mardi 27 novembre 2018

Survivre au sexisme en HP

Hello les p'tit-e-s chat-te-s,

Bon je vais être hospitalisée 15j en service addicto d'un HP, pour sevrage physique alcoolique puis du valium subséquent au sevrage alcoolique, et me mettre un peu au vert (effondrement d'état mixte, me soulager de l'intendance, etc)

Donc j'ai fait ma valise (je pars demain matin à 8h) Et rien qu'en faisant ma valise ùme sont revenues en masse toutes les violences sexistes et sexuelles vécues en HP et/ou alcoologie.
Attention, je ne dis pas que les fols ou les toxico-alcoolo dependant sont plus prédateurs que les consommateurs occasionnels. Mais en addicto 85% de la pop est mâle et cis et la promiscuité et la claustration aidant, on se fait prédater (comme dans la rue, à la maison, dans le métro, au jardin public, en diner de famille...) et ce qui est folfolfol c'est que le "cadre de soin" empêche d'y répondre comme mon évolution militante me le suggère actuellement.


Alors mon positionnement actuel c'est : une violence égale une violence. En gros c'est "ta main sur mon cul ma main dans ta gueule".

Or, dans un cadre de soin lors d'un contrat librement consenti (comme "tu signes ou tu te casses) les violences sont proscrites. Donc si un mec me met la main à la chatte et que je lui mets ma main dans la gueule je risque d'être exclue du milieu de soin.

Parce que il faut "communiquer", il faut surtout "comprendre" (on me le demande d'autant plus que j'ai un bon passing, un passé d'IDE psy et que globalement je me tiens) e t"en référer aux soignants et surtout au médecin qui prendra des mesures"


La seule et unique fois où je l'ai fait le docteur s'est montré choqué des propos, n'a pas exclu le gars et moi j'ai été menacée pendant les 15j suivants de mon hospit. Cool. Parce que en milieu HP si tu "dénonces" t'es une balance et t'es de "leur" côté. C'est dû au côté carcéral de l'HP (claustration, promiscuité, traffics de tous genre legitimes ou pas entre usager-e-s, mode d'auto defense contre le cadre rigide et souvent maltraitant des soignant-e-s)

Je me rappelle aussi qu'en HP une fois je portais un treillis avec pressions sur le côté qui sautaient selon mes postures et qu'une infirmière m'a enjoint de me changer parce que "quand même il y a des messieurs ici". Donc ouais ça laisse des traces. Donc ouais au moment de poser une (UNE) jupe dans ma valise j'ai hésité. Parce que les zommes seront toujours plus protégés de la vision de mes jambes en collant opaque que moi de leurs remarques et gestes degueulasses.

Je me rappelle du mec qui a insisté pour venir dans ma chambre, pour m'embrasser, pour "faire l'ampour, sisi j'ai des capotes" alors que c'était juste un pote (omg salope que je suis je l'ai friendzoné) Je me rappelle des demandes incessantes pour tailler des pipes, contre une cigarette, contre un café, contre rien, à 5h du mùat dans la salle fumeur. Je me rappelle des soignant-e-s qui me disaient que bon "c'est sa maladie". Alors que les mecs leur proposait jamais ça à elles donc ils devianet bien avoir conscience que c'est inapproprié.

Je sais que je me tire des plans sur la comète, que j'angoisse. Par ailleurs je me suis toujours bien entendue avec les toxico dependants en HP (souvent des mecs cis avec troubles de personnalité borderline, lâchement appelés pevers ou psychopathes alors qu'ils l'étaient moins que les encadrant-e-s) C'est des gros mogwai fourrés à la guimauve en vrai. Juste ils kiffent l'hero. Et si (c'est arrivé et j'ai accepté) iels te demandent vingt balles pour acheter du neocodion en ville, ils t'en filent une plaquette sans penser que bad idea (la pk de neocodion moi ça me donne la gratte et le trismus donc je le leur laisserai dorenavant)

Je sais juste que y'a 99% de chance que je vive des expé sexistes et des violences, que je pourrai pas me défendre raisonnablement "à cause du cadre" et que merde, les soignant-e-s en HP, revisez vos bases question violences faites aux femmes.

