vendredi 1 février 2019

Deux usages de la contrainte, cas pratique

Parfois on est un chat qui dort parfois on est hors de soi
 
 
J'ai dernièrement traversé une crise entre l'attaque anxieuse extreme, le subdélire, l'ivresse pathologique... Seule à la amison et criant et pleurant, avec des envies suicidaires marquées, j'ai fini par appeler le 112 et me faire convoyer aux urgences.
 
Il faut savoir que l'infirmier psy régulateur eu au téléphone m'a proposé un accueil en urgences psy, où je comptais rester deux ou trois jours et les ambulanciers m'ont déposée aux urgences généralistes de l'hôpital de la ville la plus proche.
 
Le médecin non expert m'a prescrit comme traitement de crise un alprazolam 0,5mg, plus mon traitement de nuit, 50mg de Tercian. C'est-à-dire peanuts pour quelqu'une comme moi.
 
J'étais alcoolisée et assez rapidement, n'arrivant pas à dormir, anxieuse et alcoolisée, je suis devenue désagréable (my bad). J'ai demandé à voir le médecin pour signer une décharge et sortir (à 3h du matin seule sans véhicule, à 45 mn en roulant de chez moi, alcoolisée et angoissée) et deux infirmiers m'ont donné la réponse du médecin.
 
 
Arrivés ici je donne mon avis avec le recul et la sobriété : ils ont eu raison de me garder, j'étais objectivement en danger, et pas consciente tout à fait de mon état, mon projet c'était n'imp.
 
Le premier infirmier urgentiste a élevé le ton, me disant que je ne signerai pas de décharge et resterai, que soit j'étais "bien gentille" et attendait de voir l'infirmière "à compétence psy" le lendemain matin, soit ils me sanglaient ("avec des sangles de contention, vous connaissez ?" que je n'avais aucun moyen de fuguer et que si j'y parvenait quand même il appellerait la police qui me retrouverait et me ramènerait de toute façon : à moi de choisir mon comportement.
J'ai parlé droit des personnes à circuler et HDT, légalité. Il m'a été répon du "on n'est pas en psychiatrie ici mais aux rugences, pas besoin de papiers on vous attachera c'est tout"
 
 
Je me la suis moulée car je l'ai crue et suis repartie pleurer sur mon brancard.
Résultat : usagère terrifiée, obéissante, toujours opposante mais matée. Durée : 15 minutes. Violence : beau level.
 
 
Un autre infirmier est passé me demande ce qu'il m'arrive et j'explique rapidement, toute meumeuh pleurant. Il m'explique qu'une décharge n'a aucune valeur si la personne sortante est alcoolisée (ce qui se conçoit et que j'ai conçu) que je pouvais essayer aussi de me poser, la nuit, la pluie, pas de taxi de nuit à V** mais qu'il se battrait pas avec moi "je suis pas de la police si vous voulez vraiment partir je me mettrai pas en travers" puis m'a proposé de m'accompagner fumer une tige.
Résultat : usagère rassurée, triste mais compliante, calme, ayant sommeil d'un coup. Durée : 5 minutes plus quatre pour la clope. Violence : aucune.
 
 
Pour un résultat global similaire pour le service mais complètement différent pour moi il y a eu deux usages de la contrainte (ici verbale) L'une était autoritaire et maltraitante, l'autre rassurante, explicatuive et faisant appel à ma raison.
 
 
La nuit était pourrie pour ces deux infirmiers : grosse charge de travail, 8 sorties SMUR et grande étendue de leur secteur etc. Ils étaient fatigués et stressés. Mais ils avaient le même contexte.
Donc l'excuse du stress au travail tient mal. Même nuit même service même patiente même poste.
 
La surcharge de travail n'est pas une excuse pour se montrer violent envers les usager-e-s, notamment relevant des troubles psy et/ou addictifs.
 
Les usager-e-s agressifves sont légions : attente, angoisse, souffrance font un cocktail rendant nerveux et violent soi même.
Mais c'est aux soignant-e-s de gérer, moins aux usager-e-s (je ne parle pas des personnes indécentes à la moi moi moi qui sont des trouduc dans la vie de tous les jours et encore plus en souffrance) Le stress au travail ne se gèr as aux dépens des personnes soignées.
 
La colère peut aller vers la direction, l'ARS, le gouvernement, les usager-e-s ne sont en rien coupables des manques de moyens des personnels. La colère dans le rapport e pouvoir dirigée vers le maillon de l'echelle plus bas n'est pas un argument valable. Car oui les soignant-e-s sont dominant-e-s biensouvent dans le rapport soignant-e-s soigné-e-s : iels ont les medicaments, les deicsions, les savoirs, le pouvoir de mettre en box, dans le couloir, dans la salle d'attente allongée.
 
Et ce que je veux souligner, c'est que ça ne prend pas plus de temps d'être juste décent et humain pour calmer une personne agressive et retive que de tomber dans l'autoritarisme et l'aggressivité en retour.
 
Jpp d'entendre "oui mais on n'a pas le temps" C'est trop souvent utilisécomme pretexte a la violence insitutionnelle, le vrai ruissellement etant celui de la violence (le gouvernement maltraite les hopitaux qui maltraitent les soignant-e-s qui maltraitent les patient-e-s. Mais individuellement on peut enrayer cette serie de violence en se concentrant sur sa propre violence ou le laisser faire. Je pense aux travaux de Gilles Herrero (merci J au passage)(sociologue)
 
Merci aux soignant-e-s de ne pas laisser un élan de detresse vous convazincre qu'on est là juste pour vous faire chier et qu'on se croit au club med. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire