jeudi 29 août 2019

Une pensée pour les malades alcooliques






Je parlerai plus précisément des l'alcool même si toutes les addictions méritent évidemment qu'on s'y penche mais d'une part c'est celle que je connais le mieux pour être en proie avec depuis 25 ans et être en lien avec des services d'addicto à ce sujet depuis une quinzaine d'années, de plus c'est sans doute les images auqxuqelles nous sommes le plus exposé-e-s dans la vie courante et, mon thème ici, sur les réseaux sociaux.

Une pensée pour les malades alcoolqiues. La France est le 5ème pays au niveau mondial pour la prévalence des problèmes liés à l'alcool. C'est la deuxieme cause de mortalité en France, en 10% des adultes sont en difficulté avec l'alcool (chiffres inserm).

Ce qui signifie que vous connaissez forcement plusieurs malades alcooliques, ou personnes ayant une consommation problématique, que ces personnes en soit consciente ou non.

J'ai je crois 119 ami-e-s Facebook ce qui signifie environ dix malades alcooliques dans mes ami-e-s, et sans doute plu car beaucoup de mes ami-e-s sont de fols et il y a une comorbidité importante des addictions avec les differentes conditions psychiatriques.

Sachez que parmi ces personnes certaines sont traitées ou en cours de traitement, certaines sont abstinentes par choix, environ personne ne va se vanter d'être malade alcoolique vu le stigmate et de ce que je fais personne ne fait de prosélytisme anti alcool active parmi sa liste de contact. Donc le propos n'est jamais, je répète le propos n'est jamais, ni dans ce billet, de vous dire de vous censurer ou d'arrêter de consommer. Chacun-e fait comme iel veut/peut.

Je suis moi-même censément abstinente (ça reste bien aléatoire mais disons que j'essaye de limiter au plus fort ma conso et ne pas consommer) et je peux être, malgré un traitement, en proie à des cravings (envie/besoin irrépressible de consommer)

Ces cravings peuvent être déclenchés par des mots, des images, donc une pensée pour vos potes alcooliques quand vous postez la photo de votre bière fraiche ou de verre de vin avec le message "moment détente miam miam". Essayez de garder à l'esprit qu'alors vous faites la promotion d'un psychotrope, d'un stupefiant plus toxique que les opiacés (si on ecarte les risques liés aux modes deconso problematique dus à la penalisation de ces consos)

Je ne vous demande pas de ne pas le faire mais juste d'y penser. Cette photo que vous trouvez anodine voire cool ou fancy peut mettre en difficulté plusieurs personnes de vos contacts. Recadrez à l'esprit en vous demandant si vous feriez gratuitement la promotion d'un autre produit stupefiant de manière si banalisée.

Pro tip : evitez de splainer vos ami-e-s en difficulté avec l'alcool. Osef que votre cousin ou votre ami ai eu maille à partir avec l'alcool seule la personne concernée est experte d'elle même. Evitez d'être violent-e même si ça remue des choses très fortes (je me doute qu'avoir eu un-e parent-e malade alcoolique ou un-e ami-e ou proche mort-e de l'alcool est très traumatisant, passez alors juste votre chemin, chaque personne est unique et le topic du déni fait partie de la maladie. Les modes de "s'en sortir" sont aussi divers) Surtout si ces personnes sont déjà conscientes du probleme et/ou en soin. Vous savez quoi ? Elles et leur équipe d'addicto savent mieux que vous.

Une pensée pour les malades alcooliques quand vous choisissez vos termes. "Alcoolo" "arsouille" "pochtron" lol c'est drôle mais c'et surtout sitgmatisant. Je sais aussi que ça fait partie des vannes qu'on se balanceentre potes ou envers soi ^même et ô magie ça tape souvent dans le vrai.

Les recommandations de l'OMS en matière de conso c'est de ne pas dépasser deux verres d’alcool/j pour les femmes (ou plutot personnes afab) et 3 pour les homms (ou plutot personnes amab) Cela non pour un ratio pois tailles mais parceque les personnes afab ont proportionnellement plus de masse graisseuse ce qui "conduit" mieux l'alcool etle rend davantage toxique. En se reservant une journée d'abstinence par semaine.

Davantage ce n'est pas anodin (déjà ces petites doses sont toxiques, sachez le, au passage) et chaque cuite est comme un nouveau coup porté au foie, pancréas, hippocampe (region du cerveau lié a la memoire immediate)

Mais une pensée pour les malades alcooliques quand vous faites la promo de l'alcool, que ce soit le mojito siroté sur votre terrasse, le recit d'une cuite prise lors d'un concert, les "vantardises" habituelle à propos de votre capacité à "encaisser", la fierté de clocher rapport a votre alcool national ou local.

Une pensée pour les malades alcooliques quand vous parlez du "pochtron" du coin ou de "la viande saoule" lors des matches de foot. Scoop : on est des êtres humains.

