont pas une dualité, une dichotomie, mais l'expression d'un état chez un-e humain-e, quel que soit sa profession. Vous avez le droit d'être fol-le et soignant-e. Vous avez le devoir d'y reflechir. SVP n'envahissez pas nos espaces sans y être covié-e-s si vous etes NT. On s'en branle un peu de otre discours, on est nombreuxses à en savoir plus long que vous, empiriquement e théoriquement, parce qu'on est nombreux à s'éduquercause pas le choix.


Bientraitez nous. Pensez. Réfléchissez. Dénoncez. Résistez. Aimez nous

jeudi 25 mars 2021

Une soignée parfaite(ment dépendante) ?

 

Je suis mignonne

Je vais un peu raconter ma life mais je pense qu'il s'agit d'un sujet qui peut concerner pas mal de NAPA, notamment celleux qui comme moi ont des problèmes d'ordre affectifs et d'estime de soi. Et aussi de volonté féroce d'aller mieux/bien.


Cette dernière année je me suis beaucoup "normalisée". Reprise de contrôle de mes TCA, arrêt du tabac, de l'alcool, beaucoup de sport. Selon les souhaits de l'infirmière du CMP, aller vers des normies avec une inscription en salle de fitness (ça m'a coûté), relations diverses avec un institut de beauté, une coiffeuse, pour me poupourser et parler avec ces meufs géniales.


Ecrire, lire, mais aussi marcher, avoir de bonnes relations avec le conjoint. Faire une formation d'écrivain public, la reussir.


Une personne rétablie, "normale".


Je me suis quand même rendue compte à certains moments, notamment de conversations avec le conjoint, que je restais fragile et étrange, pas très autonome dans le fond, toujours folle. Ca m'a fait flipper (ma vulénrabilité) et perturbée.


Dernièrement j'ai reconsommé de l'alcool, j'ai rechuté dans le tabac, j'ai abusé du valium prescrit, j'ai vécu un épisode dépressif.


Je me suis rendue compte que j'attendais beaucoup des structures de soins, CSAPA comme CMP, comme si je me disais "bon allez je peux boire, j'appellerai l'addicto". Me reposer beaucoup sur elles, reporter la gestion de mes dépendances sur elle. De là, aller mal, ou rechuter, pour ne pas voir s'espacer les rdv, se relâcher la prise en charge.


La dépendance est bien là, autours des soignant'es et la demande de validation aussi. Ca m'a bien fait chier.


En y réfléchissant, j'ai toujours été très au taquet des feed backs de mes soignant'es, notamment psy. Jeune fille et jeune femme je vouais une confiance aveugle en les médecin'es et les psychiatres/psychologues/infirmier'es.


J'ai pourtant vécu de la maltraitance à l'inepte le plus total. Mais je m'accrochais, je voulais être une bonne soigné'e, qui fait ce qu'on lui dit de faire, qui distrait et épate lae soignant'e.


Et si je n'allais pas mieux c'est que je n'étais pas "suffisamment bonne". Paradoxalement si j'allais mieux je n'étais pas suffisamment mal pour bénéficier de leur attention.


J'ai rencontré des soignant'es décent'es et plus que décent'es même, vraiment aidant'es.


Mais je reste dans ce truc de leur plaire, j'ai peur de les fâcher, même si je me positionne de façon plus égalitaire. Je cherche leur approbation. Je leur confie ma santé psychique.


Ainsi je pose un angle de réflexion sur "qu'est-ce que je pense que l'autre attend de moi" et "qu'est ce que j'attends des soignant'es". Iels ne sont pas des ami'es ou des parent'es. Ou des patron'nes. Je ne leur dois rien (à part le respect de base que je dois à toustes) et je n'ai pas "d'obligation de résultat".


Je ne veux plus être cette personne en quêté de câlin et de mots doux. Je veux reprendre la main sur ma psyché.


samedi 9 janvier 2021

Psychophobie et terrorismes

 


Crédit : Street artist Obey


La psychophobie et les terrorismes sont un vaste sujet sur lesquel je tenterai d'être concise pour ne pas m'embourber dans des terrains glissants comme une patinoire.

Vous savez que les insultes psychophobes et les désignations des terroristes comme fol'les pleuvent à chaque "attaque". Je mets "attaque" entre guillemets car ça va de la tuerie de masse, supremaciste blanche comme "islamique" à la personne (selon mon propre recensement principalement des mecs cishet) qui tuent et plantent à la one again.

Mon propos n'est pas de minimiser ou excuser les actes terroristes, de quelques bord qu'ils soient.

Je noterai la différence de traitement entre le terrorisme perpétré par une ou des personnes blanc'hes et le terrorisme perpétré par une ou des personnes racisé'es.

Dans le cas des blanc'hes il sera toujours individualisé 'la fameuse théorie du "loup solitaire") et dans 'autre cas confrontera toute une population, sommée de se désolidariser des cates commis par un ou deux trois gus.

Le plus souvent les auteurices seront traité'es de "fol'les".

Soit la personne même l'est, soit la population cible l'est, vieille rengaine des fol'les meurtier'es.

Or et je ne vous apprends rien les terrorismes sont politiques, soutenus par une idéologie, le plus souvent organisés ou soutenus par des personnes IRL ou IVL.

Maintenant je m'inquiète pour mes adelphes fol'les en proie à des délires mystiques. Au cours de ma carrière, qui date, j'en ai côtoyé plein. J'ai moi-même déliré sur des thèmes mystiques (paganistes dans mon cas) et je ne compte plus le nombre de Jésus parcourant les rues de telle ou telle ville.

La différence de traitement se voit ici aussi (je n'ai jamais rencontré de wanabe Mahomet par contre, je tiens à le signaler, peut-être que depuis 2015 ça s'est boosté je ne sais pas)

Si je cours dans les rues en criant "je suis marie" "au nom de dieu" ou même "montjoie saint denis", en tant que femme blanche (les deux importent) je ne risque "que" l'hospit sous contrainte. Un jeune homme d'origine maghrebine ayant le même comportement en public concernant des références musulmanes risquera une balle dans la gueule.

Il s'agit ici pour les normauxles d'altériser d'une part lae fol'le, d'autre part lae criminel'le et de les renvoyer face à face dans une même déshumanisation.

La normalité ne peut se construire que par rapport à l'antimiroir de l'autre, lae marginal'le, lae "fol'le de dieu" (wtf), lae criminel'le.

Les humain'es ne sont pas des êtres doux dépouillés de toute malignité - bien au contraire, tmtc.

Le racisme, l'islamophobie, la psychophobie ont hélas de beaux jours devant eux.

