lundi 9 novembre 2015
L'idée de la mort II - l'apaisement
L'idée de la mort est sans cesse présente à mon esprit et si l'idée de la mort des autres me préoccupe l'idée de la mienne me tempère, me modère, m'apaise.
Le bilan de ma vie est fait, pas parce que je viens d’avoir 40 ans, parce qu’il se fait régulièrement comme des mises à jour automatiques.
Je n'ai qu'une vision floue de ma chronologie, je n'ai que quelques chiffres d'événements passés qui ne sont pas si importants en soi : 5 ou 6 TS, 8 ou 9 hospitalisations, 4 histoires d'amour amochies, 1 arrestation, 4 emplois, quelques expertises, 5 déménagements...
J'ai sur la conscience des actes moches envers mes proches et mes amours, tromperie, mensonge, vols, violence verbale, bris de matériel. C'est lourd à porter. Le plus lourd est la conduite en état d'ivresse, répétée, qui ne s'est jamais soldée par des accidents physiques pour autrui mais qui auraient pu, et de cela je m'en veux amèrement. Qu'importe si depuis des années je tâche de me bien conduire, un bien ne rachète pas un mal, et inversement, je ne crois pas à la roue karmique, il y a des faits, puis d'autres, c'est ainsi, je dois me supporter et vivre vivante.
Il y eu des événements clés pour moi, ceux dont je me souviens. La solitude enfant, la première rupture d'un amoureux qui a marqué rupture avec ma fragile tige mentale et a causé cette fracture psychique qui a influé la nature de l'expression de mes troubles. Puis l'entrée à l'IFSI et le premier job comme infirmière en psy. Bien plus tard la Clinique lyonnaise qui m'a vraiment bien retapée, où j'ai experimenté la sérénité pour la première fois. Le départ à Toulouse et le crash atomique. L'image de toutes mes affaires dans des sacs poubelles sur mon balcon signant le début d'une période de marginalité, avec abri puisque chez mon père. La première cure alcoolique, la résurrection. La thérapie avec J. La rencontre et la joie avec L. La "décompensation de Décembre 2014 et la tombée du déni".
La mort est venue est repartie durant toutes ces années. Mais j'ai vécu l'horreur et j'ai vécu le bonheur, j'ai vécu, je vis l'amour. Je vis la vie de couple dont j'ai toujours cru que j'en serais privée. J'ai vécu tout ce que je voulais (et ne voulais pas) vivre.
J'ai dit aux gens que j'aime que je les aimais, je le leur dis régulièrement. Car la mort a marqué son empreinte sur moi et que je suis en mon dedans un petit samouraï sur un cheval à bascule : la mort est sans cesse présente à mon esprit. La vie est vivace, le corps est bien foutu, mais tout est fragile et impermanent, qui sait si demain ne sera pas "mort, le petit lumignon !"
Après la mort il n'y aura rien, ce sera un non événement pour moi - ce sera sans doute triste pour mes proches s'il me reste des proches. Je pense aussi à la maladie grave, au cancer du fumeur qui m'inquiète. Mourir, mourir, dormir, rêver peut-être. Oui mais si possible, pas quand le soleil est encore haut dans le ciel. Dans le nénuphar du poumon je crains la souffrance et la dégradation. Je sais où me rendre en Suisse, mon autre pays, pour mourir dans la dignité comme nous helvètes en avons le droit.
La mort est mon plan B, à moi qui ai tant dit "on se reposera quand on sera morts". Évidemment ça fait chier de quitter l'aventure mais je ne suis pas si orale et gourmande que cela, j'aime mon existence et les belles personnes qui la peuplent, mais puisque rien ne dure...
Peut-être est-ce universel, la vie à nos côtés tout au long de la vie, dans nos esprit, en bruit de fond ou en tintamarre. Je la garde présente à l'esprit, comme solution et pour me tenir à un bon comportement avec les autres êtres vivants, vivacement vivants tout comme moi.
L'idée de la mort à l'esprit
Je souhaite ici debuner quelques idées reçues concernant le suicide
Suicide : acte de se tuer soi-même
La mort est tabou sans doute car elle nous fait horreur, je n'y échappe pas je n'y ai jamais échappé
Enfant j'imaginais ma mort et mon enterrement et le vide et le froid et l'absence de tout, je pleurais fort et je voulais me suicider pour avoir prise sur ce moment particulier
Je pense je pense fort au dedans de moi c'est une certitude toute simple que la vie n'a pas d'intentionnalité on ne peut pas dire la vie est une chienne la vie est belle
La vie est un laps de temps que nous éprouvons tous entre légalement en france le moment où nous avons passé douze semaine dans le ventre de notre mère et le moment plus ou moins lointain du premier où notre encéphale cesse de fonctionner
La mort me fait plus que flipper elle engendre en moi des réactions ataviques d'horreur et de terreur - les poils de ma nuque se dressent; les autres aussi. Je suis fascinée et sidérée
Au cours de mon existence, 4 ans à ce jour, j'ai vu, touché des corps morts avec respect mais avec cette grande terreur aussi de cette chair morte de ma propre mort.