Au passage je ne demanderai jamais à personne de "pardonner" ou d'accepter les trucs craignos qu'on peut faire sous produit (agressions, conduites mettant en danger autrui etc)

Juste une pensée pour les malades alcooliques avant de poster, parce que c'est une maladie, parce quec'est une addiction puissante et qu'on est exposé-e-s au produit sans cesse tout le temps, partout, à chaque minute quasiment (et qu'on nous jette des pierres quand on consomme pas)(et qu'on nous jette aussi des pierres quand on consomme "trop" ou "pas bien")

mardi 20 août 2019

La créativité des fols






Pour démarrer je voudrais pointer qu'il existe depuis une dizaine d'année un genre d'injonction à la créativité pour toustes (ou alors une appétence de toustes pour la créativité, mais il me semble que c'est induit). Pour se montrer épanoui-e et réalisé-e il faut créer un tas de trucs, bijoux, photos, tricot, dessin etc. Il me semble que ça fait partie du package "le bonheur est obligatoire"

La romantisation et la fétichisation de certains types de folie conduit au lieu commun "les fols (notamment psychotiques) sont des grand-e-s créatifves, iels voient des choses que le commun des mortels ne voiet pas et ont une sensiblité houlala.

On attend de nous de réaliser des fresques apocalyptiques représentant nos angoisses et hallus les plus flippantes ou merveilleuse, de faire découvrir au NT l'entièreté de notre âme tourmentée.

Déjà cette fascination pour nos mondes intérieurs est hyper malaisante. On nous demande de nous mettre à nu, une fois de plus sans tenir compte de notre besoin de dignité et d'intimité, afin que les personnes NT se payent de petits frissons à moindre coût. On monte en épingle les cas de crétaeurices de génie fols (le plus couramment Van Gogh ou Artaud) sans tenir compte que leur génie venait de leur génie et pas de leur folie en soi. Je 'ergoterai pas sur "peut-on créer quand on est heureuxse ?" parce que je n'en ai pas les moyens livresques et que ça me semble vidé de sens.

D'ailleurs, toustes les fols sont iels malheureuxses ? Non.

Cette association de folie et de créativité débridée est hyper reloue à vivre. Il existe des personnes créatifves, il existe des personnes fols, et les deux n'ont as de corrélation.La création peut être un passe-temps, pour certaines personnes TSA par exemple un intérêt spécifique, une manière de se sentir bien, une catharsis. Pour tout le monde.

Personnellement je ne suis pas du tout créative. Déjà parce que je n'en ai pas les moyens cognitifs et psychomoteurs (je ne peux pas convoquer une image ou un son, ce qui explique que je me perde mais aussi que je ne puisse décrire une personne même très bien connue sans avoir une photo ou la personne en face) Donc mes maladroites tentatives de dessins se feront par des copiages, mes tricots à trous avec des modèles, mon écrit restera bancal car je suis une grosse coassarde et ne travaille pas mes textes.

Il n'y a pas un-e poète planqué-e derrière chaque schizophrene, un-e peintre derrière chaque personne TPB (je ne minore pas le bénéfice de la création pour ces personnes, je pointe juste que le talent ou le travail ou la amitrise ne proviennent pas de la folie, et que par ailleurs une personne NT peut avoir des choses à dire et exprimer)

On nous demande encore et toujours de gerber nos affects à la face du monde, nous dotant de skills obscurs pour les arts divers, nous enjoignant à créer pour "poser nos émotions" ou "exprimer notre colère" mais j'ai envie de dire que ces choses là nous appartiennent et qu'à moins d'en avoir envie de capacité ça n'a pas a forcement figurer dans une galerie d'art brut pour assouvir une curiosité que je trouve malsaine à propos de nos psychismes.

C'est le mythe de lae poète tourmenté-e, dulla peintre fol, des tournesols hallucinés et des performances fortes en emotion.

Pro tip : on est plein à juste savoir dresser une assiette de nouilles et à peindre comme des manches.

D'où ma réticence à tous les ateliers d'art thérapie en institut. On en discutait dernièrement sur un groupe. Ca va consister à chanter façon chorale d'ecole primaire (des hits comme"les champs élysées"), peut-être taper sur quelque tambourin, pour faire sortir nos émotions (dafuq). Les mediums proposés sont divers mais souvent limités par les maigres moyens financiers des HP.
Ma grande angoisse sont les ateliers dessins/peinture et "terre". Je produits des objets très infantiles par maladresse, il nous est arement proposé des trucs pour nous améliorer, on nous met face a la galise ou la feuille blanche en nous disant "créez" et on peut repartir avec sa production (pour la montrer à papa maman ?)

Généralement devant le medium mon cerveau est saveur "........." même si (rarement) un thème est donné. Selon les personnes le résultat est aléatoire, souvent très maladroit (on ne s'improvise pas dessineteurice, des techniques sont à acquerir), perso ça m'angoisse (car j'ai deux mains gauches et je rame) et ensuite on doit parler de sa création et de ce qu'on a ressenti en 'effectuant, avec parfois bonus interprétation sauvage de mes bonhmmes patates (je suis apeine d'un lvl plus élevé que ça)

Bref c'est assez infantilisanten soi etle côté "thérapeutique" m'achppe souvent. On n'apprend rien. On passe une heure à créer son truc. On parle certes mais devant tout un groupe de personnes qu'on connait pas forcément,99% j'ai rien àdire de mon oiseau naïf et baveux ou de mes oreilles de chat (à part "j'aime les chats"), bref, c'est chaud.


Une autre source problematique pour moi est la fétichisation de nos réalisations. Parce que c'est fait par un-e ol c'est super, c'est matière à éclate croustillante, surtout pour les tenants de la psyk. Un oeuvre réussie de la part d'un-e fol c'est tellement exotique, ça donne tellement prise à son inconscient, à l'observation de sa folie, c'est si fort. Ainsi des soignant-e-s peuvent mettre en place des ateliers pour préparer une expo interne ou externe ou une œuvre d'envergure à exposer sur le parvis de l'HP, même si ça se révèle sans intérêt et/ou moche. C'est fait par des fols alors c'est si cool, et puis "ça leur fait tellement de bien et ça les valorise". Déso moi exposer mes croûtes ça m'humilie.

So infantilisant. Et pour les personnes fols ayant un réel talent il existe la tentativesouvent réussie de s'approprier son art singulier pour le disséquer et ne le voir qu'au travers du prisme de sa folie. Tellement réducteur.

Foutez nous la paix srx.

lundi 12 août 2019

Bon passing NT, avantages et inconvenients






Il m'est venu cette pensée au decours d'une discussion avec l'être aimé : je peux avoir un bon passing NT. Qu'est-ce que le passing ? Au départ utilisé par les personnes racisées pour désigner les personnes racisées ayant une peau claire sous le terme white passing (passer pour un-e blanc-he), puis par les personnes trans* (avoir l'air cis avec une expression de genre correspondant à son genre réel) il est plus ou moins rpris par les personnes NAPA pour dire en gros "avoir l'air normal".


Il est une vérité que je m'exprime bien verbalement, avec des termes choisis avec soin et précis, une certaine abondance de vocabulair et un certain recul sur mes symptômes et troubles. C'est un mix de capacités personnelles et de privilèges : j'ai eu le privilège d'avoir été élevée par une maman éduquée, qui m'a inscrite très tôt à la bibliotheque municipale, d'avoir certaines facilités à l'école et d'avoir très tôt eu le goût de lire (on choisit pas ce qu'on aime faire) Ce qui fait que maintenant j'ai un très bon score au QI verbal (avec tous les biais qu'il comporte mais j'en conclus que j'ai un bon niveau de langage pour une française avec le français comme langue maternelle, et qui a poursuivi ses études jusqu'au niveau L2)

Bref, je peux avoir l'air normale en premier contact avec les gens (particulièrement dans mes bonnes périodes, quand je suis un peu trop angoissée ou que je suis plus ou moins parasitée je garde un abord étrange) Et ce particulièrement en relation duelle ou en discussion à trois (plus je décroche)

Les préjugés liés aux schizophrénies et aux personnes schizophrenes font qu'enormément de gen-te-s (dont pas mal de soignant-e-s) pensent qu'on n'a pas accès au langage et/ou à la lucidité. Ou de manière parcellaire et cryptée. Cela peut s'avérer exact pour certaines personnes schizo avec un certain type de schizophrénies (car les schizophrénies se declinent au pluriel) et les soignant-e-s notamment hospitalier-e-s ont surtout des contacts avec des personnes en crise donc n'ayant pas forcement accès à ces formes de communication à ce moment là.

Grosso modo ce que je veux dire c'est que presque personne en discutant avec moi ne m'imaginerait schizo. Et que nombre de soignant-e-s me trouvent un cas exceptionnel (ce qui est une erreur, on est plein comme moi, mais on va pas toustes vers les soins psychiatrique avec ma facilité ni ma soumission)

Ma vêture est normie aussi, même si je peux me montrer fort flamboyante, ce qui est facilité par mon revenu regulier (je peux me payer des fringues passe partout et neuves quoi)

Je n'ai qu'une légère dysrathrie de la mâchoire et n'ai pas de postures etranges, sauf en cas de forte angoisse dissociative pas de regard écarquillé et/ou fixe - mon regard est plutôt fuyant), je stimme beaucoup mais peu en public et de manière tolérée socialement (jambes qui tressaute, grattages)

Tout ce pack m'apporte évidemment bien des avantages : en entretien d'embauche ou à la banque, dans les administrations ou auprès de collègues de l'être aimé, au travail, je ne me fais pas discriminer/lancer de caillou. Spontanément je me présente comme d’abord "sympa" donc généralement les gen-te-s ont une première bonne impression de moi. Je ne subis pas le stigmate au quotidien.

Par contre rester présente au monde me coûte énormément au niveau psychique et fatigue physique du cerveau. Et dans un groupe de plus de trois je "plane" vite et m'isole. Donc mes proches ne se rendent pas toujours (pas souvent) compte de combien il m'est fatiguant de rester à table trois heures à bavarder (merci aux excuses clopes et toilette pour les pauses qu'elles permettent), mon conjoint même qui est haitué est régulièrement surpris que je ne sois pas très présente.

Pour avoir fait une approche de l'autohypnose au cours d'une cure je peux dire que je passe la moitié de ma vie en auto transe hypnotique (auto protection du cerveau)

Voilà pour la sphère privée et le level de fatigue.


Pour la sphere soin c'est compliqué aussi. Même stable je reste très fragile et ai besoin d'énormément d'étayage pour rester stable. Mais quand je vais bien et m'exprime bien j'ai juste... l'air d'aller bien et qu'on peut me revoir dans trois mois (psychiatre). Alors que je ne vais pas bien plus d'un mois d'affilée. Ou que le traitement peut être diminué de telle et telle façon alors que j'en ai besoin pour rester stable. J'ai l'air si normale , qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? Au fond je n'ai besoin que d'un support chimique minimal pour fonctionner.
Mon infirmière aussi même si elle conçoit que je ne puisse travailler ou même assurer une demi journée de bénévolat par semaine voudrait me voir sortir plus, fréquenter davantage de NT, faire des choses en plus de tâches ménagères (que j'ai déjà du mal à accomplir), sortir prendre l'air, me remettre en forme, faire du sport regulièrement etc. Elle a je pense tendance à oublier que je sis pas mal dysfonctionnelle et qu'en réalité j'ai pas dix mille spoons par jour.

