lundi 29 août 2016

L'ambivalence face aux soins pour les Nul-les

JTM mais tu m'persécutes bb


Est-ce un reproche, une constatation ? Bien souvent il est dit que les usager-es des psy* privés ou publics, des CMP et surtout des hôpitaux psy sont ambivalents face aux soins. Que nous en voulons et n'en voulons pas, que nous aimons nous nous méfions, que nous allons et venons.
Oui, je veux des soins, j'en ai besoin et en suis consciente. Oui, mais c'est comme tous les consentements, il ne s'agit pas seulement de dire "oui" ou "non", encore faut-il avoir le choix de son oui, de son non, de son "oui mais" "non mais".
Quand j'entre à l'HP, je vois le psy (souvent un interne) qui établit avec moi un contrat de soin.
Lol, j'déconne.
Je vois le psy qui m'impose un cadre, souvent très strict, pas négociable, si je suis pas d'accord je peux me casser et me passer de soin pour voir un peu si j'aime pas être en pyjama.
Les mots sont importants, il ne s'agit pas d'un contrat de soins passé entre deux parties à égalité (comme, j'en suis fermement convaincue, il se devrait) mais un médecin tout-puissant qui va imposer, parfois sans l'expliciter, un cadre sécuritaire pour son propre confort et sa propre sécurité. Parce que sérieux, pas pouvoir aller boire un café à la cafet' de l’hôpital ou passer deux appels par jour, je pense pas que ça soit pour ma propre sécurité et ma propre aise.
Ça pose les bases. Et je ne pourrai jamais le contester, ou argumenter, ou assouplir un temps soit peu ("elle cherche la faille""iel essaye de transgresser") sans qu'on me dise que c'est le contrat que j'ai passé avec le médecin. Obéis ou crève, voilà le contrat.
Par rapport aux équipes, on nous reproche d'être méfiant-e-s, trop familie-res, distant-e, de cliver (scinder psychiquement les équipes avec d'un côté les bon-nes et de l'autre les mauvais-es)
Méfiant-e : en plus des troubles (je suis paranoïde donc, donc ouais) j'ai du mal à faire confiance à une personne qui a fouillé mon sac à main et mes petites culotte pour me confisquer mon échantillon de parfum pour mon bien. Il m'est arrivé aussi de tomber sur des gen-tes pervers-es à force de respecter le cadre à la lettre, cf le billet précédent où j'ai du prévenir mon boulot en deux jours alors que j'étais hospitalisée en urgence. Ou dans "sortie accompagnée une heure" de me refuser la sortie avec mon père car il n'est pas précisé "accompagnée de sa famille". Excusez-moi de pas me fier à ces personnes.
Trop familie-res : on me l'a jamais reproché, sauf face aux autres usager-es (???) Oui OK ça peut aussi signer des troubles (hypomanie, toussa) mais rechercher du réconfort dans des moments d'angoisse et se sentir particulièrement proche d'une personne a qui on a confié ses angoisses les plus profondes et ses secrets les mieux enfouis, ça me parait pas dingue.
Distant-e : cela m'a été notifié, je ne parlais pas assez avec les infirmie-res. Alors dans ce service les infirmie-res étaient le plus souvent enfermé-es dans le bureau. En plus aller les voir, OK, mais pour dire quoi ? C'est un peu chaud de nous poser dans la chambre en disant "on va vous aider" et on a envie mais on sait pas quoi faire pour aider les équipes à nous aider. Avec les ateliers, c'est plus facile. Initier soi-même un entretien comme ça, j'ai jamais su.
Clivant-e : ben comment dire, sans parler des affinités particulières, certain-es membres d'équipes sont de vrais têtes de con. Ne nous voilons pas la face, j'ai été inf aussi et j'ai d'ailleurs aussi été la pas fiable de l'équipe, il y a parfois, le plus souvent (mais moins maintenant j'ai l'impression) des gen-tes réellement méchant-es, pervers-es ou je sais pas, pas fiables. Tout le monde le sait dans l'équipe mais au nom de la cohésion du discours iels sont pas contredits ou repris. Alors oui, y'a des bons et des mauvais.


J'ai bien conscience qu'on peut pas avoir toute l'hospit "à la carte" et que parfois il y a des contraintes liées à mon état, au manque de personnel, de moyens... Par contre quand on me dit "c'est pas le club Med" pardon mais pouvez-vous répéter ? Vous pensez qu'on vient à l'hosto pour se dorer la pilule en salle télé fumeur ? Lulz.

Donc voilà, des soignant-es géniauxles m'ont aidée énormément, certain-es m'ont même sauvé la vie, je serais morte sans l'HP, sans doute et j'ai besoin de soins. Mais y'a des couacs. Et c'est beaucoup ça mon ambivalence. Pas (ou pas seulement) "la colère de se savoir dépendant-e"

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