samedi 24 novembre 2018

Perdre un proche dans ma psychose

Alors voilà un an presque jour pour jour mon père est mort d'un cancer foie/pancréas. C'est allé très vite entre le diagnostic et le décès (six semaines)

J'avais des relations fusionnelles et compliquées avec lui depuis toujours. Quand ma mère s'est séparée de lui, j'avais huit ans et il a été si depressif pendant deux ans qu'il n'a "pas pu vous aimer ta soeur et toi". Je l'ai compris bien sur quand il me l'a dit 20 ans plus tard mais sur le moment j'étais juste une gamine avec aucun recul sur rien et j'ai été très dépressive à mon tour.
Mon daddy a mis vingt ans et moi aussi à ce qu'on puisse se témoigner de l'affection autrement qu'en donnant/recevant de l'argent (lui m'en donnant), mais bien pendant dix ans on a pu se faire des câlins et se dire qu'on s'aimait. On a beaucoup progressé tous les deux.
Il avait ses défauts, bourru, gueulard, islamophobe dans des affects de haine, très psychophobe, envers moi aussi et plusieurs fois ça a failli partir à la baston. Mais il m'a toujours soutenue, recueillie quand j'ai été à la rue, me donnant du fric que je depensais dans des conneries pour pas que je finisse à la rueet, vraiment présent, même quand il devait se lever pour taffer à 4h30 et que je l'appelais à 2h am parce que j'allais vraiment pas bien.
On était fusionnel, on s'appelaitplusieurs fois par jour dès qu'il a été à la retraite.

Je me rappelle du jour où ma mère me ramenait de Caillac où j'avais décompensé un état catatonique et la Haute Savoie. Je m'qinuiétais pour lui me disant qu'il allait se suicider de me savoir mal à nouveau, par désespoir. Et il avait disparu soir et matin. Bref j'ai lancé l'alerte dans la famille et il avait fait une dissection aortique et était en réa cardiaque à Annecy. Malgré mon état (j'étais nebuleuse, plus catatonique mais hyper bizarre, avec un regard fixe et des larmes), dès que j'ai été dans sa chambre j'ai été "normale". Je l'ai salué, embrassé, expliqué que mon état etait moins grave que "les autres fois", j'étais complètement adaptée et sans plus de signe de ma psychose jusqu'à mon depart (vers l'HP)


En fait j'ai été très calme durant sa maladie puis sa mort. Il a pu mourir à la maison de la manière dont il le souhaitait, avec son chat (que j'ai promis d'adopter "au cas où ça se passe mal")(il est maintenant mon frère près de moi) et on a toustes accepté ses souhaits 'arret des soins, tranquilité, manger tout ce qu'il voulait/pouvait manger)

Mais moi ça faisait cinquante ans que je l'imaginais mort chaque jour. Que j'avais peur de le perdre. Que dès qu'il répondait pas au téléphone dans la minute je me disais "omg il a eu unn accident il est mort" Donc son décès dans la réalité a été plus smooth peut etre que pour les autres membres de la famille qui n'y avaient jamais pensé. J'ai pu passer du temps avec lui, lui prendre longuement la main, lui dire tout mon amour, on za pu regler les choses pas dites...


Ce n'est que ce 18 novembre, un an pile, que ça a vraiment dezingué. Il me manque trop je pense à lui tout le temps, je lui aprle. Et là, premier anniversaire... accès mixte, reprise de l'acool après un dur sevrage à la maison, cure prevue, immense fatigue.

Mais peut-être que nous schizo vivons tellement de deuil et de mort au quotidien que nous sommes moins "choqués" opar la mort en réel. CE qui est dur est la séparation. Et nous vivons aussi tellement de séparation en nous depuis toujours que nous y sommes "habitués"


Arvi Daddy

mardi 20 novembre 2018

Handie psy avec du fric






Ce billet pour montrer les différences de traitement que j'ai connue en ayant ou pas du fric dans la vie quotidienne.
J'habitais à Thonon (74) ville bourgeoise très classiste avec beaucoup de mépris de classe (et la froideur que revendiquent elleux-même les savoyard-e-s)
J'ai souvent eu "peu de thunes". Soit parce que j'avais moins salaire d'infirmière (1700€ on va dire en fin de carrière) mais étais mega endettée, soit sous curatelle ( 60€ de liquide par semaine... je sais c'est beaucoup tous autres frais payés) et puis avec 700€/mois sans APL en payant un loyer de 400€ et les charges, puis avec 700€ en vivant chez mon conjoint donc avec charges minimes (mutuelle, essence et assurance de mon scooter) Puis avec 1000€/mois de pension de retraite en étant logée (je sais c'est énorme... Mais j'étais toujours à la banque X auvergne rhône alpes... et 20€ de découvert non autorisé iels pardonnent pas, c'est agios, taxes de dossier pour un sms automatique envoyé etc)


Mon papa me payait beaucoup. Je suis très dépensière et/ou sujette aux achats compulsifs, surtout alcoolisée ou en hypomanie (inhibitions envolées) Donc en gros je suis toujours fauchées. ET Papa payait mes dcouverts. Il gueulait il tempêtait (il avait riaosn, mais il comblait les trous et ça a représenté BEAUCOUP d'argent.

Il fut un moment ou suite à la perte (méritée) de mon permis B j'étais au chômage à toulouse, sans droit à rien car fonctionnaire en dispo pour convenance personnelle, et pes en etat de taffer (état maniaque puis melancolique). Donc oui avec san on a connu les longues semaines sans bouffer que des flocons d'avoine a l'eau chaude, sans clopes, sans rien. Et c'est papa qui m'a rapatriée chez lui, nourrie, logée, blanchie, payait mes bieres alors que je replongeais dans l'alcool, me chouchoutait, m'engueulait, menaçait de me foutre dehors, acceptait de me donner 100 balles pour que je me rachete des fringues chez Tati alors que du 34/36 je passais au 40/42.

Et puis Papa est mort. Je lui consacrerai un billet. Et d'un coup j'ai eu beaucoup d'argent. En premier, 47000€ sont venus sur mon compte. Je me disais miyonaire. Et TOUTES les portes se sont ouvertes, et TOUT a été plus facile
J'ai ouvert un compte dans le sud ouest, au CA. Mon banquier etait cool, et pas méprisant, et etait issu de milieu rural comme me le disait son "ça depend où que vous allez placer l'argent"

Avoir du fric c'est en économiser. Avoir du fric c'est ton banquier qui te fait sauter les agios quand t'es a decouvert, plutot que de te taxer plus frais de dossiers plus blocage du compte plus frais d'huissers donc 500 balles au final, pour 20 euros qui debordent. Avoir du fric c'est avoir l'emprunt facile. Aujourd'hui 5000 euro pour ma pomme à 1 et des brouettes pour cent parce que black friday.

Avoir du fric c'est le placer et gagner de la thune sans verser de tva, impots (assurance vie), rien, le cul sur ta chaise. Avoir du fric c'est qu'on te conseil un livret pour pauvre (parce que t'es aisé mais que ton bulletin de pension c'est toujours mille balles) qui rapporte deux fois plus que le livret A que l'autre banquier t'avait proposé sans te parler du livret special gen-te-s dans la dèche.

Je dois toucher encore 75 000 euro de la vente d'un appart. J'ai eu des moments durs, au niveau addictions, emotions (anni du décès de papa, toussaint) mais là j'ai depensé en 4j 1700 balles de paiements paypal pour des cadeaux de Noël (oui, wtf). Tout ça c'était du decouvert. Mais mon banquier m'a juste gentiment dit de me calmer, et qu'il me fait volontier un credit. Dans ma boite aux lettres personne ne veut saisir mes meubles mes chats ma télé et mon âme. C'est juste "oui oh, vous etes à -1700, faut arreter un peu avec la CB"

Etre riche c'est pas compter les sous pour faire les courses. Donc manger meilleur et plus équilibré. Et ENCORE faire des économies. Pour deux dentifrices acheté un est moitié prix. Ca vaut le coup. Mais quand t'as dix balles pour tes courses, t'en prends qu'un, parce que t'a pas les moyens de faire des économies. Pareil pour len produit vaisselle. Qui sera mieux degraissant, donc en fait tu en mettras moins, tu galérerés moins, tu depenseras moins. Oui mais à l'achat faut que 3€ deviennent 1.50 sur la liste de course. Et ça pour tout.

Avoir du fric c'est avoir un congelo. Le congelo (un bac du frigo pour nous) ça coute, ça consomme, ça prend de la place. Mais dedans tu peux mettre des legumes congelés, du poisson congelés, plein de matière saine et presque pas perissable et bon marché. TU gagnes de la thune.

Avoir du fric c'est ne pas s'inquieter sans cesse du niveau d'essence pour aller au CMP, en addicto, en radio etc. Avoir du fric c'est pouvoir se payer sans sacrifice de la melatonine pour dormir huit heures la nuit (13€ pour 15j)... et autres complements alimentaires.

Avoir de la thune c'est avoir du turn over, donc faire des économies. C'est pouvoir aller passer une osetodensitometrie et ra&quer 40 balles sans te dire que tu boufferas des pâtes 15j en attendant le remboursement secu.

Avoir de la thune c'est de la tranquillité d'esprit.

Avoir de la thune quand t'es grosse (je ne le suis plus mais suis restée un an taille 50) pour acheter commander payer etc des tenues belles qui font que ça aide a accepter ton corps et à te sentir awsome.

Avoir de la thune c'est te faire un plaisir sans que ça signifie que du coup tu te priveras d'un besoin.

Avoir de la thune et de la place ça vaut dire que t'as le turn over pour acheter pour 100 balles chez Zooplus en croquettes et pâtées, que ça te fera économiser 50 balles sur le mois. Mais tu as le turn over et t'habites plus dans 20m² où tu peux pas stocker six sacs de croquettes. D'ailleurs ça veut aussi dire croquettes plus healthy, ET croquettes a volonté. Et pâtée.

Avoir du fric en definitive c'est 'enlever une tonne de charge mentale. La charge mentale economique on n'y pense pas. Quand on est handi-e psy ou phy surtout phy, on a ENCORE PLUS besoin de thune et on en palpe ENCORE MOINS et on nage dans le méandre kafkaïen des administrations. Avoir de la thune c'est comme être comme ce patron de nissan qui a detourné du fric alors qu'il palpe deja 7 million l'année ou le mois, je sais même plus et nissan se dit "bah on va peut etre le garder comme patron". C'est pas gagner 400 balles par mois en stage cap emploi et te faire virer pour avoir pris une gomme, ou juste avoir été bizarre.


L'injustice me tue, même quand j'en profite. C'est pour quoi je redonne quand je peux à celleux qui ont besoin.


dimanche 30 septembre 2018

Mon outing, mes nouveaux privilèges

Pouvoir dire que l'on est schizophrene, pouvoir se balader les bras nus couverts de cicatrices, pouvoir être "raisonnablement bizarre", pouvoir dire qu'on a une invalidité psychiatrique, ce n'est pas une évidence du tout et c'est quelque chose que j'experimente depuis trois ans que je vis dans le sud ouest avec mon aimé, ses proches, ses collègues et qui est bienreçu.

J'ai conscience de cet immense privilège.


Alors tout d'abord dans ce milieu rural et dans cette région les gen-te-s sont super open et tolérant. Je viens de Thonon-les-Bains, moyenne ville bourgeoise et normative, où les gen-te-s sont froid-e-s et facilement rejetants. Ici je peux me montrer gentille (je ne me fais pas mousser, c'est ma super compétence) sans que cela soit pris comme une faiblesse, un signe de limitation intellectuelle, quelque chosed 'envahissant et agaçant.

Ici les habitant-e-s me trouvent simplement sympa et chou, iels accueillent cela avec beaucoup de bonheur. Ma candeur leur fait plaisir.

Je peux avoir un bon passing au niveau de la vêture, rarement discordant, amsi avec des extravagances : soit sapée limite pyjama, soit super sapée avec des fringues de princesse pour aller acheter du jambon ches Casino, ou avec un manteau en fausse fourrure rose fuchsia et TOUT LE MONDE S EN FOUT. Je peux enfin me sentir moi même sans subir de regard jugeant.


Quand je vais chez une nouvelle coiffeuse, ou esthéticienne, ou dans un magasin, les employé-e-s bavardent volotienrs. Je peux dire que je suis en retraite pour invalidité psy, que j'ai des troubles schizo affectifs et que je suis malade alcoolique, iels ne jugent pas. Iels disent "ah bon". Iels ne posent pas de questions invasives ou chelou. Iels ne me soupçonnent pas d'être criminelle, d'avoir deux personnalités dont une tueuse,iels ne me questionnent pas sur mes scars, iels s'en branlent allegrement et accueillent cela.