On naît - moment atroce pour Emil Cioran, et puis on meurt - moment atroce pour beaucoup de personnes
Vivre n'a pas d'autre sens que vivre pour moi le reste les objectifs les buts la beauté ou la laideur reste fioriture conditionnée par lae social, si je suis l'implacable biologie d'Henri Laborit, on vit parce que la vie est vivace, la "vie vivante" tout ce que je peux en dire c'est que j’aime la vie, c'est le syndrome de Stockholm
Une fois embarqué.e.s on vit parce qu'on vit, on vit pour vivre, simplement être en vie me semble être le but du vivant
Parfois - parfois - la machine s'enraye pour une ou autre raison ou de multiples raisons et le devoir-vive (je ne crois pas intensément au "vouloir-vivre" cela est plus fort que la volonté même) se voit menacé par l'idée de la mort
On me dit que je suis malade anormale. Effectivement il est anormal de vouloir mourir si l'on considère que le vivant tend à la vie vivante
Depressive, je pèse mes mots je ne parle pas du coup de blues passager de la petite déprime automnale ou autre connerie des magazines féminins, dépressive je pensais à la mort
Beaucoup
Sans cesse
Les psy disent ou disaient que dans la dépression "l'idée de la mort envahit le champ de l'esprit"
C'est cela, que je compare à l'aile noire de la dépression ou à un ciel violacé et bas
Ca vient, c'est là, au départ pas même pour échapper à la souffrance ressentie
Un grand bug, un défaut de vision qui impose la mort dans la conscience un peu puis beaucoup puis sans cesse
Ainsi à Toulouse quand en état mixte je me pensais, de manière argumentée rationnellement et tout proportion gardée un samouraï (une lame solide dans la tourmente face aux moulins à vent) j'avais lu le Bushido, le code des samouraï j'avais gardé l'injonction qu'il faut "garder sans cesse à l'esprit l'idée de la mort"
Non dans un but sacrificiel de ce que j'en ai compris - plutôt pour toujours se bien conduire car l'on peut mourir du jour au lendemain, comme ça, et alors on ne pourra pas réparer le tort même minime fait. Toujours agir avec droiture, la mort est sans cesse là, en filigrane, en réalité
Je pense donc dans mes phase de profonde déprime à la mort, sans cesse
Premier debunk : "les personne qui veulent vraiment se suicider n'en parlent pas"
Premièrement j'aimerais connaitre des personnes voulant faussement se suicider, j'aimerais éclaircir le terme "chantage au suicide" j'aimerais qu'on reconsidère le terme "appel au secours" j'aimerais qu'on écoute les usagers les aspiants au suicide un peu. Il s'agit de leur vie et de leurs projets de mort
Les personnes dont le champ de la pensée est envahie par la mort en parlent parce que ces personnes parce que moi je ne voulais pas mourir. C'est la mort qui m'envahissait quand la mort vous envahit vous demandez de l'aide pour que parte cette idée constante
Et quand il s'agit d'un manque de choix que l'on ressent, on en parle pour entendre d'autres choix que nous ne voyons pas
On pense ne pas avoir le choix quand on souffre trop et que la mort est atroce mais la torture pire encore
On pense ne pas avoir le choix car on est un fardeau pour ses proches ou que l'on le pense ou qu'on est une tache en ce monde un être infect qui mérite la peine de mort pour débarrasser la planète de la souillure qu'elle est.
Parfois souvent on demande aux proches si on est si atroce que ça ou si ça vaut le coup de lutter encore
On en parle pour ne pas mourir parce que notre vie est vivace malgré la lèpre de la dépression qui ronge les forces la volonté la raison parfois on a envie de bouffer la vie de mordre encore mais on pense ne plus avoir le choix, ou on choisit le moins atroce pour soi et les autres
Deuxième debunk "se suicider est lâche" se suicider n'est donc ni lâche ni courageux quoi qu'il faille avoir les dents bien serrées pour se foutre en l'air.
Troisième debunk "les gens qui veulent vraiment mourir y arrivent" cela est faux cela est admis dans le domaine médicale que la gravité du suicide est à évaluer selon l'intention de mourir et non la méthode mise en oeuvre ni la gravité physique. Entre nous entre nous seulement soit dit est-ce envisageable que quelqu'un ai juste un peu envie de mourir est-ce humain de déclarer à quelqu'un.e sur un lit d'hôpital dans le confort clos d'une chambre dans une conversation qu'iel a simplement voulu lancer un petit appel au secours ? Est-ce humain de minimiser ainsi ses souffrances et ses actes et de déculpabiliser les proches - ce qui semble toujours d'une extrême importance pour nomnbre de soignants en parlant de simples appel au secours- même proches qui visiblement ont été si sourds et aveugles aux autres appels au secours qu'il faille un attentat à sa propre vie pour qu'ils remarquent quelque chose ?
Et puis je l'ai vécu je l'ai vécu à 18 ans j'étais à l'hôpital j'avais pris des cachets la veille et "on" a parlé de "simple" appel au secours et je crois que personne ne m'a demandé quel était cet appel, de quel secours j'avais besoin - on m'a dit grosso modo ouf mademoiselle, c'est un simple appel au secours, rentrez chez vous et reprenez vos activités.
Il s'agissait de ma deuxieme tentative de suicide qui n'avait pas de raison précise autre que la dépression depuis l'enfance que la perte de l'amour l'année précédente (motivation de ma première tentative de suicide) que je croyais perte de tout amour à tout jamais
Pourquoi avez vous fait ça m'a demandé mon psychiatre j'ai répondu je ne sais pas.
Je ne savais pas
La mort était là perchée sur mon épaule et un jour il y a eu la bascule
Et je suis rentrée chez moi ma mère a été gentille mais au final nous n'avons jamais parlé
de l'appel
au secours
de qui j'avais appelé et pour quoi
de quels secours j'avais besoin
et là s'est foondé mon premier état confortable de desespérance - dans l'espace, personne ne vous entendra crier
samedi 7 novembre 2015
Oralité
Il y a un truc que je fais tout le temps
Ca agace tout le monde
Ca dégoute même, ça agace et ça révulse sur les bords
C'est porter des choses à ma bouche
Des cigarettes, des e cigarettes, mes doigts mes ongles, des aliments, de l'eau et d'autres boissons, de l'alcool en seille, des trucs, tout le temps, que je mets dans ma bouche
"On" qui, s'il n'est pas un con, est indéfini, m'a parlé d'avidité orale
Ca parle de cela et ça parle de mes besoins affectifs immenses aussi
Encore faut-il adhérer à la doctrine psychanalytique et je dois dire qu'elle et moi on est un peu en froid parce que ouate de phoque tout de même, sur les bords
On m'a parlé de fantasme de dévoration, de fantasme de nourrisson au sein qui ne fait que se remplir, on a parlé de ce vide en moi à remplir absolument, de vide psychotique, en moi
Vide ?
moi ?
J'ai plutôt le sentiment d'être trop pleine, de tout
Il est vrai que je suis difficilement rassurable affectivement et que je demande beaucoup
Actuellement, j'ai beaucoup, j'ai tout, je suis comblée
Pourtant je fume, je bois, je bouffe
Et mon passé mon passé mon passé, frak à la fin mon passé, je n'ai pas non plus grandi dans un orphelinat sibérien
Qui peut se dire rassuré en amour ? Qui peut se dire sûr en amour, tranquille en amour ? Dès qu'on aime on est insécure, sans amour on n'est qu'airain qui résonne
Alors non, ma théorie, la théorie que je vis qui est donc en quelque sorte une pratique, ma réflexion empirique disons
C'est que la bouche reçoit, la bouche prend, mais la bouche donne aussi.
La bouche est un endroit merveilleux, les dents sont merveilleuses, agressivité (saine ou pas), santé surtout, la langue est un muscle génial qui sent les goûts et les odeurs, les textures, les lèvres identifient avec précision la texture externe, la douceur, l’âpreté, c'est un sphincter la bouche, un merveilleux muscle et une splendide cavité et avec on reçoit
Certes des cigarettes, de la nourriture, des boissons
Mais aussi des baisers, des caresses, et des souvenirs en madeleines
La bouche donne aussi, elle donne des baisers, des coups de langues, des morsures, des mordillements, surtout elle donne des mots, des rubans de mots, des tissus de mots, et des chants, es vrombissements des sifflements, des murmures et des cris.
Alors avec ma bouche, je n’aspire pas comme une outre sans fond, comme un vampire, de basses nourritures terrestres en me disant oh bon, très bien, je me sens en manque de love je vais bouffer tout un saladier de riz et fumer quatre clopes et ça platrera. Je ne suis pas une poche vide nom de dieu, je ne me remplis pas, je ne suis pas vide.
Stieg Dagerman a écrit Notre besoin de consolation est impossible à rassasier et c'est un écrit assez universel. Va-t-on dire de ce pauvre Dagerman qu'il ressent une pulsion orale toute psychotique et régressive ?
Ce que je cherche à faire avec ma bouche, c'est échanger. J'ai soif de mes contemporain.e.s, du monde, je ne suis pas différente d'un.e autre. J'aime parler, j'aime mal chanter, parce que j'ai une sensibilité acoustique particulière, j'aime embrasser, j'aime les caresses buccales à donner et recevoir, j'aime les mots, à lire, entendre, donner, j'aime écouter, j'aime entendre, j'aime recevoir par les oreilles et la bouche, j'aime prendre du plaisir et en donner, avec ma bouche et tout le reste, j'aime ressentir par la bouche, sécher d'angoisse, saliver de désir comme une chienne de Pavlov, j'aime mordre et croquer.
Je suis une personne sensée, je devrais, je pourrais me raisonner. Je le ferai, car mon corps est un genre de temple de chair dédié non à dieu mais à ma vie vivante, mais comme C.B. me le disait dans une autre vie "Complexifie le problème, alors tu le comprendras"
Je suis autosuffisante en sein, j'en ai deux.
mercredi 28 octobre 2015
Force
Je suis sans cesse préoccupée et parmi mes autres failles se trouvent la tristesse les 50 nuances d'angoisse les surinterprétations.. les idées curieuses.
Par dessus tout cela, qui travaille aussi en tâche de fond sans cesse il y a ma force, l'amour que je me porte l'amour que certaines personnes me portent.