Au GEM que j'ai fréquenté les animatrices aussi me semble  t il me voient moins ou pas malade.

Comme je le lisais (en anglais) sur le mur fb d'un ami "ce n'est pas parce que je porte mon fardeau qu'il n'est pas lourd"

C'est le côté fléau du mot "invisible" dans "maladie invisible/handicap invisible".


Aors bon : non, je ne suis pas très fonctionnelle, oui je peux bavarder de manière pertinente et j'ai du recul sur mes troubles ce qui ne les minore en aucun cas, jamais, même si ça permet d'essayer de les gérer plus facilement, oui je suis très fatigable psychiquement, oui j'ai besoin d'un lourd traitement pour juste souffrir a minima, oui une journée en famille doit se résoudre par deux pleines journées de sieste, non je ne peux pas "faire tout ça". Nonje ne veux/peux pas sortir de ma zone de confort, de mon périmètre de sécurité, c'est une question pas de confort mais de survie.

mardi 16 avril 2019

RDV et ponctualité

"C'est à quelle heure déjà le rendez-vous ?"
 
 
 Aujourd'hui j'avais rendez-vous avec l'infirmière d'addicto pour m'informer sur la cigarette électronique. Elle a merdé et n'a pas pu me recevoir mais me proposait d'attendre 40 minutes pour me recevoir à 15h "peut-être si mon rdv vient pas"
Honnêtement je n'avais rien d'autre à faire.Mais le deal me paraissait malhonnête alors j'ai pris un autre rdv et me suis cassée faire la sieste.

Je n'ai pas de statistiques, juste une impression au doigt mouillé. Mais il me semble que les "assisté-e-s" les "précires" et les fols sont souvent en bute à de la mauvaise foi et une culpabilisation lorsqu'il s'agit de foirage de rdv de la part de soignant-e-s et de travailleurses sociauxles (et je sais #notall, oui des gen-te-s décent-es y'en a de partout. C'est juste un truc récurrent que je subis et sa répétition me fait réfléchir).

Des RDV donnés à une heure incorrecte, pas dans le bon lieu, des retards indécents... Pour lesquels on se fait engueuler surtout si on proteste. Ces gen-te-s Travaillent, iels n'ont pas que ça à faire. Nous si, c'est bien connu. Et puis on est taré-e-s, on verra pas le loup si on nous embrouille.

J'observe un rapport de pouvoir, lae soigné-e, la personne en situation de précarité (souvent face à une administration kafkaïenne) a BESOIN du RDV. Que ce soit pour obtenir une ordonnance, un allègement d'une douleur physique ou morale, un avancement de dossier RSA et AAH (soit des sous pour manger, se loger) ou simplement une écoute.

Les Travailleurses n'ont pas besoin des usager-e-s. Iels dispensent des soins.

Dans quelle relation équilibrée fait-on attendre quelqu'un-e 40 minutes pour un "peut-être" ? Aucune. On ne le fait que si on est en situation de pouvoir.

Serieux les gen-te-s on vous demande pas d'être des queens et king de l'orga, de jamais foirer, d'être toujours à l'heure. Juste de reconnaitre quand vous vous êtes trompé-e-s et, par exemple, vous excuser. Ca vaut aussi pour les retard, surtout de plus d'une demie heure.


Dans l'autre sens ça peut être chiant aussi je l'admets. Un-e usager-e-s qui vient pas, qui annule. Mais là la question se pose différemment, et a été abordée par Martin Winckler dans "Les brutes en blanc". Lae soignant-e sera à son taff, ou au cabinet s'iel est libéral-e. Winckler profite par exemple de rdv manqués pour faire sa paperasse, appeler un confrere etc, autant de tâche qui ne seront pas à faire le soir après les consultations. Il ne facture pas la consultation "parce que bon j'ai perdu mon temps". On ne facture pas les soins non prodigués (coucou les psychiatres liberauxles on vous voit)

Aller à un rdv coûte : de l'argent, du temps, de l'énergie psychique et/ou physique, denrées souvent rare lorsqu'on est fol/ précarisé-e/malade chronique/handie/tout ça à la fois (ça vient souvent en pack)

Le téléphone est une épreuve pour beaucoup surtout quand on sait (et on le sait, sisi) qu'on se fera sermonner, surstimuler, reprocher de pas venir.

Et, j ne le répéterai jamais assez, les patient-e-s n'existent pas seulement dans le but de vous pourrir la vie. Si vous êtes fonctionnaires, vous êtes au service du public. Si vous êtes libéral-e, vous êtes face à un-e client-e, pas un plot. Je ne parle pas ici des personnes discourtoise et violentes, et encore. Si vous voulez dealer "normalement" avec des gen-te-s qui communiquent sur des modes habituels, faites employé-e de banque hein. Faites pas de psy ni de medico social. (mais je suis ok des con-ne-s y'en a partout même parmi les fols)

Bref, la relation, le besoin, n'est pas le même... Le respect me semle de base.

Je le répète : on vous demande pas l'impossible. Juste. S'excuser. Normalement. Et. Ne. Pas. Imputer. L'erreur. Au. Fol.

Juste se conduire en adulte responsable. Rien de dramatique n'arrivera, vous ne serez pas foudroyés, l'interlocuteur ne se prendra pas subitement pour votre patron et ne vous donnera pas do'rdre, vous vous ferez pas punir. Promis. Just be deacent. (le personnel du CMP de mon village y arrive, pourquoi pas vous ?)

Merder et accuser l'autre qui a besoin de vous en se disant qu'il est trop con pour voir l'embrouille, c'est une (petite mais répétée) violence insupportable.
 

lundi 4 mars 2019

Mes hallucinations cenesthésiques






J'ia globalement peu d'hallucinations, quasiment uniquement en préiode de mal, et comme je suis dans une des cespériodes c'est le coin de verdure et le moment idéal pour en parler

J'ai très peu d'hallucinations auditives. Je ne suis pas une entendeuse de voix, toustes les schizophrènes ne le sont pas comme toustes les entendeureuses de voix ne sont pas schizophrene. J'ai les ahllus que tout le monde peut un peu avoir (un appel au loin, une portière qui claque) sauf que plus souvent, plus des gen-te-s que je connais qui me disent genre "hey julie" à l'oreille (mon defunt père, l'être aimé qui n'est pas là etc) Je dirais que ce hallucinations là sont n égligeables chez moi.

J'ai des hallus olfactives et gustatives en ce moment. Ca sent le sang, la merde, le moisi, ça goute la charogne bref c'est la fête. Il faut savoir que je les critique en temps réel. C'est comme avoir plueisuers plans deréalité en même temps tous aussi valable sensoriellement, et de devoir trier consciemment sns cesse ce que statistiquement je pense le plus pertinent, par apprentissage.
Cependant je me lave les denst environ vingt fois par jour.

Mes hallucinations les plus compliquées à gérer portent sur le corps. Je sens chaque viscere se retracter puis se dilater, couler les unes contre les autres, pourir, communiquer entre elle (ma fameuse fistule uterus rectum vagin), j'ai le sentiment d'être enceinte d'un foetus momifié, des sensations neurologiques bizarres (cerveau et aponévroses qui vibrent)

J'expliqerai jamais assez que c'est pas parce que je sais que c'est des hallus que je n'en sens pas l'extreme realisme, ni qu'elles cessent. Note au soignant : oui je peux vous en parler calmement, ça veut pas dire que je les invente pour me rendre intéressante. Juste que je me contiens pour donner une information claire precise et concise dans l'espoir de recevoir une réponse adaptée, et être soignée de ces trucs genants.

Le truc fun c'est que cette particularité productive de mon cerveau brouille mes sensations corporelles ont va dire réelle. L'uterus qui se percent ou qui contient un foetus momifié peut juste être ma façon de sentir que mes menstruations vont arriver. Des impressions étranges dans le crâne peuvent juste être le message crypté qu'un sevrage d'une molecule me perturbe au niveau neurochimique.

Je trouve que les soignant-e-s en psy ont fait des progrès en somatique (ou alors j'en ai trouvé des tops) et essayent avec moi de debunker le truc. Mais parfois on peut réellement pourir en HP ou chez le generaliste parce que ma manière d'exprimer (de ressentir mentaliser) ce qui se passe dans mon corps est cryptique et atypique et que j'ai une ald psy.

Exemple ; je sens parfois mon coeur faire des cabrioles. Plusieurs medecin-e-s et cardiologues m'ont envoyée chier sans m'examiner parce que "on ne peut pas sentir son coeur, c'est une IMPRESSION"

Jusqu'à ce qu'apèrs avoir eu une periode où mes constantes craignaient j'ai eu un ecg et... j'ai des extra systoles. Encore plus "rassurant" j'ai rencontré un camarad avec une maladie cardiaque orpheline qui sent très bien quand ilest arythmique. TOUT LE MONDE ne le sent pas mais nous sommes plusieurs a le sentir.

Voilà le topo, c'est un peu le merdier de s’occuper de son corps quand il brouille les pistes et qu'en fasse on nous prend au pied de la lettre.

lundi 25 février 2019

Self care et auto soin






En ce moment je vis pas très bien (quant au printemps ça m'étonnerait qu'il passe l'hiver) Hypomane depuis trois mois je me suis vue arrêter les antidepresseurs progressivement sans augmentation du traitement sedatif, et les antidep... Ben on sait qu'ils continuent d'agir deux trois semaines.

Je me trouve donc très speedée, hyper irritable, avec des moments d'euphorie comme des moments de tristesse, beaucoup de colère à décharger et le melting pot de sentiments violents et de besoin de me dépenser- decharger important. De plus je ne dispose pas de vehicule pour me déplacer et à la campagne sans accès materiel aux transports en commun (genre juste àa existe pas en milieu bien rural) je suis confinée à la maison.

Pour me préserver at pas être trop débordée par l violence de mes émotions du coup je fatigue moncorps à faire beaucoup de menage et des choses du genre.
Et puis "mon" infirmière du CMP m'a proposé de "m'occuper de moi, faire des journées spécial Julie"

La violence de mes effort physiques confinaient effectivement au self harm, que j'avais abandonné voilà une vingtaine d'année (mais je n'oublie pas)

Se pose alors la question qui revient souvent : comment s'occuper de soi, se faire du bien. Elle m'a donné deux trois tips.