Enfin je vous renvoie à la loi Hopsyweb 

https://www.santementale.fr/actualites/le-conseil-d-etat-rejette-les-recours-contre-le-decret-hopsyweb.html

qui vise à ficher les personnes hospitalisée sous contrainte en psy dans la cadre de la loi anti terroristes (???)

Dans ce contexte anxiogène, fliquant, fascisant, je vous envoie mon meilleur soutien mes adelphes, surtout racisé'es, surtout musulman'es, et on n'oublie rien, surtout pas le trinagle noir des "inadapté'es"

jeudi 13 août 2020

Cycle circadien en HP

 



Alors y'a un truc qui me stupéfie toujours en HP, et cela que j'ai été soignant comme soigné, c'est que le Cadre Thérapeutique veuille qu'on dorme LA NUIT.
Pas quand on en a besoin, pas selon notre rythme, pas selon notre thymie ni notre niveau d'angoisse, ou le flux de nos pensée. Non. A 23h. Jusque 7h, là il faut se lever.

Alors durant mes premieres hospits j'étais un oiseau de nuit, je gribouillais dans le couloir dès minuit.
Ben oui pour pas réveiller ma voisine ni faire chier personne, j'allais dans le sas entre notre chambre et le couloir et j'ecrivais des lettres. Y'avait pas de smartphone à l'époque.


Non seulement c'est absurde mais en plus c'est maltratitant vu que coercitif : dès 23h, plus le droit de fumer. Il faut être au lit et dormir.
Les insomniaques peuvent se brosser. Les dépressifs qui se sentent revivre vers 20h aussi.

Les hypersomniaques et les gens assomés par leur traitement aussi : souvent j'ai été confrontée à des chambres fermées deux heures le matin et deux heures l'après midi.

Et cela pourquoi ?

Pour qu'on ne dorme pas le jour et donc qu'on dorme LA NUIT.

Sauf que quand on est un oiseau de nuit la nuit ben on dort pas mieux on s'épuise juste. Et si on est hypersomniaque ou hypermédiqué c'est juste de la torture.

Parce que les chambres fermées de 13h à 15h je m'en souviens, ben quand tu viens de manger un repas et un tercian 100 t'as besoin d'une sieste.

Et ceci pour no fucking reason à part foutre la paix aux infirmiers de nuit. Je crois. Qui dorment, eux.

On a tous un cycle nyctameral. Certain-e-s dorment le jour, d'autres la nuit. Deal with it et arrêtez de torturer les gen-te-s

vendredi 3 avril 2020

Confiné-e-s, NAPA et NT



Mars 2020, une pandémie nous confine toustes à demeure.
Seules quelques rares sorties sont autorisé-e-s.


Cela à plusieurs impacts sur les personnes NAPA : difficulté d'accès aux soins, interdiction de l'accès des usager-e-s aux CMP, HP en minimum vital, ici service d'addicto réquisitionné en unité Malades psy covid+...
Les consultations se font par télémédecine, au téléphone. Les ordonnances se font renouveler périmées, ou faxer/mailées par les praticien-ne-s.

Certain-e-s voient avec angoisse leurs habitudes changer (personnes avec TSA). D'autres supportent mal la claustration (TADH, hypomanie, manie, etc), les toxicodépendant-e-s se galèrent.


MAIS les NT aussi sont impacté-e-s.
Leur discours change : plus question de nous enjoindre à sortir prendre l'air, à voir des ami-e-s et s'amuser.
Le discours "bright side of the life" leur parait subitement chelou (c'est con comme message hein ?)

Iels sont toustes tendax : iels se rendent compte de ce que ça fait de voir l'extérieur comme dangereux, les autres personnes comme menaçantes.
Iels se rendent compte de ce que c'est de se sentir vulnérables. De ne pas avoir accès aux soins. Qu'on ne trouve ni vaccin ni remède pour leur pathologie. Qu'on ne les diagnostique pas. Que leurs maladies "un peu moins grave" les médecins balek.

La radio, la télé, les spécialistes, les bonnes âmes sur les RS : tout le monde leur intime de faire du sport, du yoga, de méditer, de colorier des mandalas, de s'introspecter, d'être utiles à la société en cousant 200 masques/semaine, de manger sain, de ne pas picoler, de respirer profondément : et iels se rendent compte QUE C EST CHIANT ET QU IELS Y ARRIVENT PAS.

Les plus taquin-e-s d'entre nous en profitent pour les bombarder de leurs propres recettes de tisane au thym perlimpimpim et appli de gainage et de taiji. C'est pénible hein ? On n'a pas envie hein ?

Confronté-e-s à la solitude iels craquent à J4. NT comme valides physiques expérimentent l'isolement, la restriction de mouvements. Iels doivent PRÉVOIR. Ça leur semblait si simple lorsqu'iels nous disaient de le faire. Les blagues sur "je deviens fol je parle aux meubles" ne font déjà plus rire à J10 : iels deviennent vraiment fols.

Ici je dois avouer que le conjoint Nt et valide se porte bien : son rêve de geek est de ne jamais sortir, et il télétravail.

Celleux en chômage technique en peuvent plus de rien foutre. Iels s'ennuient. Iels nous gavaient avec le manque de temps pour s'épanouir et "se retrouver", les week-ends et les vacances et là 15j de repos forcé sans pouvoir aller à Londres ou Hawaï et iels nous fondent un boulon d'ennui, et constatent que la nature humaine va plus vers Netflix chips que vers l'integrale de la Recherche et revisionnage de Godard.

ET nous bah... Moi je dois être une des seules personnes du pays à moins consommer d'alcool que d'habitude, alors que je suis alcoolo dependante, je continue à faire mon sport et je supporte de glander sans culpabiliser. Mes ami-e-s NAPA supportent chacun-e selon sa condition. Mais ont a toustes blanchi sous le harnois, la galère ça nous connait.

Donc ami-e-s et allié-e-s NT : rappelez vous que vos conseils habituels, à pratiquer, c'est mort.

bisous (avec un mètre de distance)


jeudi 6 février 2020

Mérite, souffrance, normopathie

Je mets une photo de Clotilde seksy parce que ça fait toujours du bien
 
 
Ces derniers temps j'accomplis beaucoup de chose de normauxles, je fais du sport, j'arrête de fumer, j'étudie pour devenir écrivain public, etc.
Ca a viré à l'obsession mode no limit (4h de sport par jour toussa) et j'ai écouté mon corps (épuisé) et l'être aimé "ça devient flippant ton truc"

ET puis... et puis dernièrement je me suis mise à faire des rêves où je devais aller au taff, mais n'y allait pas, où je volais des bijoux et me faisais serrer, où je devais aller en cours, mais je trainais... avec trois quatre reveils par nuit sur ces reves désagréables où je me rassurais avec pas mal de comfort food. Et des journées sous le sceaux d'un sentiment de culpbilité diffus, d'avoir à faire quelque chose que pourtant je ne faisais pas mais quoi ? de me sentir coupable de glander alors que je ne glandais pas, d'usurper les accomplissemnts d'un-e autre, que je ne méritais pas.