Je suis bizarre oui mon contact est semble-t-il un peu étrange. Je pense que je flotte un peu assez souvent mon esprit bat la campagne, j'ai de la fuite dans les idées. J'ai une sensibilité acoustique particulière également ou plutôt un traitement des données bancal du coté cérébral : j'entends bien les sons et les syllabes mais je n'arrive pas toujours à les assembler de façon adéquate ce qui donne à mes conversation un petit cachet Professeur Tournesol. Pourtant la perfection de mes audiogrammes, je ne vous dis que ça. En public souvent je louvoie je dis "mm" ou je dis "ah oui" ou je dis "je ne sais pas, je ne suis pas sure" avec un sourire que je souhaite décontracté mais qui parait plutôt lunaire je crois bien.
Ma "candeur" ou ma "naïveté" ou ma "fraicheur" surprennent aussi. Je sais évidemment user de tact d'empathie de délicatesse mais je suis éternellement emerveillable et tout m'intéresse fortement.
Donc je me présente bizarrement un ensemble un peu diffus, un peu subtil.
Longtemps je me suis haïe pour cela, méprisée, je ressentais tant de honte, ju, tu e peux pas te comporter un peu correctement ? Les auto insultes pleuvaient : idiote, salope, maladroite à deux mains gauches, brutasse, bourrine, sourde comme un pot avec une capacité d'attention de poisson rouge.
Puis je suis tombée du déni et j'ai constaté, d'abord en un flash violent puis sur une année en continu que je vis avec une schizophrénie et que ce n'est pas si grave, ce n'est pas moche, ça ne fait pas de moi une personne moche. Ce grand secret que je portais, cette "tache", cette malédiction se résume en quelques carcactères: f25.1, troubles schizo affectifs tendance dépressive.
Plein de gens m'apprécient et être bizarre n'est pas repoussant, pas forcement. Il s’agit d’une particularité. Je pense être devenue une plutôt bonne personne, c'est qui je suis, ce que je suis, qui fait que cette particularité, la bizzarerie, sera "inquiétante" ou plutôt rigolote-intéressante-touchante.
Probablement que si j'investiguais mon cerveau organe on y trouverait vdes tas de trucs qui winwallent, comme on dit en Haute Savoie. Il gère mal la sérotonine, la noradrénaline, d'autres trucs en -ine, une foule de neurorecepteur mediateurs et tutti frutti. Mais mon très bel encéphale (mon cerveau je t'aime) parvient à être efficient suffisamment pour toute la vie quotidienne, hormis le travail à l’extérieur, plus les mmorpg plus les étues à domicile, plus les lectures et autres formes de culture, plus pour emmagasiner et restituer un tas de souvenirs, plus pour de beaux sentiments, plus pour savoir maintenant les gérer vraiment pas mal.
Je sens mon cerveau travailler, je sens quand il chauffe et fait clong clong comme les moteurs qui refroidissent et quand il vibre c'est u'une émotion sous jacente est trop forte.
Destas de gens m'aiment et m'apprécient je les aime aussi. Des tas de gens s'en carrent de moi, d'autres ne m'aiment pas trop, je ne prends pas cela par dessus la jambe, ça me fait toujours du chagrin. Mais suffisamment de gens m'aiment pour ue je ne me sente pas détruite.
Tombée du déni je me suis aperçue que certains mots n'étaient pas des jugements négatifs "je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi" est certes ambigus mais pas forcément négatif.
Parfois je me sens la plus forte la plus cool la plus futée, je sais en parallèle que j'exagère je ris de moi gentiment interieurement mais je m'autorise à le vivre joliment durant une heure c'est le coup de boost.
Quand je me sens monstrueuse comme quand je me sens géniale, je me répète pour me tempérer une de mes phrases favorites :
Je suis unique comme tout le monde.
Par dessus tout cela, qui travaille aussi en tâche de fond sans cesse il y a ma force, l'amour que je me porte l'amour que certaines personnes me portent.
Je suis bizarre oui mon contact est semble-t-il un peu étrange. Je pense que je flotte un peu assez souvent mon esprit bat la campagne, j'ai de la fuite dans les idées. J'ai une sensibilité acoustique particulière également ou plutôt un traitement des données bancal du coté cérébral : j'entends bien les sons et les syllabes mais je n'arrive pas toujours à les assembler de façon adéquate ce qui donne à mes conversation un petit cachet Professeur Tournesol. Pourtant la perfection de mes audiogrammes, je ne vous dis que ça. En public souvent je louvoie je dis "mm" ou je dis "ah oui" ou je dis "je ne sais pas, je ne suis pas sure" avec un sourire que je souhaite décontracté mais qui parait plutôt lunaire je crois bien.
Ma "candeur" ou ma "naïveté" ou ma "fraicheur" surprennent aussi. Je sais évidemment user de tact d'empathie de délicatesse mais je suis éternellement emerveillable et tout m'intéresse fortement.
Donc je me présente bizarrement un ensemble un peu diffus, un peu subtil.
Longtemps je me suis haïe pour cela, méprisée, je ressentais tant de honte, ju, tu e peux pas te comporter un peu correctement ? Les auto insultes pleuvaient : idiote, salope, maladroite à deux mains gauches, brutasse, bourrine, sourde comme un pot avec une capacité d'attention de poisson rouge.
Puis je suis tombée du déni et j'ai constaté, d'abord en un flash violent puis sur une année en continu que je vis avec une schizophrénie et que ce n'est pas si grave, ce n'est pas moche, ça ne fait pas de moi une personne moche. Ce grand secret que je portais, cette "tache", cette malédiction se résume en quelques carcactères: f25.1, troubles schizo affectifs tendance dépressive.