Le nursing : le nursing est en gros tous les soins maternels (dévolus aux femmes, mais les id hommes peuvent très bien paterner et s'occuper du nursing de l'enfant ou de la personne malade), la toilette le change le nourrissage.
Il fait partie du rôle propre infirmier mais est le plus souvent pris en charge par les aides-soignant-e-s (je ne sais pas si iels ont un décret de compétence, dans mon souvenir et à l'époque, c'est un travail très purement infirmier qui est délégué aux aides soignant-e-s le plus souvent)

Le nursing est aussi le travail des parent-e-s envers lae tout-e petit-e qui ne peut pas encore se prendre en charge.

Je ne sais pas si le diagnostic infirmier existe toujours, dans les cas d'incurie "déficit en auto soins"


Donc un partie de mon self care va être de me laver, ou plutôt de profiter de la sensation corporel d'une douche que perso je prefere très chaude. A contrario de la douche froide pour remplacer/prévenir le self harm. On peut la préférer tiède etc, le but est d'être bien au moins dix minutes, pour moi de relaxer les muscles mecaniquement (tension physique), de sentir les contours de son corps.L'emploi de produits de lavage qui sentent bon, ou font de la mousse rigolote etc est une option, mais j'evite pour ma deuxieme douche, bcp plus rapide, que je prens le soir.

Ce soin est suivi de tartinage à base d'huiles et de crème, pas dans l'optique d'avoir la peau douce, mais de me masser, me caresser, me nurser.

Option fric : s'offrir un vrai massage en institut. J'y ai eu droit lors de ma dernière cure et ça m'a même divisé par deux la conso de clopes pour la soirée. Mais j'ai toujours pensé que les instituts de beauté étaient la versoin sans attachement des soins parentaux. Note : il faut être en capacité de lâcher prise, et bien sur supporter d'être touché-e par une inconnue.


Le nourrissage : je me débats avec mes TCA en ce moment. Mais je privilegie la comfort food, des aliments que j'aime (pas forcement gras sucrés salés d'ailleurs), faciles et rapides à préparer. Je ne parle pas forcement de se taper un pot d'hagen daazs devant bridget jones (serieux laissons mourir ce cliché). J'essaye de ne pas le laisser perir de faim le midi quand l'être aimé n'est pas là, je prends des petits plats que j'aime, je mange des oeufs (mon mets préféré), de la salade avec une vinaigrette toute prete préférée, des pizzas indus. Et de la raclette à l'occasion.

Les glucides m'assoment beaucoup (j'ai flingué" mon metabolisme en variant hyperphagie restrictions) et parfois je m'aide d'un mini sachet de bonbons pour me calmer. Je ne reflechis pas à ce qui est "sain et fait du bien à mon corps" (lol) ais ce dont j'ai envie, et à la mesure de ma faim. Si je 'ai pas faim je ne mange pas, si j'ai faim, je mange, et fuck ls horaires.

L'habillage : si l'infirmière ou autre vient je me sape, si je vais au gem je me sape, si je prévois une journée maison je mets un pyjama joli et confort propre après ma douche.


J'ajoute le nidage : je me suis aménagé des nids un peu partout dans la maison que j'investis beaucoup.


Aide au care : la félinothérpie (marche avec toute espèce animale amie), les longs calins aux chats speedés par mon speedage, jeux, courses poursuites etc. Très important. Et garder la cosncience de leur amour inconditionnel (nous avons qautre chats)

Aide au care bis : le soleil, en ce moment. Engros ce que je fais habituellement dedans (scroller en me grattant les steks, fumer, lire) je me le fais sur la terrasse. Si j'avais un vehicule j'irais en terrasse dans un troquet que je connais boire des cafés en lisant au soleil.

Le conseil de l'infirmière pour gérer le sentiment de rage et la tension : le travail en exterieur (je peux j'ai un grand jardin). Déambuler dans le jardin, tailler des arbres etc, le taff manqu pas. Demain je reçois deux steres de buches que je vais fendre au merlin. Ca va m'occuper cinq minutes et c'est hyper liberateur.

Le conseil de 'linfirmière pour aider à se recentrer : les petites tâches manuelles et créatives : coloriage (alors je fais pas de mandala je pense que je remplis deux cases j'en fais des confettis. Je prends des trucs moins minutieux et je detiens notamment deux livres de coloriage de jurons et insultes qui me font du bien a gribouiller





Elle ne me conseille pas la méditation j crois que j’entends encore une fois la voix de Christophe André je m’énuclée avec un petite cuillère.


Je me fais des sessions de dix minutes dix minutes (dix mn concentrée dix mn pause)


Voilà mes maigre petits conseils pour le self care. Soutien aux camarades qui galerent

samedi 9 février 2019

Mon Histoire de la psychiatrie

Ou comment ça s'est cassé la gueule en 20 ans

Moi j'étais infirmière, je me suis toujours destinée à la psychiatrie, grosso modo parce que je voulais aller à l'encontre et aider les plus stigamtisées des personnes en souffrance. Ca avait un côté sacrificiel, et aussi d'auto comprehension et de réparation alors que j'étais déjà malade mais n'en avais pas conscience.