Idem pour les collègues de l'être aimé que je rencontre. Déjà je n'ai pas l'habitude de dire "je suis en retraite pour invalidité" sans subir mille question sur l'invalidité en question et être soupçonnée de gruger l'état et le contribuable et de me la couler dopuce par paresse. Les collègues de L ne me demande même pas quel est mon "visiblement invisible" handicap. Quand iels le font c'est bienveillant, il n'y a pas de remarque, mon diagnostic est accueilli sans préjugé. Je peux aussi dire "je ne bois pas, j'ai un probleme avec l'alcool" sans que l'on me jette des pierres.


Et franchement mes petit-e-s potes c'est tellement reposant. Quelque chose que je n'avais jamais connu. Pouvoir juste être malade, PA, différente, sans que cela soit perçu comme une menace ou une monstruosté.


Je vous souhate à toustes de connatre cela un jour.

vendredi 28 septembre 2018

Mon corps et ma psychose

Le corps dans la psychose est vécu de façon... étrange, pârfois exterieur, parfois mort, animal, monstrueux ou robotique.

Très longtemps j'ai été quasiment insensible à la douleur et je confiais mon corps à tout et tous, en pleine confiance ou inconscience. J'ai ainsi laissé faire de nombreux et douloureux et longs soins dentaires sans broncher, en étant "tr-s sage" disait le dentiste à ma maman. Je me laissais faire des examens désagréables et douloureux très passivement (fibroscopie gastrique sans anesthésie) Je me laissais toucher pénétrer et caresser sans forcément de plaisir, plutôt avec résignation et sentiment de fatalité (mention speciale au généraliste qui m'a violée digitalement à de nombreuses reprises jusqu'à ce qu'il veuille me couper de mes parents et que mon père me dise de ne plus retourner le voir)


Longtemps ça a été ça : mon corps, cet étranger.


Et puis il y avait ce conflit avec lui, conflit qu'ont consolidé et majoré des soignant-e-s maltraitants. Je m'en voulais d'avoir un corps si lisse et pur alors qu'interieurement je me sentais indigne et déguaulasse. J'ai essayé de me laisser mourir de faim. J'ai été maigre. Ca me plaisait d'être maigre et de ne plus avoir mes règles, mais je n'étais pas dysmorphophobe et n'avait pas de passion pour le comptage des calories. Je voulais le priver. Ca a été le priver de bouffe, d'eau, de sommeil, le battre avec des boucles de ceinture, prendre des bains glacés. Pas pour le sentir : je ne le sentais pas. Pour qu'enfin il reflète le monstre intérieur que je me sentais, et pour me punir à ma juste mesure d'être un être étrange et déviant.
Ca a été me couper ensuite. Un bras si lisse, une peau si douce ? Coup de lame de rasoir. Stigmate ? Alors je me couperai le haut des bras, l'arrière des mollets, la plante des pieds. Le sang semblait me purifier, je le voyais comme du pus, du mal qui sortait enfin de moi.
En HP ? J'ai demandé mon dossier. 20 ans plus tard, je me demande quelle sera la justification médicale de ce que j'ai entendu "Encore ce conflit avec le corps ? Bon, je vais recoudre sans xylo alors"

Ca a été prendre des cigarettes, de l'alcool, dès mes treize ans. Je ne pouvais pas rester pur, il fallait que mon exterieur se montre sali. Après, ça a eu un effet anxiolytique et l'addiction s'est enclenchée.

Ca a été prendre du poids. Pas par "peur du désir des hommes, couche de graisse protectrice". Par hyperphagie et désir, besoin de me gaver pour oublier le vide. Pro tip : ça protège pas du désirr des hommes. A nouveau j'étais touchée, pénétrée, manipulée, avec comme seul consentement le "bah, si tu veux".