Plein de gens m'apprécient et être bizarre n'est pas repoussant, pas forcement. Il s’agit d’une particularité. Je pense être devenue une plutôt bonne personne, c'est qui je suis, ce que je suis, qui fait que cette particularité, la bizzarerie, sera "inquiétante" ou plutôt rigolote-intéressante-touchante.
Probablement que si j'investiguais mon cerveau organe on y trouverait vdes tas de trucs qui winwallent, comme on dit en Haute Savoie. Il gère mal la sérotonine, la noradrénaline, d'autres trucs en -ine, une foule de neurorecepteur mediateurs et tutti frutti. Mais mon très bel encéphale (mon cerveau je t'aime) parvient à être efficient suffisamment pour toute la vie quotidienne, hormis le travail à l’extérieur, plus les mmorpg plus les étues à domicile, plus les lectures et autres formes de culture, plus pour emmagasiner et restituer un tas de souvenirs, plus pour de beaux sentiments, plus pour savoir maintenant les gérer vraiment pas mal.
Je sens mon cerveau travailler, je sens quand il chauffe et fait clong clong comme les moteurs qui refroidissent et quand il vibre c'est u'une émotion sous jacente est trop forte.
Destas de gens m'aiment et m'apprécient je les aime aussi. Des tas de gens s'en carrent de moi, d'autres ne m'aiment pas trop, je ne prends pas cela par dessus la jambe, ça me fait toujours du chagrin. Mais suffisamment de gens m'aiment pour ue je ne me sente pas détruite.
Tombée du déni je me suis aperçue que certains mots n'étaient pas des jugements négatifs "je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi" est certes ambigus mais pas forcément négatif.
Parfois je me sens la plus forte la plus cool la plus futée, je sais en parallèle que j'exagère je ris de moi gentiment interieurement mais je m'autorise à le vivre joliment durant une heure c'est le coup de boost.
Quand je me sens monstrueuse comme quand je me sens géniale, je me répète pour me tempérer une de mes phrases favorites :
Je suis unique comme tout le monde.
lundi 26 octobre 2015
Préoccupée
Je suis préoccupée sans cesse, je suis inquiète. Ce n'est pas vraiment une angoisse flottante, plutôt un bruit
Un bruit de fond sans cesse
Une morbide tâche de fond qui tourne
L'actualité m'inquiète, celle de la France et celle du monde. Mais elle est préoccupante n'est ce pas ?
Je me dis oh nom de dieu c'est la merde mais qu'est ce qu'on va devenir, tous ? J'entends le bruit des bottes j'entends la mitraille la pluie de sang et les nuages de sauterelles vrombissant, j'entends le sang battre à mes temps, mon cerveau vibre et le creux se forme entre mes côtes, mais que vais-je devenir
Une cacophonie ténue mais persistante un nuage au dessus de mon ciel, qui le plombe, que j'appelle pompeusement la grande aile noire
Elle n'est pas noire de fait mais violette ciel d'orage, violette ecchymose comme les ailes des petits chagrins qui descendaient autrefois se coller à mon sternum et pomper la douleur de leur rostre
Je suis préoccupée, je m'inquiète pour L. Pour sa santé bien sur pour son bien être surtout pour son bonheur. Je voudrais tant le rendre parfaitement heureuse mais je ne suis pas parfaite, je m'inquiète pour son vieillissement moi qui lui rends quelques années, lui dit qu'il me virera quand il perdra son autonomie et je me demande
C'est un dilemme
Je me demande ce qui serait pire pour lui, vieillir et mourir seul ou vieillir et mourir sous mon regard ? Devrai-je ne pas l'écouter et rester à ses cotés ? Sera-ce l'humilier inutilement ? Et moi à qui on a donné la vie et le reste, ne pourrai-je rien rendre de ce soin aux autres, à mon autre si tendrement chéri ? Je réfléchis beaucoup à cette question, je fais de terribles, voraces réserves de bonheur et de bien-portance parce que si, ça aide à moins s'écrouler quand advient le pire qui advient toujours, toujours
Je me demande, s'il en vient à ne plus m'aimer, me désirer ? Ces choses là arrivent. Outre moi, j'ose espérer qu'il ne restera pas avec moi par devoir, car cela le rendrait malheureux, quelle punition alors pour nous deux
Je m'inquiète pour ma santé. Mes poumons se fanent peut être qu'un nénuphar y pousse, la blonde camelle commence à avoir raison de leur belle amplitude. Respiro. Quand respirer devient difficile, la peur encore serre le thorax, la grande vis et l'écrou qui serre le dos. Et si c'est moi qui deviens dépendante la première, que ferais je, que ferons nous ? Et ça me paralyse et au lieu d'être pertinente et de jeter les clopes au feu je les cherche encore plus fébrilement du bout de les ongles peints en noir et en rouge, je tête la clope avec l'envie de pleurer et des visions de sanatorium, en priant mes démons pour que celle là encore m'apaise. Juste encore une fois S'il-vous-plait.