Tout cela j'ai mis plusieurs semaines à le mentaliser, j'ai surtout vécu dans un malaise diffus et assez gloubi boulga.

Ce matin j'ai vu O., ma psychologue du CMP. Je lui ai exprimé ce sentiment et imédiatement elle m'a dit que cette histoire de mérite était un sujet très politique.
Des indices m'avaient déjà donné à voir qu'O. est politisée et pas mal deconstruite. S'en est ensuivie une consultation très bénéfique pour moi tant au niveau du grain à moudre qu'au soulagement immense.

On m'a biberonné des devoirs, on m'a biberonné une dette, celle de la Vie. Il a fallu que j'attende la quarantaine pour entendre (de la bouche du conjoint) que la vie est un don qui ne demande en aucun cas un remboursement.
On m'a biberonné la folie, la toxicité, l'estime de moi sous la barre du zéro, le devoir d'être malade, d'être un déchet, d'échouer. On m'a biberonné le paradoxe "fais cette grande reussite que de toujours échoué".

Mais oui, le mérite c'est une histoire politique. "On n'a que ce qu'on mérite" "le négatif attire le négatif" "tu te complais dans ton malheur" "tu refuses de te faire aider" "tu vois tout en noir" "il faut avoir la gagne pour réussir" "si tu veux vraiment tu auras".

Tmtc ami-e fol. De. La. Merde. En. Barre.

Dans la vie on n'a jamais ce qu'on mérite, que ce soit en bien ou en mal. Obtenir, souffrir, ce sont des conjonctures, des croisements d'efforts mais aussi de chance, de rencontres, de privilèges ou oppressions subies. Des cocktails polyfactoriels.

On n'a pas que ce qu'on veut on a surtout ce que l'on peut. Dans l'absolu tout le monde veut aller bien. Certain-e-s ont des obstacles à cela, mais plus comme des tabous insérés insidieusements dans les cerveaux que comme des manques de volonté.

La société fonctionne au mérite. La société dysfonctionne fuassement au mérite. Les plus blancs, minces, valides et beaux, et bourgeois, accèdent à ce qu'ils désirent fort (ou pas). Les autres restent sur la route.
Je n'en peux plus d'entendre ce terme de méritocratie qui n'a même aucune espèce de sens. Tout le monde mérite de vivre dignement, et à l'IFSI on m'a appris que la santé n'est pas simplement une absence de maladie. La dignité c'est pas seulement qu'on ne nous crache pas à la gueule. C'est avoir une sérénité interieure, la possibilité de se mouvoir (avec ou sans aide exterieure, en tout cas d'avoir accès à tout), à manger sur la table et la possibilité de manger, et de la qualité et du bon, un toit sur sa tête qui ne se casse pas la gueule, qui ne plombe pas le budget, des loisirs, des plaisirs, des amitiés, des amoures.
Absolument tout le monde mérite cela. Personne n'a de meilleure ou moins bonne place dans la société. Personne n'est plus ou moins utile. Ca nous est d'ailleurs présenté bizarrement, les emplois rémunérés étant les mieux payés et les plus gratifiants et valorisés socialement, et qui font dire que cette personne a beaucoup de mérite.

Mais moi aussi j'aurais aimé faire 15 ans d'étude même si c'est du travail de passer les diplomes. C'est un travail que j'aime. D'autres n'aimeraient pas ça, juste jouer a la box 14h/j, ou juste créer, ou juste faire du sport, ou juste donner du bien etre a leurs pairs. D'autres à taffer sur leur ordi 50h/semaine et gagner what mille K. Chacun-e ses priorités. Mais aucune ne prevaut.

O. m'a répété et répété ça, j'ai autant ma place avec autant de mérite dans la "société" que n'importe qui. On me présente le flash de l'alterité. Nous, fols sommes altérisés, par les médias, les politiques, les quidams, les policier-e-s, les soignant-e-s. Au même titre que d'autres minorités ou populations discriminées (et en cadeau on peut combiner)
La folie c'est l'autre le dangereux l'intuile le parasite.
La folie c'est aussi bien pratique pour se définir en tant que normal et se dire que sa place au soleil gagnée à piétiner la gueule des opprimés on ne se la doit qu'à nous.
Nous fols entendons chaque jour que nous ne "faisons aucun effort". Nous sommes si coupables de douiller, nous sommes si coupables d'en chier, nous sommes si coupables d'être bizarres, si seulement on le voulait un petit peu on pourrait s'intégrer. Tu vois moi je fais du yoga ben ça va bien. Tu vois moi des fois je suis triste eh bien je vais quand même au travail et je pense aux fleurs et à nouveau la vie me sourit. Tu vois moi je mérite, tu vois comme tu n'es qu'une merde. A quel point tu es une merde, à quel point tu es autre, me prouve combien je suis normal-e, combien je suis meritant-e de ne pas me "laisser entrainer" dans de mauvais penchants vicieux. (une dame temoin de jehovah m'a dit une fois que les fols etaient des enfants de satan irrecuperables et au fond elle ne difere pas trop des normies)

On nous fait miroiter le merite. Et en entretenant ça on nous garde la tête sous l'eau ce qui permet de toujours dysfonctionner, de fonctionner sur le dos des fols blanchis sous le harnois du rejet et de la stigmatisation, en plus du poids des souffrances.


Dernièrement j'ai pas mal posté sur le sport et j'ai entendu beaucoup de choses justement sur mon mérite, sur combien j'étais inspirante, impressionnante, forte, admirable.

Mais non les gen-te-s. C'est simplement très facile de faire des choses quand on va bien. Ca me rappelle à chaque fucking fois combien vous deviez penser que j'étais une merde quand je me lavais une fois par mois et passais mes journées a regarder Gulli en buvant du pastis, aux prises avec une angoise massive malgré des neuroleptiques au gramme.
Pourtant i était là l'authentique exploit, à prendre cette douche mensuelle. Pourtant là vous auriez du 'madmirer et me glorifier de survivre.

Votre admiration actuelle je l'emmerde. Reflechissez un peu à tout cela, deconstruisez vos privileges et vos merites, vous qui n'arrivez pas à faire une heure de velo par semaine alors que tout va à peu près bien dans vos vie, plutot que de conseiller du yoga à des gens qui raclent un miroir des ongles pour arriver a 'extreme rebord de la survie.

Fuck le mérite, il est comme la cuillere (des fols) il n'existe pas.

mercredi 18 décembre 2019

NAPA et autodérision, où, quand, comment... pourquoi ?