Je me soignais pourtant, j'avais de mauvais soignants. Ou, comme le disent pudiquement mes nouveauxlles soignant-e-s qui ne veulent pas me perturber en denigrant un-e collegue, comme si l'ensemble des psy de france etait un couple parental qui devait rester coherent "qui ne me convenait pas"


J'ai appris à m'aimer, un peu. A force de soins, de vie, de bonnes rencontres. J'ai appris a etre moins passive. Sauf aux diktats : j'ai appris a mincir, me mettre de jolis vetements, me maquiller. Je ne m'aimais pas mais j'étais sans cesse validée. J'ai beaucoup couru les hot cam, les partenaires multiples. Me disant personne ne peut m'aimer, mais un coup de bite, c'est du désir, ça peut etre du plaisir, c'est comme un câlin.


A Toulouse j'ai été en état maniaque. Et très schizophrene. Je suis morte un jour, le 14 janvier 2008. Il avait beaucoup neigé, j'avais poussé mon scooter jusqu'à plus pouvoir, fait du stop, pris le metro. Je devais aller dans un refuge pour femmes, mais la neige était haute, mes muscles tremblaient, il faisait nuit et froid. Je me suis assise a terre, me laissant recouvrir par la neige peu à peu, et je suis morte. Puis le sens du devoir est venu, je me suis relevée et ai bataillé jusqu'au centre d'herbegement. L'éducateur qui m'a ouvert m'a dit "tu es en retard". Par contre, la patiente que je visitais a été.... d'une perfection parfaite. Elle m'a dit "tu as le cou cassé ce soir" "oui, je suis très fatiguée" "la princesse de switzerland doit trouver un chateau et dormir pour mille ans" "oui" (elle me savait suissesse)


Après ça je voyais mon psy parrfois. Je lui parlais de ce corps mort. De l'esprit qui devait fonctionner seul et actionner les membres jusqu'aux patients pour les soigner. De mon inhumanité. De l'odeur de moisi que je degageais malgré de nombreux changes.



Ca a été dur. Un jour j'ai pris conscience (pas en un jour ni en ce declic magique que nous vendent les nt qui n'y comprennent rien) que je n'étais pas en mon corps comme un pilote en son navire, que j'étais moi, corps, cerveau, que je meritais respect, soins de mon corps, dignité. Que je n'étais pas degueulasse, simplement schizophrene ("alors ce n'est que ça").



Tout ce que je peux en dire c'est que chaque fibre de mon corps desormais accueille et jouit du contact charnel de l'être aimé, et que je ne supporte plus que très mal les soins dentaires.

Conseils aux aidant-e-s

Bon j'ai beaucoup râlé sur les trucs psychophobes et enfonçants que peuvent faire nes NT, proches ou pas de personnes PA (je me concentrerai ici sur mes troubles, par ignorance de ce qui peut affectivement aider les autres)


Tout d'abord ami-e-s proches : vous comptez. Votre amitié compte, votre amour compte, votre présence compte, énormément, immensément.
Parfois vous avez un sentiment d'impuissance, d'inutilité : vous venez au contact, on n'écoute pas vos conseils, ou alors on continue à aller mal quand même. Mais rien que votre présence compte immensément. Ca ne sert pas à rien.


J'ai été infirmière psy et aussi à domicile et parfois je considérais ceratins de mes mots ou de mes conseils comme des graines : je les posais, je les lançais à la volée, et elles finissaient par germer. Pas de suite, pas le lendemain, pas même le mois prochain peut-être. Mais elles restent dans un coin de la psyché comme une graine qui pourra germer quand le terreau douloureux global sera plus favirable.

En gros on peut vous dire c'est pas vrai, je suis une merde, j'ai honte ou développer des idées paranoïdes, mais la parole donnée là reste dans un coin : et elle y existe, même si inhibée par le mal.

Je sais (et je l'ai vécu aussi comme aidante prroche ou aidante thérapeutique) on a l'impression de servir à rien, voir de pas exister.


Alors j'ai une image pour ça : quand on est au ond du puits, personne n'y est avec nous. Que la douleur soit physique ou morale. On est toujours seul-e dans la souffrance. C'est ainsi. Cependant, on voit quand même les gens qui nous regardent depuis la margelle, et ça aide à tenir.


Voilà pour la souffrance morale.

Sachez aussi que qu'on qu'on ai l'air, qu'on qu'on dise, quoi qu'on fasse : on vous aime et on tient à vous.