Mon genou, celui plein d’arthrose, tiendra-t-il encore longtemps ? Ma belle enveloppe corporelle fragile et solide, si bien foutue mais si vulnérable, mon coffre mon armure de chair, qui a toujours été loyale et que j'ai si peu respecté
Je m'inquiète pour mon père, comment vieillira-t-il lui qui est déjà vieux et diminué ? Et ses capacités cognitives qui se rétractent comme un escargot dont on touche les yeux du bout du coussinet ? Comment l'aiderai-je ? Pourrai je le sortir de l'hiver ?
Et ma maman, quand elle mourra ? Cela ne me semble pas possible elle est presque mon univers, ma part solide, durant si longtemps j'ai été son prolongement. Comment lui survivre ? Pour quoi lui survivre ?
Et je m'inquiète surtout sur la fin de mon temps, quand sans enfants, la plus jeune de la famille, plus jeune que mon très bel amour, je serai seule et encore plus incapable de m'occuper de moi même. Mais pour ce cas une pensée me rassure et me console profondément, car un grand courage que j'ai toujours eu est d'être capable de mettre fin à mes jours dignement et sans embêter personne
Dans ce capharnaüm qu'est la vie, dans cette impermanence, ces sables mouvants, les projets de mort m'aident à survivre à ma folie.
Un bruit de fond sans cesse
Une morbide tâche de fond qui tourne
L'actualité m'inquiète, celle de la France et celle du monde. Mais elle est préoccupante n'est ce pas ?
Je me dis oh nom de dieu c'est la merde mais qu'est ce qu'on va devenir, tous ? J'entends le bruit des bottes j'entends la mitraille la pluie de sang et les nuages de sauterelles vrombissant, j'entends le sang battre à mes temps, mon cerveau vibre et le creux se forme entre mes côtes, mais que vais-je devenir
Une cacophonie ténue mais persistante un nuage au dessus de mon ciel, qui le plombe, que j'appelle pompeusement la grande aile noire
Elle n'est pas noire de fait mais violette ciel d'orage, violette ecchymose comme les ailes des petits chagrins qui descendaient autrefois se coller à mon sternum et pomper la douleur de leur rostre
Je suis préoccupée, je m'inquiète pour L. Pour sa santé bien sur pour son bien être surtout pour son bonheur. Je voudrais tant le rendre parfaitement heureuse mais je ne suis pas parfaite, je m'inquiète pour son vieillissement moi qui lui rends quelques années, lui dit qu'il me virera quand il perdra son autonomie et je me demande
C'est un dilemme
Je me demande ce qui serait pire pour lui, vieillir et mourir seul ou vieillir et mourir sous mon regard ? Devrai-je ne pas l'écouter et rester à ses cotés ? Sera-ce l'humilier inutilement ? Et moi à qui on a donné la vie et le reste, ne pourrai-je rien rendre de ce soin aux autres, à mon autre si tendrement chéri ? Je réfléchis beaucoup à cette question, je fais de terribles, voraces réserves de bonheur et de bien-portance parce que si, ça aide à moins s'écrouler quand advient le pire qui advient toujours, toujours
Je me demande, s'il en vient à ne plus m'aimer, me désirer ? Ces choses là arrivent. Outre moi, j'ose espérer qu'il ne restera pas avec moi par devoir, car cela le rendrait malheureux, quelle punition alors pour nous deux
Je m'inquiète pour ma santé. Mes poumons se fanent peut être qu'un nénuphar y pousse, la blonde camelle commence à avoir raison de leur belle amplitude. Respiro. Quand respirer devient difficile, la peur encore serre le thorax, la grande vis et l'écrou qui serre le dos. Et si c'est moi qui deviens dépendante la première, que ferais je, que ferons nous ? Et ça me paralyse et au lieu d'être pertinente et de jeter les clopes au feu je les cherche encore plus fébrilement du bout de les ongles peints en noir et en rouge, je tête la clope avec l'envie de pleurer et des visions de sanatorium, en priant mes démons pour que celle là encore m'apaise. Juste encore une fois S'il-vous-plait.
Mon genou, celui plein d’arthrose, tiendra-t-il encore longtemps ? Ma belle enveloppe corporelle fragile et solide, si bien foutue mais si vulnérable, mon coffre mon armure de chair, qui a toujours été loyale et que j'ai si peu respecté
Je m'inquiète pour mon père, comment vieillira-t-il lui qui est déjà vieux et diminué ? Et ses capacités cognitives qui se rétractent comme un escargot dont on touche les yeux du bout du coussinet ? Comment l'aiderai-je ? Pourrai je le sortir de l'hiver ?
Et ma maman, quand elle mourra ? Cela ne me semble pas possible elle est presque mon univers, ma part solide, durant si longtemps j'ai été son prolongement. Comment lui survivre ? Pour quoi lui survivre ?
Et je m'inquiète surtout sur la fin de mon temps, quand sans enfants, la plus jeune de la famille, plus jeune que mon très bel amour, je serai seule et encore plus incapable de m'occuper de moi même. Mais pour ce cas une pensée me rassure et me console profondément, car un grand courage que j'ai toujours eu est d'être capable de mettre fin à mes jours dignement et sans embêter personne
Dans ce capharnaüm qu'est la vie, dans cette impermanence, ces sables mouvants, les projets de mort m'aident à survivre à ma folie.
dimanche 25 octobre 2015
La gestion de l'énergie
Ma mère me dit souvent "fatiguée de naissance", ce qui est, on en conviendra, un mot dur. Je suis dépressive depuis l'enfance. Mes troubles schizophréniques sont "à tendance depressive" ce qui est une jolie litote pour signifier des états vécus de mélancolie (ici terme clinique de forme grave de dépression, non de spleen poétique.