L'autoderision est un vaste sujet.

Je passerai vite fait sur le fait que c'est l'argument moisi de la cohorte ds "On peut plus rien dire hoalala second degré autoderision" des gen-te-s qui rint jamais d'elleux-mêmes mais toujours aux depends des autres.

L'autoderision est donc une forme d'humour assez amère consistant à rire de soi.

Cela peut-être très sain à mon sens, se mettre en perspective, ne pas se prendre au sérieux (mais why en fait ne se prendrait-on pas au sérieux ?), ne pas choper un gros melon, dédramatiser ses défauts.

Quand on est NAPA je trouve que cela recouvre d'autres couleurs (comme dans le cas de toute personne subissant une/des oppressions sytémiques et riant de ce statut même comme une forme d'humour noir)

D’abord il convient de savoir avec qui on use de cet humour, car l'ayant beaucoup pratiqué je dirais qu'il s'agit chez moi dans 95% des cas de rire AVEC moi avec des non concerné-e-s afin de me donner l'illusion que celleux ci ne rient pas DE moi contre mon gré. De fait je me soumets à leur domination et à leurs moqueries en apportant de l'eau à leur moulin (par désir de me rendre actrice de cette maltraitance, d'essayer de la retourner, ou simplement ne pas en vivre encore plus en se faisant taxer de mauvaise joueuse)

Or que savent les non concerné-e-s de mes vécus, de mes émotions, de mes symptômes et de leurs impacts réels sur ma vie quotidienne et intra psychique ? Ce qu'ils en voient (et peut donc paraitre absurde ou comique) donc peanuts.

Rire de soi aka de sa condition psy ou neuro avec un-e non concerné-e c'est donc rire de la condition, des symptômes flagrants, de situations semblant cocasse quand on ne les vit pas (mais qui peuvent en fait être très anxiogènes ou douloureuses) dont on préfère "rire plutôt que d'en pleurer", souvent, consciemment ou non, pour ne pas embarrasser la personne non concernée avec des vécus lourds et répétitifs (oui la souffrance ça dure, des semaines, mois années, decades)

Or, ralcu de ne pas embarrasser les NT avec ma souffrance.

Politiquement c'est également problématique car on peut alors être tokernisé-e et devenir la caution de propos psychophobe "oui mais ma pote Julie elle rit de ses hallus alors en rire ce n'est aps problématique" (existe dans toute forme de discrimantion systemique, btw)

J'ai nité une deuxieme chose, notamment concernant ma maladresse. Cela braque le projecteur dessus "haha j'ai encore cassé un verre, c'est bien moi ça" "tiens tu as renversé ça, tu as fait ta Julie" etc, renforcent chez les autres l'idée que je suis toujours maladroite et que je suis LA SEULE à effectuer des mouvements maladroits. Cela apporte un biais à la perception de boulettes faites par moi et par les autres (je n'en fais pas tellement plus non plus)

Ca ancre l'idée de la pregnance du symptome, àa ancre une certaine idée de moi - plus globalement ça ancre des préjugés.

A titre personnelle je ne souhaite donc plus user d'uaotderision au sjet de mes troubles schizo affectifs avec des NT, voire avec des personnes NAPA ne vivant pas de condition psychotique.


Rire de soi par devers soi (rire tou-te seul-e, tourner en dérision une voix, une réaction à une situation ect est à double tranchant cez moi. Cela a le côté de dédramatiser, sur le moment ou à distance, unmoment embarrassant ou douloureux, porteur de culpabilité et de honte le plus souvent (avoir ressenti de la honte en public, avec l'impression d'avoir fait une connerie). Dans le même temps cela donne du grain à moudre à ma culpabilité en, quelque part, al légitimant à mes propres yux. Or j'arrive dans un moment de mon cheminement où je tente de me dégager d'une enfance et d'une adolescence où mon education a atomisé toute parcelle de confiance en moi que j'aurais pu avoir ou acquerir et m'a chargé d'une dette morale imaginaire irremboursbale et infinie. Je ne souhaite plus me charger de ce fardeau et c'est une réelle lutte à bras le corps pour m'en dégager, je pense que cela passer apr un condition de certaines de mes attitudes envers moi-même, vers plus de bienveillance et de neutralité et moins de moqueries.

Mes hallus auditives sont chiantes dans le sens ennuyantes ? (oui entendre "les carottes sont trop salées" murmuré dans la pièce à côté c'est ps hyper fascinant c'est wtf) Eh bien au moins elles sont neutres et ne m'agressent pas, ne me font souffrir qu'a minima parce qu'elles me surprennent et me donnent le sentiment d'être étrange ou que je perds le contrôle sur mes sens et mon cerveau (je bugue quoi)

Je parle bien là de rire de ses troubles, pas d'autres caractéristiques moins discriminées socialement (comme pour moi reste douloureux de rire de sa grosseur, de ses troubles cognitifs, de sa présumée laideur, de sa timidité etc) En mettant un bémol sur le fait que je ne vais pas minorer en m'en moquant les rares trucs que je trouve bien chez moi parce que ce serait honteux d'être contente de moi.


Enfin, rire de soi, de sa condition psy ou neuro, des se symptômes ou côtés apparents avec d'autres concerné-e-s me semblent par contre soulageant et ici réellement aidant. On parle entre personnes qui savons ce que recouvre la partie emergée de l'iceberg et la part de souffrance derrière ce que l'ou nommons surégair, dramatiser, etre bizarre, avoir eu l'air tarte etc, entre personnes qui vivons/avons vécu les mêmes experiences sociales et intra psychiques, et comme souvent on est davantage bienveillant avec autrui cela permet de se décaler 'une position d'autoflagellation pour accéder à un réel second degré (sens sous le sens) ou une réelle ironie (exprimer le contraire de ce que l'on pense vs etre cynique et le penser à moitié et être caustique)


Je concluerais pas : l'autoderision, en user avec parcimonie et avec des ami-e-s concerné-e-s, pour moi en tout cas. J'ai cosncience d'être maintenant rétablie et pouvoir m'ofrir ce luxe, il s'agit d'un privilège dont tou-te-s personne NAPA ne peut pas user

vendredi 6 décembre 2019

Mon expérience de la lamotrigine

Votre lamotrigine du jour servie sur un plateau
 
Voilà environ six mois que je suis sous lamotrigine (princeps : Lamictal)
 
Il s'agit d'un régulateur de l'humeur (thymoregulateur) aux effets legerement stimulants, un peu comparable au lithium dans ses effets sans les inconvenients de la prise de sang regulière.
 
Elle doit être introduite très lentement, par paliers de 50mg en surveillant bien sa peau car elle peut causer de sérieux effets indésirables cutanés.
 