Pour les problèmes d'addiction (je parlerai ici de l'alcool qui me concerne). Je conçois que ça soit très très compliqué, dur et peinant à gérer. Surtout si vous cohabitez avec la personne (big up à mon être aimé). C'est toujours bien de dire "je trouve que tu consommes trop" "je vois que tu as bu, cela m'inquiète et me déplait" (car oui, ça a le droit de vous déplaire, vous avez le droit de le dire) "je trouve que tu ne maitrises plus ta conso/que tu cobnsommes de plus en plus". Ce qui sera hardcore pour vous est le déni. Le déni va avec cette maladie. Le mensonge et la dissimulation aussi. Il est klégitime que vous en soyez vexé/blessé/agacé/encoléré. Il m'est compliqué de vous dire de ne pas juger ça. Mon conseil : essayez de parler. Ca va etre comme les graines de la souffrance, y'aura toujours un neurone qui retiendra le truc. Et bien sûr, vous avez le droit de poser vos limites.
Essayez simplementt de ne pas être pris dans une spirale de jugement de type dégoût. Ca ne servira ni à la personne bien sur ni à vous.
Essayez d'être soutenant et patient sur les periodes de sevrage : les 3/4 des reactions atypiques seront dues a de simples modifications neurochimiques. Aidez a restaurer la personne : s'alcooliser, et ça devient aigu en periode de sevrage, entraine une haine de soi immense. Pouvoir dire "mon amour/amitié est intact-e" "tu es très courageuxse" aide à un point... ça sauve


Pour les phenomenes delirants. Il est possible de dirre "je suis qinuièt-e" "tu n'as pas ces diées habituellement" Ma position face à mes usager-e a toujours été de dire "je ne sais pas si c'est réel, délirant, autre chose, mais ça vous empeche de vivre. Alors oui je vous conseille de prendre les cachets qui minoreront votre pouvoir/connection/idéeation"


N'oubliez jamais que l'on vous aime, que vous êtes immensément utiles, même si souvent vous n'avez pas l'impression de faire la difference : vous la faite.

jeudi 27 septembre 2018

Symptômes de mec, genre, orientation sexuelle

Gamine je me posais peu de question. J'avais pas d'amoureux (trop timide), j'avais des copines dont j'étais amoureuse (mais je croyais que c'était de l'amitié), je portais des robes ou des salopettes, je jouais aux barbies (qui ont vecu de grandes histoires on joue a la maman et a la maman), aux Lego Technique, à Pong sur l'Atari de Daddy.

On me demandait, j'étais une fille. J'avais les cheveux courts, un slip de bain rouge, on m'appelait "jeune homme" et j'aimais bien.


C'est après que ça se complique, à l'adolescence quand j'ai refoulé ma bisexualité (le coming in a été long) et que j'ai commencé à montrer des symptômes de maladie pris d'abiord pour un TPB, un truc de mec. Multipartenaires ? Un truc de mec. Binge drinking ? Un truc de mec. Perchée trois jours aux festivals ? Un truc de mec. Regarder des films pornos avec mes copains mecs ? Un truc de mec.


Pour moi c'était clair, j'étais une femme hétérosexuelle et hétéroromantique (placard interieur, que tu etais douillet, un peu comme une vierge de fer)
Mais on me disait "on dirait un mec". Habillée en jean, en treillis, cheveux courts ou rasés, anneau autopiercé dans le sourcils en 1996 quand ça se faisait moins. Représentation de femmes lesbiennes ou bies, ou questionnant l'expression de genre (fems, butches ?) que dalle. Ville bourge de province, jeune fille en jupe, doc martens ou rangeo rares...


Et mes symptômes : errance sexuelle, crises clastiques, troubles du comportement, troubles addictifs, petite delinquance. Es-tu un mec ? Es-tu lesbienne ? Es-tu amoureuse de ta copine Caro chez qui tu passes tout ton temps ? Tu ne te respectes pas, tout le lycée te slut shame et te traite de garçon manqué.


Y'a un endroit, où l'expression de la maladie menace la binarité de genre et de son expression, où peut-être la fluidité de genre et de son expression, et le "choix" des symptomes sont subversif (etre folle c'est aussi performer sa folie), je sens une intersection entre la NA/PA et le "trouble dans le genre" comme dit Butler.


Maintenant je me sais bie, je me sais plutot femme mais aussi gender fucker, je ne vis pas tout ce que je pourrrais/voudrais dans mon exporession et ressenti de genre et ma folie s'est polissée.