Je suis donc volontiers aboulique, sans motivation, sans trop de désir ni de patate pour faire des choses.
Enfin, je prends un traitement combinant neuroleptiques, Baclofène et benzodiazépines qui n'a pas pour conséquence évidente un dynamisme exacerbé.
Oui je suis fatiguée. Sans cesse. Certains jours plus que d'autres.
Cependant je préfère me dire que je gère mon énergie plus que ma fatigue.
La nuit il m'arrive souvent de dormir plus de 9h d'affilée, et de faire le matin une sieste de 2h de durée ainsi qu'une autre autant consequente l'après-midi. En sommeillant 13h par jour, il m'en reste 11 pour faire toutes les activités de la journée, 11 heures durant lesquelles je ne déborde pas forcément de pêche.
Pour redémarrer un minimum d'activité j'ai élaboré un planning. Deux, plutôt un pour les jours "avec" et un pour les jours "sans"
Lajournée est surtout marqué par cinq prises de traitement (matin midi 17h soir nuit) qui chacune me blaste.
Et mes plannings doivnt varier le moins possible en intnsié, nombre de tâches, de loisirs.
Donc je calcule. Le week end mon compagnon est en congé, je prends mon traitement du soir plus tard, me couche plus tard, si on sort c'st encore toute une chimie à adopter.
Si j dois fournir un effort de concentration (aller à un entretien au CMP par exemple) je ne travaille pas mes cours car mon cerveau surchauffe très vite (traitements là encore) Je n'éprouve pas cette fatigue du cerveau en lisant romans et essais par contre.
Enfin, le pas de bol, c'est me réveiller trop tard. Car alors j'ai un mal terrible à "démarrer"
J'ai remarqué aussi que mon dynamisme suit un cycle assez rapide de plus et de moins, à 40 (+)/60 (-)
L. me stimule pas mal pour que je maintienne mon rythme et je l'en remercie, il se montre très bienveillant me disant cela et j'ai du mal à veiller moi-même constamment à garder toutes mes acivités. J'ai traversé de longues périodes d'apathie et incurie totales (j'y reviendrai dans un autre billet) et je sais que le glissement peu s'opérer, sur et lent, insidieux et que j'ai à lutter contre en gardant let entretenant l'énergie et le goût ou les automatismes de faire les choses.
Oui, je peux etre assez "flemmarde" pour que l'effort de prendre une douche du matin soit trop insurmontable. Mais j'me soigne, comme ont dit
jeudi 22 octobre 2015
Le travail rémunéré
J'ai jusqu'aujourd'hui toujours travaillé. Je signifie par là, travaillé à l'extérieur contre rémunération. J'ai été infirmière à tout juste vingt ans, métier qui n'est pas de tout repos, et je me montrais surinvestie dans ce poste, qui était, je peux le dire, toute ma vie. Il y eu des moments de maladie au travail, douloureux et honteux à ma remémorer, des arrêts de travail, souvent long
s. Je tenais à mon poste, j'adorais mon taff, je faisais mes trente-neuf puis trente-cinq heures hebdomadaires sans trop rechigner (malgré des réveils parfois compliqués), les week-end, les nuits parfois, les vacances en décalé - tout cela ne me dérangeait pas. Les usagers que j'avais partiellement en charge m'étaient très important, bref, je faisais un taff d'infirmière, avec une tendance workaholic : je m'ennuyais et me sentais vide quand j'étais absente trop longtemps. J'ai été placée ensuite à un poste adapté : on ne voulait plus de moi en service de soins, je le comprends. J'ai effectué un taff de secrétaire, auquel j'ai pris intérêt et plaisir, que j'ai tenu deux ans. J'étais stable, mais ça commençait à craqueler, mon travail s'en ressentait, mon poids aussi, ma domesticité n'en parlons pas.
Je suis partie comme un jeune chien fou dans le soin en libéral, ce fut la cata, à peine arrivée à T. j'allais très mal, sans en avoir conscience. Je pensais suivre un homme que j'aimais, avec qui je n'ai pas vécu, je crois que je fuyais mes limites. Mon médecin psychiatre m'avait déjà proposé de cesser le travail et de demander l'AAH, mais je le refusais. Je me trouvais jeune (30 ans), pleine de capacités, de projets (lesquels ? je n'aurais pu en préciser aucun), ne plus travailler aurait été pour moi synonyme, comme pour beaucoup de personnes, aller à la casse, devenir inutile, être "en marge", ma grande frayeur. J'ignorais que j'étais déjà en marge. Persuadée d'être sous le coup de troubles purement bipolaires avec des problèmes d'addiction, je pensais, comme je l'ai décrit dans mon bill'et sur le déni, que ma pathologie me venait directement de la néfaste influence de mes proches, donc que couper les ponts allait magiquement me guérir et que je vivrai heureuse et "parfaitement normale" jusqu'à la fin de mes jours et même après.