Ma forme de schizophrénie (troubles schizo-affectifs) est bipolaire (on pense maintenant qu'il s'agit d'un même spectre, schizophrénie et bipolarité), génétiquement on est assez chargés bipo dans ma famille paternelle (cause de bipolarité génétique reconnue depuis longtemps) et ma forme est dépressive. J'ai connu les accès maniaques, les états mixtes, les periodes melancoliformes voire catatoniques.
 
Ces dernières années les symptomes typiquements psychotiques étaient en arrière plan (peu d'hallucinations, peu d'idées mystiques ou délirantes) grâce à l'hugiene de vie, au Risperdal action prolongée et aussi grâce à une solide et efficace psychothérapie par une psychologue clinicienne. Les mouvemens d'humeur étaient aussi moins francs et moins longs (phases de deux semaines à un mois, typiquement quinze jours hypomane avec conso d'alcool majorée, oniomanie (achats compulsifs frénétqiues) hyperactivité, suivies d'un mois d'papathie et de tristesse)
 
J'étais par ailleurs sous antidepresseur ce qui a fini en l'augmentant par déclencher un état maniaque assez pénible à vivre (pas trop d'éclatement car me contenant beaucoup mais une immense tension et un grand besoin de me défouler physiquement, de crier, et de me focus par moment)
 
Au final ma psychiatre a arrêté l'antidepresseur (paroxetine, pire sevrage ever) et a introduit la lamotrigine (j'étais devenue impossible à piquer même en artériel) à la faveur d'une cure de sevrage en HP.
 
Je suis maintenant à la dose efficace et je dois noter une nette amélioration : lissage des mouvements thymiques, plus d'oniomanie, plus de phase apathique, on va dire sortie des contraintes exterieures plus de variation intrapsychique et un bon dynamisme soutenu depuis quelques mois.
 
Je n'ai pas ressenti d'effet indésirable notable (pas de sensation de faim, pas de virage maniaque (attention car cela m'a été signalé chez certaines personnes), je n'ai eu aucun problème cutané et aucun symptome d mise en route)
 
Je fais donc un bilan positif de ce traitement chimique.
 
Je reprécise au cas où que je suis favorable à la chimie ME concernant et que tout choix éclairé est bon, que ce soit les medicaments, la thérpie par la parole, la phytotherapie ou autre, vivre ses mouvements d'humeur en les accompagnant et reconnaitre son nouvel état psychique, je ne dirai jamais assez combien je suis partisane de l'auto détermination. De plus j'ai la chance de bien réagir aux traitements médicamenteux, ce qui est une forme de privilège puisque c'est loin d'être le cas de toustes. Enfin j'ai conscience de l'extrême variation de réactions des traitements medicamenteux selon les personnes : on n'a pas toustes le même corps ni le même traitement.
 
Dernier petit mot qui n'a pas rapport mais courage à toustes pour les fêtes de fin d'année. Ce qui est source de stress mais aussi de réjouissances pour les NT ne l'est pas forcement pour les personnes NAPA : que ce soit icolement en voyant le reste de la planète kiffant en famille, famille compliquée ou toxique avec des repas à rallonge agrémentés de reflexions psychophobes et x phobe en tout genre, limitation et galère des cadeaux, entre la précarité financière que l'on vit souvent et la difficulté à faire les magasins surpeuplés, et bien sûr l'abondance de bouffe pour les personnes avec TCA.
Je nous souhiate à toustes de la sérénité en 2020 et de bien continuer la lutte. 

jeudi 28 novembre 2019

Coup de pied au cul, miracle ou maltraitance ?






Le "coup de pied au cul" psychique parmi les personnes NAPA y'a des pour et des contre. Je parle là de la ramonée faite par quelqu'un de bienveillant (ou se voulant tel) quand on se "laisse aller" pour nous pousser à nous bouger.

Je parlerai donc de ce coup de pied au cul chez moi.
Chez moi un coup de pied au cul c'est un coup de pied qui m'enfonce un peu plus la tête sous l'eau. C'est jamaisbienveillant. C'est toujours maltraitant. Ca sert jamais à rien parce que scoop, je m'en rends compte que je vais mal, que je bois et que je me lave plus, c'est pas ça le problème, le problème c'est la douleur et les spoons et c'est pas en tapant sur une personne fracturée que ça va la faire marcher.
Ce que je préfère c'est le coup de pied au cul de la vague copine sur l'alcool alors que son wall c'est la promo 365 de l'amicale des amis du vin.
Ca se veut bien veillant alors pro tip : si vous n'êtes pas bienveillant avec moi habituellement (famille, vagues mai-e-s, etc) c'est pas la peine : ça me fera que souffrir plus. Au moment où je vais mieux c'est pas la peine de vous monter la tpete en mode "c'est parce que je l'ai secouée, c'est grpace à moi". Non, c'est grpace à mes seuls efforts , malgré vos mots blessants inutilement.
Le coup de pied au cul c'est le degaingae utlime des NT qui savent pas se comporter face à une personne en souffrance et qui du coup aboient en pensant que ça fera réagir. Non.
Y'a des gen-te-s qui y réagissent bien et disent en avoir besoin, mais je suppose que c'est plus de la part de potes ou de famille bienveillante qui sont par ailleurs soutenants. Parce que dans le vide c'est juste wtf j'espère que vous vous en rendez compte maintenant.

Le recadrage c'est autre chose. J'ecoute toujours quand on me dit que je deborde trop d'agressivité (on me le dit souvent mais parfois oui c'est illegitime de ma part), quand on souligne un symptome qui a tendance à réapparaitre, quand on rationnalise mes idées paranoïdes ou hypochondraques, mes anticipations anxieuses.

Mais le gueuler dessus en me disant que je déconne et srx reprends toi meuf, ça me fait juste me faire sentir comme une merde et me replier un peu plus. En plus des coups de la vie et de mon cerveau qui me trolle c'est une agression absurde venue de l'exterieur qui n'est aucunement (aucunement) aidante, qui est jugeante, qui est mechante.

Car oui venant de personnes wtf ou qui n'essaient pas d'aider autrement c'est de la mechanceté, soyez lucides un peu, si vous savez pas aider sachez au moins fermer votre gueule.

Si ça sort ce soir c'est que je suis fatiguée, de ma journée, aussi de m'être remise debout à force d'efforts constants et répétés sur moi même tandis que les NT problematiques m'entourant vivent pépouzes sans jamais travailler sur eux et sont paternalistes et prompts aux réponses genre prend sur toi, secoue toi.

Ca fait genre 35 ans que j'ai une condition psy, que je travaille sur moi (seule, avec des pros, avec des cachets, avec des techniques alternatives, je fais de tout, même du yoga (blague de napa))(c'est authentique), que je fais des effort sonstants et quasiment ininterrompus depuis 35 putains d'années et que j'en suis arrivée à mes 44 ans et à un stade où j'ai juste plus de temps à perdre avec des personnes qui me repsectent pas.