J'ai fait mes études dans un Institut de Formation en Soins Infirmiers de 1993 à 1996 (soit de mes 17 ans à mes 20 ans, étant de fin d'année), études douloureuses et gavées de maltraitance sur les terrains de stage (les histoires commence à sortir, c'est systémique, je ne suis pas un cas isolé on en a toustes chié) La théorie allait bien, les stages c'était plus compliqué, notamment au vu de mes inhabiletés sociales qui me rendaient bizarres aux yeux des encadrantes. Des certain-e-s, je dis pas, d'autres ont été super.

On m'a notamment dit "Je souhaite que tu ne sois pas une vraie infirmière, que tu aille en psy"

Oui le stigma était déjà là, on n'était déjà pas considérées comme de "vraies" infirmières si on taffait en psychiatrie. Une etudiante m'a même demandé si je ne m'ennuyais pas trop en psy.

J'avais un contrat d'engagement de servir (j'étais payée pendant une année d'étude, je devais un an - payé normalement- à l'hôpital (général) qui m'a formée.

C'était la deuxieme année je crois du "diplôme unique" (les infirmier-e-s disposent d'un diplôme d'état -DE- et peuvent ainsi exercer en liberal après avoir servi trois ans dans un hôpital en interne)

Auparavant il existait le diplôme "d'infirmière DE" et le diplôme "d'infirmière de secteur psychiatrique" (ISP) Il y avait un tronc commun d'un an (où les élèves alors étaudiaent le "corps sain" puis une année dédie à la psy pour les ISP et au reste pour les DE.

Les ISP ne pouvaient pas exercer en service général.

Mais iels etaient pointu-e-s en psy (bien que biberonné-e-s à la psyk)

Donc moi je suis arrivée avec mes maigres connaissances (lectures de Freud, Bettelheim, Kristeva, toussa) et j'ai vu l'indigence de la formation en "santé mentale". La "psychologue" de l'hôpital (une meuf qui avait une L3 de psycho), des intervenant-e-s plus ou moins pédagogues (des internes et medecins psychiatres, psychologues etc de l'hôpital qui nous donnaient des cours magistraux non obligatoires - comme toute la formation) Sur un mois pour une formation de trois ans. Un stage en "santé mentale" était obligatoire sur les trois ans. C'est maigre.

J'avais zéro ambition, quais zéro projet pro, juste sûrement bosser dans l'USN de mon hôpital (Unité de Soins Normalisés", je crois pour différencier le service psy dependant d'un hôpital général d'un EPSM - Etablissement Public en Santé Mentale" dédié uniquement à la psy - mais toujours public)

Mon dossier d'tudes se conclut par "bien adaptée en service de psy..." je me souviens des trois petits points genre omg débarrassez nous de ce boulet. Mes notes théoriques étaient bien, mes mises en situation professionnelle variable (MSP, obligatoires pour valider certains stages) mais toujours up en psychiatrie.

J'ai fait mon stage de pédiatrie en pédospy, les stages optionnels (au nombre de deux) en psychiatrie (ado et adulte), le module optionnel théorique de santé mentale.

Et je ne savais quasi rien.

Bref me voilà fin 93 embauchée à l'USN. Alors je dois dire que notre HP tait particulièrement open. Jai été accueillie par une équipe de quinquas plutôt soudées, de "vioeux infirmiers vieilles ecole" qui avaient connu les asiles, la vague antipsy et qui étaient humanistes. Idem pour le psychiatre chef de service le Dr G. qui a déterminé une grande liberté avec son assistante psy et ses internes.


Le service était ouvert.

Les patients circulaient librement et ma surveillante (on disait surveillante) était fille d'agriculteurs devenue infirmière devenue "faisant fonction de cadre" à l'ancienneté. Quand je dis les patient-e-s circualient librement c'était quasi toustes : même celleux en HDT. Iels allaient acheter un paquet de clopes, boire un café, faire des trucs "en ville", iels signaient rien, iels demandaient juste à un-e soignant-e qui évaluait, disait ok, vous revenez à quelle heure ou alors "je crois que c'est prématuré, je vous accompagne en voiture"

Quand le service était calme on avait masse de temps.

J'ai même emmené des usager-e-s en HO boire un café au bistrot toute seule etc

Y'avait un côté gros zbeul qui péchait quand même, un côté "soins pas pensés" "soins aux tripes" mais on s'en sortait pas mal. Les psychiatres étaient un peu glandeurses, on causait beaucoup comme dans les BD de Lisa Mandel sur la psy.

J'ai appris TOUT auprès des ces collègues. La pratique le ssavoir être faire un entretien, remplir un dossier de belle littérature (et pas que "selles OK"), contenir psychiquement et/ou physiquement un-e usager-e (jamais plus de 72h, toujours s'iel dort)(jamais les sangles, la chambre forte)

On fumait aussi DE PARTOUT (omg dans le bureau infirmier) et la usager-e-s avaient accès à de la bouffe en free party.

En 2000 j'ai été aussi hospitalisée en psy, ça a été un carnage. Je m'attendais à être logée à la même enseigne, j'ai été rudement maltraitée (faits prescrits). J'ai été enfermée (15j, sans RIEN)

A mon retour (j'avais pipeauté en disantavoir eu la mononucleose ce que tout le monde avec tact a fait semblant de croire)

Et ça doit être àpeu près là que tout a commencé à décliner (pour moi comme pour la santé notamment en psy en France)(mais mes "vieuxlles collègues me disaient que ça avait commencé avant)

La surveillante était devenue Cadre de Santé (la même personne pas le même nom)

On a eu un surveillant général qui m'a reprise en se disant "Cadre Supérieur de Santé du Pôle Psychiatrie" en prononçant toutes les majuscules, et qu'avait jamais rien eu avoir avec la psy ou les fols.