Je nourrissais des rêves parfaitement normatifs : un mari, une maison ou un appartement (la possession immobilière était mon Graal), quelques chats, les enfants je n'étais pas sûre, mais probablement que si je guérissais comme prévu je serais capable et j'en aurais envie comme toutes les femmes normales (sic. On m'aurait demandé je me serai posée comme childfree, mais dans le fond du fond de mon coeur je crevais d'une vie si bien rangée et semblable à ce que je croyais être la multitude confortable,) j'aurais un emploi passionant (et le mien l'était) enrichissant et bien payé, bref, ce serait la fête à la maison pour les siècles des siècles.
Et puis je disposais, pensais-je, d'une vraie force de travail et d'un cerveau capable.
L'experience à T. a échoué, je me suis crashée sur mes limites, je suis rentrée la queue basse.
J'ai fini par demander ma réintégration, puis j'ai retaffé, après 2 ans de congés longue durée. Je voulais à toute force bosser. Je voulais à toute force faire partie du système, être une parmi les autres, ne pas être laissée sur le bord du trottoir.
Mais voilà. Mon père a beau dire que j'ai "deux bras deux jambes" et que je peux bosser" (mention speciale validisme d'ailleurs), mon beau-père a eu beau me dire quand j'appelais sur une crise d'angoisse majeure "tu ne travailles que depuis quatre jours alors tu te secoues et tu y retournes", j'ai eu beau me dire que j'avais le droit et le besoin de vivre "comme tout le monde", travailler à l'exterieur me semble néfaste.
Au bout d'un an, je cède sur l'alcool, et rapidement je décompense ma schizophrénie. Et je dois être hospitalisée. Et je mets un à trois ans à m'en remettre. Parce que je ne suis pas "faite" pour supporter le stress même dit "normal" d'un travail classique. Mon psychiatre m'a expliqué grossièrement le (dys)fonctionnement neurologique qui me met à mal : mon cerveau "reptilien" et mon cerveau "rationnel" sont mal équilibrés. A comprendre que l'un n'est pas plus "fort" que l'autre, mais qu'ils s'accordent mal. Si le cerveau reptilien s'occupe des émotions, la zone frontale s'occupe de les contenir et de rationaliser les infos. Par moments, ils sont sur ou sous stimulés et ça va moins bien.
C'est-à-dire que ce que personne NT fera sans y penser (reguler les émotions, délimiter l'impact d'une info) me demande un effort conscient. Je me contrôle (ce qui m'est plus difficile sous l'empire de l'alcool ou de stupéfiants, évidemment) mai cela occasionne ce que mon psychiatre appelle "une fatigue physique du cerveau". Je suis vite en burn out. Quand je dois gérer une tâche, même simple, plus l'environnement, plus le public et les collègues, plus moi-même, 35h par semaine, ça finit par craquer. Cela explique que je ne puisse plus me charger de ma vie privée : ni faire mon ménage, ni manger "raisonnablement" (si cela a un sens) (ça se traduit par des écarts de poids de 10 ou 20 g en +), je resens le besoin d'appeler et voir sans cesse mes parents pour me rassurer et me faire consoler (et allez faire comprendre combien c'est un exploit de tenir un travail de bureau...), je contrôle beaucoup moins bien mes troubles addictifs, ça se traduits par des achats compulsifs, la rechute alcoolique et crac.
Cela va faire un an que j'ai décompensé pour la dernière fois. Je suis depuis en congé longue durée. J'ai soupiré à mon psychiatre en le revoyant "je crois que je ne peux plus travailler". Il a abondé en mon sens. Je serai en février en retraite anticipée pour invalidité, je toucherai des clopinettes, normal j'ai peu cotisé (une vingtaine d'années), je ne pourrai accéder à l'AAH ni à la pension d'invalidité car je vis en couple.
J'ai mis longtemps à accepter cela vraiment, passant par les phases du deuil, choc, dépression, colère, chantage, tout comme dans les manuels.
Puis je me suis dit "Frak" Je peux vivre cette vie alternative. Ma précarité sociale et financière me fait flipper, je peux le dire - pour le moment je ne galère pas car mon compagnon subvient à nos besoins, j'obtiens encore une partie de mon salaire mai ensuite ? Et s'il lui arrive quoi que ce soit ?
Mai au final nous sommes tous à la merci d'un revers du sort. En 2015 on peut tous être pris dans le fauchage d'un licenciement économique. On peut être victime d'un accident de la vie, devenir précaire socialement.
Je travaille à la maison : je m'occupe du ménage. Ca me prend quelque heure, mais je peux, certains jours, ne rien en faire, je peux certains jours travailler beaucoup, je peux m'octroyer quarante pauses, parce que j'ai besoin de marquer un arret entre chaque tâche et ce n'est pas de la fainéantise.
Je pensais rendre à la société ce que je perçois en travaillant comme bénévole dans une association - mais j'ai repris quelques études par correspondance et je vois que j'ai déjà beaucoup de mal à tenir cela. Je me cultive, je lis beaucoup, je joue à des mmorpg, je partage tous les moments d'amour avec mon compagnon, je m'occupe des trois chats, je m'occupe du jardin quand le temps s'y prête.
Tout ce que les "gens normaux" font en plus de leur job.
Mais je ne peux pas faire "plus". C'est ainsi, et la stigmatisation n'aide pas à l'accepter pleinement. Mon handicap est invisible, mais il est présent.
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