Alors la prochaine fois où j'irai mal (et ça rrivera, ça revient toujours) cellui qui ose me mettre un coup de pied au cul se verra recevoir mon poing dans la gueule et si c'est pas possible se verra discretemtn mais definitivement blacklistée de ma vie comme de mon respect. Voire call outée.

vendredi 20 septembre 2019

Recevoir les plaintes

Tout d'abord je ne suis pas fan de taper perpétuellement sur les parents, particulièrement s'iels sont fols.

Mais quand même, il leur arrive d'être déconnant-e-s. Ou maltraitant-e-s (j'inclus la maltraitance par négligence et psychologique)

Dans ma (longue) carrière d'usegère de la psy j'ai le plus souvent entendu des explications aux comportements chelous de mes parents ("il etait depressif" "elle est pas rassurée donc pas rassurante" "elle était jalouse/angoissée")

Alors OK, ça part souvent d'une bonne intention : expliquer pour désamorcer le désarroi, comprendre un comportement défaillant (et on a toustes des failles, parent-e-s compris-e-s), améliorer la relation (otxique et douliureuse) faire la paix avec autrui donc soi même.

Mais.


Mais durant 20 ans de ce discours ça m'a servi à rien. Parce qu'à côté de ça mes plaintes n'étaient pas écoutées.

Bien sûr qu'à 25 ou 30 ans on comprend que sa maman était malade, que son papa était triste, que sa soeur était jalouse, que les humiliations, négligences, mots durs, coups éventuels peuvent s'expliquer.

Mais ça change quoi au fait qu'un jour on a eu trois ans, qu'on n'y comprenait rien et qu'on a vécu les choses comme traumatisantes, qu'à 8 ans on a aucun recul et que les choses vécues ont bel et bien été vécues et ont laissé des traces. Ca change quoi au fait que je me suis trainé un PTSD complexe que personne a jamais pris la peine de diagnostiquer.

Sans parler de la question du stigmate de la schizophrénie imbibée de psyk qui fait dire à moult soignant-e-s que les schizo se sentent persécuté-e-s par papa maman ?

Nan mais c'est pas parce que je suis parano que personne ne m'en veut.

Donc oui j'ai trainé ça comme un boulet, me sentant pas entendue dans ma douleur (légitime) me sentant chargée de culpabilité (avec en plus le discours sur les parent-e-s qui souffrent tellement que leur enfant-e soit malade et il faut bien les comprendre) et me sentant obligée de comprendre et pardonner avant même d'avoir pu évacuer les moments douloureux, les mots qui restent gravés à jamais, les soirées passées seule dans la petite enfance.

Il m'a fallu attendre mes 35 ans pour qu'une psychologue reçoive mes plaintes. Alors ça a été 1 an de plaintes. Et elle écoutait. Et elle me laissait retourner dans le passé. Et elle utilisait des outils de pedo psy avec moi parce que durant les séances j'étais enfant. Et elle a prononcé le mot "maltraitance". Et elle a été la première à me dire que ma mère avait peut-être pas été une si bonne mère que ça sans m'encombrer des pourquoi.


Chacun-e a ses pourquoi. J'ai jamais interrompu mes relations avec mes daron-ne-s même si ça a souvent été conflictuel et toxique. Cette psychologue a été la première à me dire que peut-être le problème venait pas exclusivement de moi et de ma maladie (qui trouvait plutôt de ses sources dans le passé)

Expliquer, c'est bien. Ca aide. Mais après. Après nous avoir laissé chialer pendant un an, deux ans, deux mois. Après nous avoir dit eh oui ça en fait de la souffrance, je l'accueille et je vous console.

Une fois que tout ça a bien été entendu on peut construire sur quelques bases, reconnaitre les failles, savoir que c'est simple pour personne et que nul-le n'est clivé-e en blanc et noir. Après vient l'apaisement.

Après.

Srx j'en ai marre de devoir comprendre tout le monde, tous les NT de la terre dans leurincomprehension de moi. J'ai laissé tomber personne me comprend. Mais les NT se comprennent pas non plus entre elleux. Je peux juste partager des experiences de vie et intrapsychique avec mes pairs qui ont vécu des choses proches.

Mais fuck quoi, entendre pendant 20 ans que ma maman est fragile et a fait deson mieux et que j'abuse t suis paranoïde quand j'en parle jpp.

Maintenant ça va. Mon père est mort et les ardoises avaient été réglées. Je me permets de ne pas pardonner certains mots, sans me sentir coupable. Il était comme ça, il m'a jamais laissée tomber non plus. Ainsi va la vie ainsi sont les gen-te-s.

Mais "expliquer" en premier lieu sert à rien. Comme ça servirait à rien d'expliquer en premier lieu à une victime de viol que le violeur est pris dans un fonctionnement sociétal qui le dépasse sûrement et que bon la société est misogyne et blibli la culture du vio. Quand on est trauma osef.

On veut juste être écouté-e-s. De toutes les oreilles. Et qu'on nous dise que ouej ça a été dur mais que tout ça était pas mérité et fait pas de nous de mauvaises personnes. Des mots simples qui coutent pas cher, et la mentalisation en second lieu.

vendredi 13 septembre 2019

Les colères d'une fol

Je suis une femme (cis). Des millénaires de bourrage de crâne à coups de trépanations s'il le fallait m'ont appris qu'il était préférable de ne pas trop l'ouvrir.
Je suis une fol. Pendant l'Inquisition, on torturait les "femmes acariâtres". Depuis des siècles et notamment le XIXe XXe on nous apprend que notre colère est du fait de notre folie.

Je précise que je suis une personne gentille et docile, soumise, plus même qu'une autre personne afab de base.

Ce n'est pas une vantardise, je ne considère pas cela vraiment comme une qualité ou quelque chose de réfléchi ou de décidé, comme une belle éthique.

J'ai été une petite enfant médicament, ai connu des séparations très précocément, depuis mes trois quatre ans je m'écrase et veille à ambiancer et gâter toute personne proche dans la terreur de la perdre.


La seule psychologue que j'ai consulté qui a pris la peine d’écouter mes plaintes et de les recevoir avant de me dire que Machin et Bidule elleux mêmes étaient pas rassuré-e-s donc pas rassurant-e-s (ce qui est accessible à 30 ans mais ne change rien au vécu d'angoisse extrême subi dans la petite enfance, qui est à entendre et rassurer avant de trouver des explications et des excuses aux tuteurices) m'a pointé que c'est logique ou une réaction logique de tenter de colmater le parent quand on est à peine plus que bébé, car de sa santé mentale et son humeur, notre propre survie aussi bien materielle qu'affective depend.