La direction du personnel etait devenue gestion des resources humaines (on en a beaucoup parlé, le terme choquait. On connaissait les resources agricoles et pétrolière, on se vivait pas comme des resources alors)

Les biscuits du thé de 16h ont été rationnés (un par personne)

Puis on disparu en tartines.

Puis le pain etle beurre ont été rationnés. Moi je me disais mais fuck, on n'est pas en guerre.

Les usager-e-s ont faim tout le temps, ennui, angoisse, neuroleptiques...

On n'a plus eu le droit de leur proposer à manger entre les repas.

Le lait et la soupe ont été rationnés.

Plein de papiers sont apparus, on a eu des formations obligatoires "stress et agressivité" (avec des formateurices moins compétent-e-s que nous en stress et agressivité)

Il y a eu des choses bien et nécessaires mises en place malgré notre mauvaise volonté (j'admets) : une vraie traçabilité, l'application de la loi Evin, des formations securité et incendie, etc.
Moi je louvoyais avec ma "vieille" équipe : les ollegues voyaient bien que j'étais de plus en plus malade, alcoolisée le matin de la veille dans la nuit etc. Iels m'n parlaient. Iels me protégeaient aussi. C'était bien et pas bien, parce qu'à l'époque y'avait plein de soignant-e-s problématiques et j'admets que c'est problématique une infirmière aux effluves de whisky qui vient faire la prise de sang à 7h du matin, ou qui passe une année à être apathique.

J'étais mal suivie à l’extérieur, je faisais parfois mes propres séjours en psy et je revenais d'équerre et puis ça replongeait.


J'avais un collègue très très problématique dont on s'est toujours douté qu'il frappait certain-e-s usager-e-s sans jamais avoir les kiwis de faire remonter, ou de vérifier. On l'a confronté mais il niait. C'était chaud. Je dirais que maintenant les gen-te-s anormalement maltraitant-e-s sont écarté-e-s.

Donc moins de bouffe, moins de temps (jamais de surbooking cependant), beaucoup plus d’administratif (notamment vraiment pour des conneries) l'arrivée de l'informatique, de plus en plus de N+1 et N+2 venant d'écoles de management.

Et là où pour moiça s'est vraiment effondré c'est quand la génération qui m'a formée est partie à la retraite.

Je me suis retrouvée avec des collègues fraichement diplômée qui bittaient rien à la psy, on pouvait pas le leur reprocher vu l'indigence de la formation, mais qui voulaient pas apprendre.Iels s'en caguaient. Fallait des usager-e-s propres et pas constipé-e-s. Fallait du Cadre (sans sens, sans souplesse, sans aucune compréhension, juste pour se rassurer face à la psychose)

Surtout le Dr G est parti à la retraite et est arrivé le Dr L. Lui c'était saveur umd direct. Il a envoyé des fourgons pleins de patient-e-s "dangereuxses" en UMD. Il a fait fermer le service. Ca prenait encore plus de temps, ouvrir et fermer la porte tout le temps. Il a fait enfermer plein de gen-te-s.

Je le trouvais problématique et totalitaire.

Mes jeunes collègues le trouvait merveilleux "il nous a apporté la Sécurité"

On n'a jamais eu tant de violence tant de fugues. Si peut de parole avec les usager-e-s. Pour un staff identique.

Moi j'étais été victime de mobbying de la part de cette équipe là. Iels parlaient devant moi de leur sorties ensemble sans jamais m'inviter. Iels se moquaient de moi, de mon hygiene douteuse, de mon poids, entre elleux, devant moi. Iels ne m'en ont jamais parlé directement.

Ca a fini par une lettre de dénonciation anonyme à la direction (courageusement signée "l'auquipe infirmière") envoyée à la direction et que je n'ai jamais pu lire dont je n'ai jamais pu me défendre. Moi j'ai pris de vrais soins, HP, clinique, congé longue durée mais c'était plus "possible pour vous en psychiatrie avec le Dr L")(qui m'a rarement adressé la parole)

C'était un bien aussi pour moi de ne plus retourner en psy et taffer comme secrétaire en epidemio m'a aidée et surement sauvé la vie.

Aux dernières nouvelles cet USN a toutes ses portes fermées et des caméras dans tous les sens, et par ailleurs est menacé de fermeture. Les soignant-e-s y reprennent stromae en mode "psy psy t'es où ?" alors que le soin avait disparu depuis longtemps.

Ca se casse la gueule. Y'a les moyens, la formation, la "qualité" des jeunes soignant-e-s qui n'ont pas non plus le même discours que les générations précédentes. Pas la même formation. Pas le même intérêt intellectuel et humain (je globalise, y'en a des biens hein)

Et moi ça fait vingt ans que je vois que ça s'écroule, j'ai posé dix préavis de greve en dix ans, j'ai été réqsuisitionnée dix fois.

Je sais que moyennement comment me battre comme usagère. Je crois que c'est bien si les soignant-e-s nous réhabilitent et portent notre parole au lieu de tenir ds discours qui puent genre "on va finir aussi fols que nos aptient-e-s, un comble"