Un autre psychologue plus tonique mais intéressant rencontré plus récemment m'a fait remarquer que maintenant j'ai 43 ans et ne suis plus obligée de fonctionner ainisi si ça ne me convient pas.


Bref je suis une meuf, je suis fragile, je m'écrase, je suis gentille.

Mais si cette attitude persiste c'est aussi car mes expressions de colère (fréquentes a l'adolescence et a l'adulescence) sont doublement stigmatisées : une femme doit être pondérée, une fol s'enerve pour rien, elle délire, elle est "persécutée".

Je vis une relation cis hetero avec ce que ça implique comme rapport de domination (et ce quel que soit le mec cis, deconstruit ou pas, arrêtons de nous mentir et de ne voir des oppresseurs que dans les mascus) Je suis en retraite anticipée. Je suis handicapée. Je suis schizo. Je suis cisbie (mais ici ça ne compte pas)
Il est diabétique, a eu un passé on va dire compliqué, est NT et valide, blanc et cishet. Et cadre.

Je suis feministe. Je suis radicale. Je suis matérialiste.

Je suis suivie au CMP où psychologue comme infirmière m'invite à "déposer mes émotions" comme si les émotions étaient des paquets qu'on pouvait s'enlever de la tête pour les stocker ailleurs.

Quand on a lu tout ça on comprend que parfois, je suis en colère. Tout le monde est en colère parfois. J'ai ma rage de base des féminicides, de la non marche du monde, des violences oppressives (desquelles je participe etant cis et blanche, éduquée ou non), de la merde partout tout le temps qui se deverse à chaque flash info.
On va dire la base.


Mais je suis gentille alors dans le couple je fais comme on dit des "collections de timbres" de micro violences, micro contrariétés, micro fermages de gueule, des dizaines, des centaines, tout le temps.

Parce que j'ai peur des conflits. Parce que j'ai peur de tout perdre. Parce que j'ai peur de tout. Parce que les cris me foutent laz trouille. Parce que ma colère peut me passer en mode berserk (c'est déjà arrivé)


Cependant parfois la coupe est pleine et elle déborde (et pas que de sang menstruel) Je m'engueule peu avec mon conjoint (il n'aime pas ça, il quitte la conversation comme il me muterait sur un groupe fb) J'exprime ma colère au CMP. Les petits trucs. Mais aussi les gros. Je suis parfois furieuse. Parfois je dis que je vais me barrer et vivre seule avec mes chats et être oklm. Plus j'y pense sur cette dernière année plus c'était légitime.

Et puis je ne fais que faire ce qui m'est demandé : déposer mes émotions.

Mais je m'entends répondre "il devient votre persecuteur" ( = vous êtes parano). Je m'entends répondre par mon conjoint que ça suffit les sautes d'humeur qu'il faut en parler avec l'infirmière. Je m'entends répondre qu'il faut que je me dépense physiquement pour évacuer cette énergie malvenue et inappropriée.


Je suis pathologisée.

Je suis une femme fol en colère, je suis pas crédible.

Je suis misandre, c'est insoutenable (litteralement)

Je suis renvoyée à mes quatre ans quand je me fâchais, rarement,  sans doute à raison et qu'on se moquait de cette émotion jusqu'à ce que je passe à l'acte violemment. Depuis, je suis "méchante, colérique, tu cassais tout".

Je ne suis plus un être humain qui a des raisons d'être vnr, je suis une femme donc je dois être calme aec mon conjoint parce que rien de mieux que la communication positive et non violente (que ces messieurs ne nous rendent pas)(etq ue la charge émotionnelle c'est pour notre gueule)
Je ne suis plus un être humain qui a des raisons d'être vnr je suis une fol en habit de folie, proche ou dans le délire.

Oh ben je savais déjà, j'ai tenté et puis j'ai appris (je peux me montrer patiente et même obtuse mais ça finit par rentrer). La colère passe dans 4h de menage, une heure de vélo, 400 balles d'achat sur internet ou un litre de bière. Ca reste entre moi et moi au mépris de ma santé.

Mais hey, je suis fonctionnelle et une bonne compagne et une bonne fol bien rangée :). TVB.


Je rêve si souvent de tout passer au lance flammes et de couper des têtes. Et que purin on m'applaudisse pour ça.

mercredi 11 septembre 2019

Diagnostic : une annonce libératrice ?



Mon cas est quelque peu particulier puisque je suis restée dans le déni de ma schizophrénie durant dix ans après l'annonce du diagnostic (cf le premier billet de ce blog)

Avant l'annonce des mots "Troubles schizo-affectifs" je suis restée dans une errance diagnostique de 15 ans. Voire davantage si l'on considère que j'ai été une enfant très anxio depressive et phobique sociale, mais que comme mes résultats scolaires allaient bien et que dans les années 80/90 on n'emmenait les enfants consulter qu'en cas d'impact grave sur la vie quotidienne et/ou scolaire, c'est passé à l'as (bien qu'ayant été signalé par des institutrices, profs de sport extra scolaire, remarqué par mon père notamment et qu'il y ai eu des alertes comme une fugue à l'âge de 11 ans)

Je suis psychiatrisée de ma volonté depuis l'âge de 17 ans, début des troubles on va dire bruyants. Une TS suite à une rupture amoureuse, une augmentation de ma conso d'alcool et de stupéfiants (ayant commencé entre 13 et 15 ans), des troubles affectifs et du comportement et des idéations délirantes autour du corps (dont je n'ai commencé à parler que récemment) et de jalousie pathologique (ayant ruiné toutes mes interactions romantiques jusqu'à mes 38 ans)

Depuis ce moment là j'ai connu une série de diagnostics divers et variés : névrose d'angoisse, "troubles graves de la personnalité de type narcissique et pervers", TPB ("vous êtes un cas comme dans les livres"), schizophrénie paranoïde, psychose maniaco depressive (aujourd'hui on dit bipolaire type I)

Généralement je me gardais de poser la question du diagnostic et les psychiatres se montraient avares en renseignements. Chaque diagnostic évoqué me mettait en fureur et motivaient la rupture avec lae thérapeute.

A vrai dire je ne l'ai demandé qu'au Dr B., que j'ai déjà évoqué, un psychiatre chef d'HP qui me connaissait bien, usait d'un petit paternalisme affectueux qui me rassurait et m'a sauvé la vie plusieurs fois en m'accueillant à l'arrache dans son hôpital (par ailleurs lamentable mais soit, j'étais coupée des produits et mise sous Risperdal ce qui me retapait en quinze jours).

Le diagnostic de TPB c'était lui. A l'époque (je dirais 1997) il se disait que ces troubles ne pouvaient pas se soigner, n'avaient pas de traitement, que les personnes vivant avec mouraient précocément de mort violente, mais que si la survie était assurée ça pouvait se lisser à la quarantaine. Quand on a 22 ans ça fout les boules. Un avenir incertain, une seule perspective de soin : se faire mettre une solide camisole chimique en esperant atteindre péniblement la quarantaine puis commencer une "nouvelle vie" plus calme mais ravagée de tout. Et il se disait, comme il se dit toujours hélas et à tort, que les personnes vivant avec ce trouble étaient spécialement chiantes et ingérables.

Je m'imaginais donc que mes productions délirantes et hallucinatoires étaient dues aux toxiques ingérés en masse et que la seule sobriété les résolvait, ce qui me faisait arrêter le Risperdal dès que je mettais un pied hors de l'hôpital. La boucle se rebouclait environ une fois par an, avec chaque fois des rechutes plus violentes doublées d'incurie, une présentation lamentable sur mon lieu de travail et un dossier se montant contre moi de plus en plus étoffé, dans mon dos, échappant à toute évaluation annuelle de la cadre, sachant que la psychophobie des soignant-e est plus aigue encore quand la folie touche un-e autre soignant-e (ça devient très inquiétant sur sa propre santé mentale)

Bref, meanwhile in HP, je redemande un jour au Dr B. de quoi je souffre. Il me lâche les mots de "troubles schizo-affectifs". N'en ayant eu aucune connaissance durant mes études ni sur mon lieu de travail (je crois que c'est un terme de Bleuler remis au goût du jour dans les années 2000, date a laquelle j'étais déjà reclassée) je ne savais pas de quoi il s'agissait. C'est en toute simplicité que j'ai dit "et c'est quoi ?"


Note : Le Dr B etait de cette école hélas répandue selon laquelle il ne faut pas annoncer un diagnostic à un-e usager-e sous peine qu'iel s'identifie à la pathologie, regresse dedans et n'ai plus jamais aucune autre identité.

Il a marmonné un truc très vague sur les troubles affectifs et "un petit côté bipolaire".

Je me suis gardée d'en demander plus. Je me trainais alors une culpabilité intense et un enorme sentiment de secret refoulé avec tous les fantasmes et délires que cela peut déclencher (inceste ? Fausse paternité ? Secret familial honteux ? Trauma refoulé durant l'enfance ?)


en 2010, fraichement remise d'un episode maniaque puis melancolique (la routine, en plus fort) j'ai googlé le terme. Seul Wikipédia m'a répondu qu'il s'agissait d'une forme de schizophrénie. "Allons bon" me suis-je dit. Wikipédia regorge de connerie. Par ailleurs j'écume les internets depuis tout ce temps et les resources sur les TSA sont plus que rares.

Au décours d'une cure de sevrage alcoolique j'ai été sevrée d'une partie de mon traitement psychiatrique et ai traversé une thérapie de groupe qui, à mon avis, a été trop rapide et violente rapport à ma fragilité. Nous prenions à chaque séance tour à tour la parole, quand ça a été mon tour j'ai longuement parlé de ma mère, une questiona été posée (inhabituel) et la psychologue a déclaré "la question qui est à se poser est 'pourquoi julie n'accède-t-elle pas au second degré ?'"

Cette phrase disait deux choses : une negation totale de mon vécu de maltraitance psychologique ("ce ne sont que des blagues") et le diagnostic de schizophrenie (il est bien connu que nous n'avons pas accès au second degré trololol)
Je me suis redressée outrée et ai dit "j'ai accès au second degré, je ne suis pas... oh wait" et la lumière fut.
Immédiatement deux choses se sont produites : d'une part une décompensation catatonique impressionnante et immensément douloureuse, d'autre part un soulagement intense. Mon lourd secret, c'était être schizophrene. Ce n'était que cela. Il n'y avait rien d'obscur, il n'y avait rien d'irrémédiable, il n'y avait pas de malédiction ancestrale. Au passage pro tip pour les soignant-e-s et les proches : une personne catatonique n'a pas accès a l'expression verbale ou même corporelle, mais c'est pas pour ça qu'il ne se passe rien dans la tête. Je luttais aprement contre un flot constant d'informations brutes, de type 01001100001010111, d'un agacement au level insupportable (être enfermé-e une heure avec un-e mâcheureusede chewing gum quand on est misophone puissance 10000) et d'une douleur psychique insupportable, pour laquelle il n'existe pas de mots. Je suis toujours incapable de la décrire. Plus une mise à jour crue et absolue du fin fond de l'inconscient, une lucidité absolue et extreme, j'ai oublié, mais c'était pas très joli. En gros on souffre (immensément) en silence (total). Je pense même que la lutte pour survivre psychiquement demande tellement de patate qu'elle interdit toute autre forme de quoi que ce soit.

Bref, suite à cela j'ai demandé au Dr B. comment faire pour que plus jamais ça. On a passé le Risperdal en injection retard. J'ai suivi une psychothérapie auprès d'une super psychologue, de trois ans. J'ai noté tous les signes annonciateurs de rechute et les ai transmis à mon conjoint tout neuf. J'ai arrêté de travailler. Travailler tue, pour moi. Je vis un burn out au bout de six mois de plein temps, et c'est la rechute alcoolique puis psychiatrique.

Savoir que je suis schizophrene a été pour moi une libération, un mot, un contexte, un concept, un sens. J'ai trouvé d'autres personnes schizophrenes dans les arcanes du ouebe. D'autres "schizonormales" (lucides des troubles ou de la aprticularité, selon comment on se définit). J'ai lu, des blogs, de sgroupes, j'ai milité, j'ai appris, j'ai trouvé une partie d'identité (je me définis maintenant comme fol, que je porte avec fierté) J'ai adhéré à un CMP (avec du bol car c'est un CMP avec une équipe de qualité) Ma vie s'est stabilisée. Je n'ai plus jamais été jalouse.

Peut-être... Peut-être que si étant en possession du diagnstic le Dr B. me l'avait livré en temps réel. Peut-être que s'il m'avait expliqué. Peut-être que s'il m'avait dit qu'etre schizo c'est pas grave, que des tas de gen-te-s vivent bien avec. Peut-êtr que mes couilles sur ton nez ça fait une cheminée, ouais, je sais.

Mais please les soignant-e-s. Parlez. Annoncez et surtout accompagnez le diagnostic. Ne restez pas distributeurs d'ordonnance, eduquez. Pour moi savoir que j'étais schizophrene a été une vraie libération. Un vrai sens. Une vraie partie de moi, non honteuse. Que je partage avec je crois 1% de la population. Qui se traite si on le souhaite. Qui s'accompagne. Qui se conçoit et se comprend.


Ne nous laissez plus dans le noir.